FAITS DIVERS
(EX Wimothée Æ: 14, 15; 16-18.) vant traverser Troas, il était naturel que Paul profitât de cette bonne occasion.
4427. (14, 15.) Comment ceci dirige-t-il la pensée de l’Apôtre sur Alexandre, et qui était cet Alexandre? Il est parlé d’un Alexandre dans le livre des Actes (19 : 33) et dans la première épître à Timothée (4 : 20). Quelques personnes pensent que les trois passages se rapportent au même individu; mais il n’y a là-dessus aucune certitude. Est-ce à Ephèse autrefois, ou à Rome récemment, que cet Alexandre se serait montré si violent contre la doctrine de Paul? Cest ce qui ne peut pas se déduire avec certitude du texte sacré. Toujours est-il qu’Alexandre ayant résisté à la Parole de Dieu, comme Jannès et Jambrèe, PApôtre le remet au jugement du Seigneur, et il exhorte Timothée à se garder de cet homme, s’il le rencontrait sur son chemin ; car c’est un devoir, entre frères, de se signaler réciproquement les individus qui, par leurs paroles ou leurs actes, se déclarent les adversaires de la vérité.
4428. (16-18.) Mais si Paul appelle les jugements de Dieu sur ceux qui résistent à la Parole du Saint-Esprit, voyez avec quelle miséricorde il parle des frères de Rome qui, au lieu de l’assister de leur présence, lorsqu'il dut paraitre devant l’empereur, se tinrent timidement à l’écart. C'était l’usage universel chez les Romains qu’un accusé fût accompagné de ses amis devant les juges; or, ce à quoi des païens n’auraient pas manqué, des disciples de Jésus ne le firent pas! Quel triste exemple de ce que peut la crainte des hommes, et quel coup ce dut être pour le cœur aimant de l’Apôtre ! Toutefois, il demande au Seigneur de ne pas traiter en criminels ceux qui l'avaient abandonné de la sorte, par faiblesse, sans doute, et non par défection de la vérité.
249$. Ainsi, Paul avait dû comparaître devant Néron, plus délaissé des hommes que ne l’étaient même d’indignes malfaiteurs. Mais le Seigneur, lui, ne l'avait pas abandonné; il s’était tenu près de son apôtre; il lui avait donné de confirmer pleinement la doctrine qu’il préchait, et il l’avait, pour cette fois, délivré de la gueule du lion; ce qui ramène la pensée de l’Apôtre sur la délivrance bien plus grande qu'il attendait du Seigneur, avec une entière certitude. Recevons, chers lecteurs, linstruction que Paul nous donne par son exemple. -Dans nos peines, de quelque nature qu’elles soient, et tout en réclamant le secours de Dieu, n’oublions pas qu'il est un mal plus grand que nul autre, à savoir le péché; mal dont nous devons chercher par-
SALUTATIONS. 335 (HE Æ'imothée Æ : 19-21.) dessus tout la guérison, le seul aussi pour lequel nous puissions invoquer Dieu avec une parfaite assurance. Et comme le Saint-Esprit avait dit par la bouche de David : « Invoque-moi au jour de ta détresse, et je t’en délivrerai et tu m'en glorifieras » (Ps. 50 : 45), il met maintenant dans la bouche de Paul cette parole de reconnaissance : « À lui la gloire au siècle des siècles. Amen. »
4430. (19-21.) Après avoir fait saluer Priscille et Aquilas, ses amis de Corinthe et d’Ephèse maintenant retournés en Asie [41897, le souvenir de Paul se porte sur deux frères avec lesquels il devait s’être bien souvent rencontré chez Aquilas. L’un d'eux avait rempli jadis avec Timothée une même mission (Actes 19 : 22). Trésorier ou administrateur de la ville de Corinthe (Rom. 16 : 93), Eraste avait peutêtre reçu de Paul l'invitation de venir le voir à Rome, mais, par une raison quelconque, il ne l’avait pas fait; peut-être aussi Paul rappelle-t-il simplement à Timothée que, lorsqu'ils quittèrent ensemble Corinthe la dernière fois [4084], Eraste y était demeuré au lieu de les accompagner à Jérusalem. Quant à Trophime, que nous avons vu avec Paul dans cette ville, trois ans avant la composition de cette lettre-ci, il paraît être resté près de FApôtre durant son emprisonnement de Césarée, et s’être embarqué pour Rome. Dans cette hypothèse, il serait tombé malade lorsque le vaisseau longeait les côtes de PAsie Mineure (Actes 27 : 7); et comme il était d’Ephèse (24 : 29), on l'aurait transporté à Milet, d’où Paul probablement n'avait plus eu de ses nouvelles. Timothée ne pouvait ignorer ce fait, vu la proximité de Milet et d'Ephèse. Si donc Paul lui en parle, c'était comme au sujet d’Eraste, non pour le Jui apprendre, mais pour achever le tableau de la solitude où il se trouvait; car c’est après cela qu’il renouvelle son invitation, suppliant Timothée de partir avant hiver. Paul savait par expérience que la navigation était périlleuse à l'approche de cette saison.
4431. Suivént les salutations que les frères de Rome envoyaient à Timothée, bien qu’il leur fût inconau de visage. Mais c'était l'enfant chéri de Paul, un compagnon de son apostolat, un fidèle ministre du Seigneur; cela suffisait pour qu’ils Paimassent sans le connaître.
