CCCXXV. — Partie morale. (Fin
4399. (10-20. Les onze versets que nous avons sous les yeux forment la seconde section de la partie morale de l’épître. Bien que fort courte, je lui consacre une étude entière, à cause de son importance. Il s’agit ici du grand combat de la foi (1 Tim. 6 : 12), et je commencerai par redresser une idée fausse qu’on se fait souvent à cet égard. Bon nombre de gens se figurent qu’il n’y a de soldats de Jésus-Christ que ceux qui, continuant l’œuvre des apôtres et des martyrs, combattent, souffrent, meurent et triomphent pour la cause de la vérité. ls ne prennent pas garde , non-seulement que tous les fidèles sont appelés à cette lutte, mais encore qu’il en est une, non moins importante et non moins redoutable, la lutte qui a pour objet l'achèvement de notre sainteté. C’est après avoir exposé les obligations morales des femmes et des maris, des enfants et des pères, des domestiques et des maîtres , que l’Apôtre dit : « Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans le pouvoir de sa force, » et « revêtez-vous de Parmure complète de Dieu.» Aïnsi donc, une femme , un enfant, un esclave, tout chrétien, est appelé à la lutte ; tout chrétien est un soldat de Jésus-Christ, et la pratique du plus humble devoir, la victoire sur le plus faible défaut, ne s’obtient pas sans coup férir.
4400. (10-12.) Avant même de mentionner les ennemis avec lesquels nous avons affaire, l’Apôtre nous exhorte à nous fortifier dans le Seigneur et à nous revêtir de Farmure complète de Dieu. C’est que nous sommes faibles en effet; faibles dans nos convictions et dans nos résolutions, faibles relativement aux ressources que déploient nos ennemis spirituels du dehors, faibles en face de nos passions et de notre volonté mauvaise, qui sont pleines de force. Mais si nous sommes faibles, le Seigneur est souverainement fort; il veut nous prêter sa puissance , et il tient toute prête une armure dont nous n’avons qu’à nous revêtir. Nos ennemis, ou plutôt notre ennemi, c’est celui que l’Ecriture appelle le satan ou le diable, le calomniateur de Dieu et l'ennemi de son peuple, dès le commencement du monde. Ce n’est done pas seulement « contre la chair et le sang » qu’est notre lutte,
LES ARMES. 319 (Éphésiens 6 : 13; 14-17.)
savoir contre les hommes en hostilité avec le Seigneur; mais c’est réellement contre les puissances du monde invisible. Cette lutte n’existe pas entre elles et les pécheurs non convertis, car ceux-ci subissent leur empire sans résistance, et, pour n’avoir pas à combattre, ils nient même l'existence de l’ennemi. Les fidèles au contraire le connaissent, lui, ses ruses et son horrible pouvoir; ils ont vu le Seigneur aux prises avec lui, ils l'ont vu triompher de ses artifices et toutefois succomber momentanément sous ses coups; la foi leur garantit qu’un jour vient où le Dieu de la paix écrasera Satan sous leurs pieds (Rom. 16 : 20): en attendant, ils sont en guerre avec lui, et cette guerre est une guerre à mort.
4401. (43.) Hélas! le chrétien, en présence de ce redoutable ennemi, est comme David devant le Philistin. Maïs il dispose d’une armure qui vaut mieux que celle de Saül, mieux même que la fronde qui était dans les mains du vainqueur de Goliath. Cette armure, il n'attend pas pour la revêtir que le danger soit imminent; il la porte d'habitude, ne la quittant ni jour ni nuit; en sorte que, les jours mauvais venant, il est prêt, il tient ferme, il remporte la victoire et il demeure calme, après comme avant. Ces jours mauvais, ce sont les jours, les heures, les instants où des tentations imprévues se dressent devant nous et où toute une complication de circonstances nous rend la vie plus difficile; ce sont les occasions qui enflamment nos sens, qui irritent notre humeur, qui portent le découragement dans notre âme; ce sont les temps de l’adversité et même d’une prospérité soudaine; ce sont en particulier les longues semaines de maladie qui précèdent le départ de ce monde, avec les combats qui accompagnent si souvent le départ lui-même. Mais quelles sont donc les armes merveilleuses qui assurent la victoire dans cette rude guerre ?
4402. 44-17.) C’est d’abord, pour ceinture, la vérité. La connaissance de la vérité en Jésus-Christ et la droiture du cœur, jointes à une position franche au milieu de l'Eglise et du monde : voilà ce qui donne une allure libre et dégagée pour marcher à l'ennemi, comme la ceinture qui relevait la robe du combattant ou la serrait autour de ses reins. C'est ensuite la justice, celle de Dieu sans doute (Rom. 3:29), laquelle, semblable à une cuirasse, couvre la poitrine et protége le cœur contre les coups de l'adversaire. Puis, en guise de chaussure, la disposition que donne la bonne nouvelle de la paix; c’est-à-dire la joie du salut; joie qui rend alerte, léger comme Hazaël, mais non téméraire comme lui {1481]|. Par-dessus tout cela, le bouclier de la foi ; le bouclier qui,