CIRCONSTANCES DE L’APÔTRE
Philippiens 1: 19-21; 22-26.) ment pour objet, non des hommes obscurs, mais au contraire les plus éminents? Sans contester précisément l'autorité de lPApôtre, quelques-uns pouvaient se choquer de ce que tous allaient à lui, comme autrefois les disciples de Jean relativement à Jésus (Jean 8 : 26). Ce sont là ces «quelques-uns» qui, à l’honneur de l’Apôtre, ne trouvaient pas d'autre moyen pour lui enlever ses auditeurs, que d’annoncer le Christ avec un zèle croissant. Or, loin que Paul songe à s’en irriter, il s’en réjouit et il ne cessera de le faire : conduite admirable qui remet en mémoire celle de Moïse et de Jean-Baptiste en pareilles circonstances, non moins qu'une parole de notre Seigneur, parole que l’Apôtre n’avait pas entendue, mais que la grâce lui avait mise dans le cœur (Nombres 41 : 29 ; Jean 8 : 30; Marc 9 : 38, 39).
4503. (19-21.) Cependant, c'était une épreuve pour lui; car vous le voyez demander indirectement les prières des Philippiens, afin que l'Esprit de Jésus-Christ lui soit abondamment communiqué dans cette position difficile, qui toutefois ne pouvait qu'être bonne pour le salut de son âme. Ici, le mot salut doit s’entendre essentiellement de la sanctification , grâce qui, avec l’illumination et la justification, compose tout le salut ici-bas. L'épreuve à laquelle on mettait la charité de Paul, était destinée à le maintenir dans l’humilité et à lui faire chercher toute sa joie en Jésus-Christ, comme c’était en lui qu’il avait la vive attente et l’espérance de n’être point confus. Au fond, sa propre gloire lui importait fort peu : il avait plutôt à cœur celle de son Maître, et il possédait la ferme assurance que le Seigneur serait glorifié dans son corps, soit qu’il dût prolonger sa vie, soit qu’il fût bientôt envoyé au supplice. Vivant, il prêchera Jésus-Christ, et sa mort ne le préchera pas moins hautement, Quant à lui, il possède Christ. Voilà ce qui fait sa gloire et son bonheur, comme c’est la vie de son âme; et, mourir maintenant, est tout ce qui pourrait lui arriver de mieux! N'est-ce pas, mes chers lecteurs, qu’un homme qui parle de la sorte, est un homme digne de toute confiance? Pesez donc sérieusement ses paroles. Etre sans Christ, ce n’est pas vivre : mourir hors de Christ, c’est le plus horrible des malheurs.
4504. (22-26.) Il y avait une lutte dans le cœur de l'Apôtre. D’un côté, son désir était de s’en aller pour être avec le Seigneur, ce qu’il estimait avec raison comme beaucoup meilleur que de vivre encore quelques années; d’un autre côté, il pouvait être nécessaire, dans l'intérêt de ses disciples et de la propagation de la foi, qu’il demeurât ici-bas. Comment se terminera ce combat intérieur? Dans le sens de