‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 19 sur 286 · L'ÉGLISE D’'ÉPHÈSE · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE D’'ÉPHÈSE

(Actes #9 : 10-17; 18, 19.)

3872. (10-47,) Cette résolution dut coûter à Paul; mais, prise en vue du Seigneur, elle fut admirablement bénie. Deux années durant, Paul précha dans le local appartenant à Tyrannus, et beaucoup de gens vinrent l'y entendre, qui auraient fui là synagogue ; en sorte que la parole du Seigneur Jésus se répandit dans toute la province dont Ephèse était le chef-lieu et qui recevait quelquefois le nom spécial d'Asie. La puissance du Seigneur se déployait d’ailleurs d’une manière extraordinaire par les mains de Paul; non par ses mains seulement, et l’on conjecture que Jésus avait eu en vue de tels miracles, lorsqu'il avait prédit que ceux qui croiraient en lui feraient des œuvres plus grandés que les siennes (Jean 44 : 19). Or, ïl existait à ce moment, dans la contrée, sept Juifs, fils de Scéva, de la famille d’Aaron, qui allaient çà et là, faisant le métier d’exorcistes. En voyant l'empire que Paul exerçait au nom de Jésus sur les malins esprits, ils imaginèrent d'appeler ce nom à leur secours, dans l’intérêt de leur bourse où de leur réputation; comme on voit quelquefois certains prédicateurs se mettre à prêcher l'Evangile par des motifs de lucre où d'influence mondaine. Mais le Seigneur ne souffre pas toujours impunément qu’on trafique de son nom et de sa puissance. Pour confondre l’imposture, il voulut que l’esprit malin démasquât lui-même les imposteurs, et le démoniaque, devenu furieux, se jeta sur ces impudents guérisseurs et les maltraita cruellement [2811-2813]. Cet événement produisit une très forte impression sur les habitants d'Ephèse. Comme au temps d’Elie, le Seigneur venait de prononcer entre les prêtres de Bahal et son propre ministre; aussi le nom de Jésus était-il de plus en plus vénéré, car non-seulement il opérait des prodiges supérieurs à ceux que Satan faisait quelquefois par le moyen de ses serviteurs, soit païens , soit Juifs, mais encore l'esprit des ténèbres venait de s’avouer vaincu.

3873. (18, 19.) L’empire que Satan exerçait alors dans les pays aveuglés par l’idolâtrie, dépasse tout ce que nous saurions imaginer. Le nombre des hommes et des femmes qui, sous le nom de devins et de devineresses, se livraient à ce que l’historien appelle des pratiques curieuses, était fort considérable, et il n’y en avait nulle part plus qu’à Ephèse, Diane étant la déesse des enchantements et des sortiléges. Ce n'étaient pas tous des gens qui, le sachant et le voulant, en imposassent à une multitude ignorante et superstitieuse, et le résultat de leur art diabolique n’était pas toujours de simples illusions. La plupart d’entre eux étaient aussi bien trompés que trompeurs. Agents

LIVRES DE MAGIE BRULÉS À ÉPHÈSE. 31 (Actes 19 : 20-22.)

aveugles, et coupables néanmoins, du prince de ce monde, ils se faisaient les instruments d’une puissance fort réelle, bien que profondément mystérieuse; en sorte que leurs prodiges étaient souvent de vrais prodiges, encore que ce ne fussent pas des œuvres de Dieu (Matth. 24 : 24). Il s’en fallait tellement, que c’était là surtout ce qui perpétuait le crédit des idoles et Pimmoralité publique. On conçoit sans peine combien de tels hommes se trouvaient, par leur métier même, éloignés du royaume des cieux; aussi, la conversion de quelques-uns d’entre eux doit-elle être mise au rang des plus grands miracles de la grâce du Seigneur. C’est ce qui eut lieu pour plusieurs à Ephèse, et le changement de leur cœur fut si réel, qu’on les vit brüler, devant tout le peuple, les livres qui contenaient les règles et les secrets de leur art. Ces livres, manuscrits rares et chers comme tous les livres à cette époque, Pétaïient surtout par l’intérêt que leurs détenteurs avaient à ne pas les multiplier. La valeur totalé de ces abominables écrits fut de cinquante mille pièces d’argent, équivalant à une quarantaine de mille francs. Si ceux qui les possédaient avaient voulu les vendre, ils auraient certainement trouvé de nombreux acheteurs; ce sacrifice montre donc leur parfaite sincérité.

3874. Il est triste de devoir ajouter que des superstitions semblables subsistent de nos jours, non pas seulement en pays idolâtres, mais encore dans ceux qui se nomment chrétiens. Il y a partout des gens qui font le métier de dire la bonne fortune, de deviner ce qu’on a intérêt à savoir, de guérir les maladies au moyen de pratiques secrètes, enseignées par certains livres où transmises de père en fils; et quand on considère limpiété, la vie immorale de ceux qui exercent de tels arts, quand on réfléchit que tout cela ne sert qu’à leur procurer des ressources pour satisfaire leurs vices et à maintenir l’ignorance et la superstition des peuples, on demeure convaincu que s'ils réussissent quelquefois dans leurs pratiques occultes, ce ne peut être par la puissance du Seigneur et qu’ils sont, ainsi que leurs dupes, les victimes de l’influence abominable de Satan. Ge qui le prouve de reste, c’est, d’un côté, combien il est rare que ces gens consentent à écouter l'Evangile, et d’un autre côté, l'abandon qu'ils font de leur magie, aussitôt qu'ils viennent à se convertir. En général, de toutes les maladies de l'esprit humain, il n’en est pas de plus difficile à guérir; mais, partout où brille le glorieux Evangile de Jésus-Christ, on voit ces superstitions perdre chaque jour du terrain.

3870. (20-292.) Deux ans au moins devaient s'être écoulés depuis

Page 1