Quatre d’entre eux seulement sont nommés : trois frères et une sœur, convertis peut-être depuis que Paul était à Rome, car ils ne se trouvent pas au nombre de ceux qu'il saluait dans sa lettre écrite de Co- rinthé (Rom. 46 : 3-16). Quoi qu'il en soit, il paraît bien que, si les frères de Rome avaient manqué de courage lors de la comparution de
(EX Timothée Æ: 22. Colossiens 1 : 1. 4 : 10-14.) Paul devant l’empereur, homme redoutable, il faut le dire, ils ne avaient pas cependant abandonné tout à fait. Puis, comme Lue le marque dans le livre des Actes, on voit par ceci, que Paul n’était pas gardé si étroitement qu’il ne püt recevoir ceux qui allaient vers lui (Actes 28 : 30).
4432. (22.) Un mot enfin sur le double vœu par lequel Paul termine sa lettre. Ce qu’il souhaite à Timothée, c’est « que le Seigneur soit avec son esprit; » et ce qu’il demande pour lui et ses alentours, c’est « que la grâce soit avec eux. » Jésus et sa grâce : là est le souverain bien! Jésus, dans l’âme de chaque fidèle, et sa grâce pour cimenter l'union entre tous, comme pour les consoler et les sanctifier, après les avoir réconciliés avec Dieu! Je passe rapidement sur ces idées, qui ne se présentent pas ici pour la première fois; mais ce ne sera pas sans inviter mes lecteurs à en faire de nouveau l’objet de leurs sérieuses méditations.
ÉPITRE AUX COLOSSIENS.
CCCXXVIIL. — Données historiques; partie dogmatique de l’épitre.
4433. Après nos deux précédentes Etudes, nous ne devons pas nous étonner de trouver ici Timothée à côté de son père en la foi (A : 4), ni de voir Marc (4 : 10) parmi ceux qui partageaient maintenent la captivité et les travaux de Paul (2 Tim. 4 : 41). Peut-être le serez-vous davantage de la mention qui est faite de Démas (14), malgré ce qui est dit de lui 2 Tim. 4 : 10. Mais, outre que ce peuvent être deux personnages différents sous le même nom, serait-il fort étonnant que Démas, revenu à de meilleures pensées, eût regagné Rome, et précisément dans la société de Timothée, celui-ci ayant dû traverser Thessalonique, s’il fit son voyage par la voie de terre, voie qui, en ces temps-là, n’était pas toujours la plus longue? Avec Timothée et Marc, ces deux anciens compagnons d’œuvre de Paul, nous avons de plus Aristarque et Luc (10, 14), qui l’avaient l’un et l’autre suivi de Césarée à Rome (Actes 27 : 2); puis un nommé Jésus, appelé aussi Justus (11), né Juif comme Marc. C’est d’ailleurs en cet endroit qu’on voit ce que j'ai dit précédemment, savoir que Marc était cousin de Barnabas, et que Luc était médecin. Quant à Paul, il est évident
DONNÉES HISTORIQUES. 337 (Colossiens 2 : 1. 1: 3-7, 4: 7.) qu’il se trouvait encore prisonnier à Rome lorsqu'il écrivit cette lettre.
4434. (13.) Colosses était une ville de Phrygie ayant dans son voisinage Laodicée (aujourd’hui Lattaké) et Hiérapolis. Paul avait traversé deux fois cette province : la première fois, lorsqu'il alla d’Iconium en Galatie (Actes 46 : 6); la seconde fois, quand il parcourut de | nouveau cette contrée pour y affermir les disciples (Actes 48 : 23). Mais dans son premier voyage, l’itinéraire qu’il suivait lui fit laisser Colosses assez à gauche, vers le sud-ouest, et le but même de son second voyage explique très bien qu’il ait encore passé cette ville sans y entrer. La certitude de ce fait résulte d’ailleurs de ce que Paul assimile les Colossiens à ceux de Laodicée et d’autres lieux {2 : 1), quine le connaissaient pas personnellement. Cependant, l'Eglise de Colosses n’était pas étrangère au ministère de l’Apôtre, car elle avait eu pour fondateur un de ses disciples, Phrygien converti par sa prédication. Il se nommait Epaphras (4 : 3-7), et il s'était rendu à Rome, soit afin de partager la captivité de l'Apôtre, soit pour linformer de l’état des Eglises de Colosses et du voisinage, qui avaient un pressant besoin d’exhortations apostoliques. Ce fut là ce qui donna naissance à la lettre que nous avons sous les yeux.
4435. La ressemblance entre cette épitre et l’épitre aux Ephésiens est tellement frappante, que tous lont remarquée. On en a conclu qw’elles ont dù être écrites dans le même temps; et à cause de ce qu’on y lit sur Tychique, comparé à Ephésiens 6 : 21, 29, on a pensé que les deux lettres avaient été expédiées ensemble (4 : 7), par le même messager. Mais, quant à ce dernier point, la mission particulière que Tychique avait auprès de l’Eglise de Colosses, rentrait dans sa mission générale auprès des Eglises d'Asie, mission qui datait, je pense, de plusieurs mois avant que Paul écrivit aux Colossiens, savoir, lorsqu'il expédia par Tychique sa lettre dite aux Ephésiens [43461]. Quant à la ressemblance-entre les deux épitres, 1l suflit, pour lPexpliquer, de comprendre que, tout en écrivant une lettre particulière aux Colossiens, Paul n’a pas voulu marquer une trop grande différenge entre eux et les autres frères d’Asie ; puis, s’il avait gardé une copie de sa circulaire (l’épitre aux Ephésiens), il ne lui a pas été diflicile de l’abréger, sans compter qu’à défaut de cela, il n’a sûrement pas été difficile au Saint-Esprit de lui remettre en mémoire ce qu’il lui avait inspiré plusieurs mois auparavant. Du reste, il s’en faut de beaucoup, comme nous allons le voir, que cette épitre soit un simple abrégé de la précédente : non-seulement les mêmes pensées y revé-