LA CHARITÉ
(Éphésiens 4: 31, 32.)
ses discours! Il est le temple du Saint-Esprit; et quelle voix entendra-t-on sortir de ce temple , si ce n’est une voix de Dieu? Ce n’est pas que le chrétien doive être toujours comme un homme qui prêche; mais il faut que sa conversation soit telle, qu’il puisse s’y entreméler, sans disparate, des paroles de véritable édification. Hélas! il est peu de choses où les fidèles montrent plus la faiblesse de leur foi et la débilité de leur vie intérieure; car c’est bien d’eux qu'il s’agit ici, puisque l’Apôtre parle à des gens qui ont été scellés par le Saint-Esprit pour le jour de la délivrance ou de la rédemption. Par ce jour, il entend celui du retour de notre Seigneur, époque où ses rachetés seront mis en pleine possession du salut. En attendant, ils ont le sceau du Saint-Esprit, qui les a régénérés, qui leur donne le sentiment de leur adoption, qui les réjouit et les sanctifie. Mais rien n’est plus propre à
attrister cet Esprit que des discours légers et profanes, des paroles
inconsidérées et répréhensibles. Les entretiens qui sont vides de Dieu,
produisent aussi en nous un vide, un malaise, une tristesse dont nous
ne démélons pas toujours la cause, mais qui n’en ont pas d'autre que l’intempérance et le déréglement de la langue. Ceci donc est d’une extrême gravité.
CCCXXIIT. — Partie morale. (Suite.)
4377. (31, 32.) L'enseignement contenu dans les versets 29 et 30 est d’une si grande importance, que l’Apôtre le reprend pour le développer et pour l’appuyer sur une considération nouvelle. Les cris et les paroles offensantes partent de cœurs ulcérés et courroucés. Il faut donc que les chrétiens bannissent du milieu d’eux toute amertume et toute colère, aussi bien que toute malice. Pour cela, qu'ils
soient bons, miséricordieux, se faisant grâce les uns aux autres. Ces expressions, empruntées aux dispositions mêmes de Dieu à notre
égard, amènent tout naturellement les mots par lesquels Paul termine : « Comme aussi Dieu vous a fait grâce dans le Christ.» Nous avons vu ailleurs que Dieu était dans le Christ réconciliant le monde avec soimême (2 Cor. 5 : 19). Si donc nous croyons du cœur en Jésus-Christ, il n’y a pas de doute que nous ne soyons du nombre de ceux auxquels Dieu a fait grâce (Rom. 10 : 10). Mais cette foi « déploie son efficace par le moyen de l'amour» (Gal. 5 : 6), et l'Esprit de Christ, principe de la vie nouvelle des fidèles, est un esprit de douceur et de pardon.
L’IMPURETÉ ET L'AVARICE. 305 (Éphésiens 5 : 1,9; 3-6.) Comment! nous ne subsistons que par la grâce de Dieu, et nous serions durs et impitoyables envers nos frères ! [3266.]
4378. (5 : 1, 2.) La pensée de l’Apôtre prend encore un nouveau développement. Elle se complète en se résumant; et nous voyons ici, comme en cent autres endroits, que la morale de l'Evangile n’est pas moins sainte ni moins sublime par ses motifs que par ses préceptes. La qualité d'enfants de Dieu nous met dans la stricte obligation d’être ses imitateurs ; et ce que nous devons surtout apprendre de lui, c’est à aimer d’un amour saint, vrai, fidèle, et sans autres limites que lamour qui lui est dû à lui-même. Mais l’amour de Dieu, où le voyonsnous , si ce n’est en Jésus-Christ, qui s’est livré pour nous, offrande sainte, victime sans tache, sacrifice agréé par le Père des miséricordes? Ah! je conçois que notre cœur égoïste ne veuille pas croire à la réalité du dévouement de Jésus-Christ; mais que celui qui y croit demeure égoïste comme auparavant, c’est ce qui est impossible. Si done nous sommes les enfants de Dieu, par Jésus-Christ, nous marcherons dans l’amour, comme Jésus-Christ lui-même y a marché. De cette manière, «toute espèce d’amertume, de courroux, de colère, de clameur, de paroles offensantes sera ôtée du milieu de nous, de même que toute malice, »
4319. (3-6.) Il est à remarquer combien peu les apôtres, dans leurs épitres, s’attaquent directement à l’idolâtrie grossière du temps où ils vivaient, Le Saint-Esprit voulait par là que leur parole conservât toute sa valeur, même après que les autels des faux dieux auraient été renversés. D'ailleurs, lidolâtrie des païens n’était pas leur vrai
mal; elle n’en était que le symptôme. C'est-à-dire que s'ils adoraient
des divinités absurdes et immorales, cela provenait de la corruption de leur cœur. Or, la corruption du cœur naturel est maintenant ce qu’elle était à cette époque. Deux vices surtout sont la grande plaie de lhumanité : l’impureté et lavarice, idolâtrie l’une et l’autre. Le voluptueux et l’ami de l'argent ne songent qu’à jouir et à s’enrichir; ils font consister en cela tout le bonheur; ils ne vivent que pour cela. La passion du voluptueux est telle qu’il en adore les objets : c’est l'expression dont il se sert lui-même. Quant à l’avare, s’il le fallait, il se mettrait à genoux devant une pièce d’or. Voici donc là-dessus les enseignements du Saint-Esprit.
4380. Premièrement, limpureté et l’avarice sont en telle opposition avec ce que le Seigneur attend de ses saints, que ces indignes passions devraient être bannies du milieu d’eux, et l'être si bien