CROÎTRE DANS LA CONNAISSANCE
(Colossiens 1 : 1,2; 3-8; 9, 10.)
tent un caractère particulier, résultant des circonstances de l'Eglise
de Colosses, mais encore il s’y trouve bon nombre d’idées entière-
ment nouvelles.
4236. (4 : 4, 2.) Sans répéter ce que j'ai dit ailleurs sur l’espèce de formule qui ouvre chacune des épitres de Paul, je veux pourtant prier mes lecteurs de ne pas s’habituer à les lire avec distraction. Ce sont de graves paroles, soit en ce qu’elles nous rappellent les titres de Paul à notre confiance, car nous avons en lui un envoyé de Jésus-Christ, par un effet de la volonté de Dieu; soit en ce qu’elles nous invitent à examiner si nous pouvons réellement nous approprier ce-que l'Esprit du Seigneur écrit par son ministère. Ce n’est pas à tous les habitants de Colosses que Paul adresse sa lettre, mais «aux saints el aux frères. » Par ces expressions, nous avons vu qu’on entendait généralement tous ceux qui professaient la foi en l'Evangile ; mais il y a ici (comme Eph. 1 : 1), un mot qui me paraît restreindre la signification générale des deux premiers. C’est aux saints et fidèles frères dans le Christ, que Paul va parler : c’est donc également à nous, si nous sommes sancüfiés par l'Esprit et si nous marchons fidèlement dans la foi en Jésus- Christ.
4437. (3-8.) Cette lettre n’aurait pas deux fois la signature de Paul (4: 1;4:18), que nous l’y reconnaîtrions dès les premières lignes. LA FOI, L'AMOUR, L'ESPÉRANCE ! Avez-vous remarqué ces trois mots, que j'ai appelés, je crois, la devise de notre apôtre, mais qui sont plutôt celle de tout l'Evangile? La foi en Jésus-Christ, avec ses deux filles jumelles, si Jose ainsi dire : l'espérance des biens éternels, et la charité envers tous les saints. Ne remarquez-vous pas encore l’effusion de gratitude qui sort du cœur de Paul, à raison des grâces que Dieu avait répandues sur les Colossiens? Enfin, après avoir lu ces versets, ne vous sera-t-il pas toujours plus démontré que le vrai, le seul moyen de porter des fruits de justice et de sainteté, c’est de croire en la grâce de Dieu, selon sa Parole, puisque l'Esprit qui a dicté cette Parole est aussi celui qui répand lPamour dans les cœurs (Rom. 5 : 5).
4438. (9, 10.) Quelles que soient néanmoins la foi, l'espérance et la charité qui nous animent, nous avons besoin de faire des progrès dans la connaissance de la volonté du Seigneur Jésus-Christ. On s’en croit beaucoup trop vite suflisamment instruit. Il ne s’agit pas ici d’une connaissance textuelle et toute mécanique, mais d’une intelligence spirituelle, grâce de Dieu qui est à Porigine de toutes les autres (Luc 4: 77), et dans laquelle nous devons aller croissant. La connaissance
LA FORGE ET LA RECONNAISSANCE. 339 (Colossiens 4 : 11-14.)
de la volonté du Seigneur est absolument nécessaire pour que nous nous conduisions d’une manière digne de Jui, pour que nous fassions ce qui lui est agréable et pour que nous portions du fruit en toute bonne œuvre, ce à quoi nous devons certainement nous sentir appelés, si nous sommes du nombre des saints et des fidèles. Après cela, croître dans la connaissance de sa volonté, c’est croître dans la connaissance même de Dieu, et dans cette connaissance de Dieu qui est la vie éternelle (Jean 17 : 3). Les profondeurs de l'essence divine nous échappent; ou plutôt l'essence de Dieu est d’être une volonté souverainement libre, et non moins souverainement sainte et pleine d’amour. Savoir ce que Dieu a fait, et surtout ce qu’il veut, c’est le connaître mieux que si nous pouvions nous plonger dans l’océan de son infinie grandeur. Cela étant, prions , comme Paul le faisait, pour que nous soyons remplis de la connaissance de sa volonté, et employons-y, avec zèle, tous les moyens qu'il nous offre dans sa Parole.
4439. (11-14.) Deux grâces, outre cela, nous sont également indispensables : la force et la reconnaissance. La force, pour persévérer dans la vie sainte des enfants de Dieu, avec patience et avec joie, au milieu des difficultés, des tentations, des opprobres, des souffrances sans nombre qui assaillent les disciples de Jésus-Christ ; puis, la reconnaissance, par laquelle seule on est capable d’adorer le Père en esprit et en vérité. La première de ces grâces est le produit immédiat de la glorieuse puissance du Seigneur. Hélas! faibles comme nous le sommes en présence d’une tâche surhumaine , nous ne saurions trouver notre force ni en nous, ni en nos frères. La faiblesse nous
- poursuit jusque dans la prière et dans la lecture du livre de Dieu. Il faut donc, en tout état de cause, que la grâce du Seigneur vienne au secours de nos infirmités. Quant à la reconnaissance, elle résulte naturellement de la foi en l'Evangile et de la contemplation de l'amour merveilleux qui de toutes parts y éclate. Voyez en effet, à vous qui croyez! Vous aviez pour héritage la colère de Dieu , et il vous à mis en état d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière! Vous étiez sous la puissance de Satan, le prince des ténèbres, et Dieu vous a transportés dans le royaume du Fils, objet de son amour! Et, si d’esclaves vous êtes devenus libres, considérez quel est celui qui a payé votre rançon ; considérez le prix qu’il a livré pour cela; pesez ce mot, ce beau mot de PARDON, qui vous dit, non-seulement que vos péchés sont tenus pour acquittés, mais qu'ils le sont par don , gratuitement, et qu’en pardonnant, Christ se donne / Oui, considérez toutes ces choses,