PROJETS DE DÉPART. DÉMÉTRIUS
(Actes 19 : 23-41.)
que Paul était arrivé à Ephèse; la Parole de Dieu croissait et se forfait puissamment, tant en cette ville que dans la contrée, lorsque PApôtre, toujours éclairé et conduit par l’Esprit, forma le projet de retourner à Jérusalem, mais non sans avoir revu auparavant la Macédoine et l’Achaïe; puis, il se sentait un vif désir ou plutôt une vocation céleste, à se diriger après cela vers Rome. Vous vous rappelez qu’écrivant de Corinthe aux Thessaloniciens, il leur avait dit combien il souhaitait de les revoir. Or, bien qu’il n’eût pas encore pu effectuer son dessein, 1l ne lavait pas abandonné. De Macédoine, il était naturel qu’il songeât à pousser jusqu’à Corinthe, où de graves circonstances le rappelaient, comme nous le verrons. Quant à Rome, capitale de l'empire, l'Evangile y étant parvenu indirectement, il importait qu'un apôtre de Jésus-Christ sy montrât enfin, et cette charge appartenait tout naturellement à celui qui avait une mission spéciale auprès des nations (9 : 15). Avant de partir, cependant, Paul envoya devant lui deux de ses aides dans le ministère : Timothée et Eraste; Timothée qui, depuis longtemps, nous le voyons par ceci, n’avait pas quitté Paul; Eraste, Corinthien, à ce qu’on pense, qui avait suivi l’Apôtre, ou l’avait rejoint plus tard. Ces deux disciples partis, Paul attendit leur retour, du moins celui de Timothée, continuant son œuvre en Asie, jusqu’à ce que, les progrès même de cette œuvre ayant produit un terrible mouvement à Ephèse, il reprit enfin le cours de ses voyages. Voici comment la chose se passa.
3876. (23-41.) Un orfévre, nommé Démétrius, fabriquait, en argent, des modèles du temple de Diane et employait à cette industrie lucrative un grand nombre d'ouvriers. Encore que la prédication de l’Evangile en Asie eût rencontré bien des cœurs attentifs, il n’est pas probable que les gains de Démétrius eussent pu déjà diminuer d’une manière sensible ; mais l’avarice est soucieuse. Démétrius sentait bien, après tout, qu'il ne devait: sa fortune qu’à la superstition de ses coreligionnaires ; il reconnaissait en sa conscience la supériorité de la doctrine de Paul sur les absurdités de la mythologie; il crut voir le moment où tout le monde se convertirait, et, dès cet instant même, il s’envisagea comme ruiné. C’est ce qui se reproduit de nos jours à l’occasion d’un réveil religieux. Ceux qui ne vivent que du péché et de la folie d'autrui, trouvant, au fond, qu’on ferait mieux de se convertir que de perdre sa santé, sa fortune et son âme dans les plaisirs et les vanités du monde, s’imaginent que tous vont devenir sérieux, tempérants, modestes, retirés, laborieux, et leur industrie leur paraît déjà
L’ÉMEUTE. DÉPART POUR LA MACÉDOINE. 33 (Actes 20 : 1.) détruite; aussi ne manque-t-on pas de les voir iaionse au premier rang des persécuteurs. #« |
38717. C'est ce que fit Démétrius. Il attroupa ses ouvriers et, avec eux, tous ceux qui avaient un travail analogue; car Ephèse, lieu célèbre de pèlerinage païen, ressemblait sous ce rapport aux lieux de pèlerinages papistes. Il y existe une foule d'industries par lesquelles on exploite la crédulité des dévots; ce sont, outre les images du saint qu’on y adore, des chapelets, des amulettes, des reliques, des cierges et mille autres choses pareilles. Il est clair que la prédication de PEvangile est fatale à ce genre de trafic; aussi nul ne s’oppose à la foi plus que ceux qui s’y livrent. Démétrius n’eut pas de peine à influencer son monde. Nous sommes perdus! leur dit-il. Mais comme il fallait donner à ses craintes une couleur moins égoïste : Non-seulement cela, ajouta-t-1l, si on laisse faire ce Paul, on verra tomber en mépris, et le temple de Diane et la grande déesse elle-même. Démétrius disait vrai, et le peuple entier comprit le danger qui menaçait ses antiques croyances. Ils se mirent donc à pousser une de ces clameurs qui, d’un instant, savent ameuter toute la population d’une grande ville. La foule s’emparant des premiers qu’elle rencontra, et c’étaient deux Macédoniens, Caïus et Aristarque, compagnons de Paul, les conduisit au théâtre, vaste cirque où se tenaient les jeux scéniques et les assemblées populaires. Paul, informé de ce qui se passait, et toujours courageux, voulait se rendre sur les lieux afin de parler à ces gens; mais les disciples ne le lui permirent pas, et même quelques-uns des asiarques, magistrats qui avaient la police du théâtre et qui portaient intérêt à Paul, l’exhortèrent à ne pas se risquer au milieu de cette multitude passionnée. Plusieurs, entraînés par le torrent, ignoraient encore de quoi il était question, et la présence de Paul, loin de calmer, aurait irrité probablement toujours plus. C’est ce qu’on put voir lorsqu’un Juif, nommé Alexandre, eut fait signe qu’il voulait parler. Les cris recommencèrent avec une nouvelle fureur, et il fallut, pour pacifier cette émeute, toute l’habileté du secrétaire de la ville, homme influent et populaire sans doute.
3378. (20 : 1.) Cet événement fut pour Paul le signal du départ. IL y avait alors près de trois ans qu'il était arrivé à Ephèse ; son œuvre y était achevée et même, nous le verrons, beaucoup plus qu’on ne peut le conclure du livre des Actes. Le jour était donc venu de reprendre le projet qu’il avait formé précédemment (49 : 24). Quelques personnes pensent, comme je le dirai à l’occasion de la première
(Galaies.)
épitre à Timothée, que, durant les derniers mois de son séjour et avant l’affaire de Démétrius, Paul avait fait une courte excursion en Macédoine; mais c’est à cette heure seulement qu’il va contenter le désir qu’il entretenait de revoir un peu longuement ses chers amis et disciples de Philippes, d’Amphipolis, d’Apollonie, de Thessalonique, de Bérée, puis ceux de Corinthe. Il ne quitta pas Ephèse sans avoir convoqué les frères et les avoir salués; or nous savons, par les épitres aux Thessaloniciens, ce qu’étaient les saintes salutations de V’Apôtre. — Avant de le suivre dans ce nouveau voyage, nous devons étudier son épître aux Galates. Il l'éerivit, selon toute apparence, pendant qu'il était à Ephèse, ainsi que trois autres lettres d’une égale valeur.