LE RETOUR DU SEIGNEUR
(Bhilippiens 1 : 22-96.) l’'égoisme où dans celui de la chatité? Ah! notre excéllent apôtre était trop bien conduit par l'Esprit de Dieu pour que l'issue fût douteuse. Sans qu’il soit nécessaire de voir ici uné prédiction de ce qui devait lui arriver, ni même un simple pressentiment, disons que, tout entier à la pensée du devoir, bién plus préoccupé de la gloire du Seigneur et des besoins de l’Eglise que de son propre avantage, Paul n’osé pas encore aspirer au repos : il restera, son cœur l’y porte; il s’en ira Content, si Dieu le veut.
4505. Avant de passer aux exhortations qui sont proprement le sujet de l’épitre et qui commencent ici, arrêtons-nous quelques in: Stants sur les dernières paroles de l’Apôtre. Il est chez un certain nombre de chrétiens une opinion qui semblé faire des progrès et dont les adversaires de la vérité s’arment contre l'inspiration des livrés du Nouveau Testament. On prétend que les apôtres crurent tous que le Seigneur reviendrait de leur vivant établir son règne sur la terré, que ce dogme a passé de leur foi dans leurs écrits, et que sut cela du moins ils se sont trompés. Posée en de tels térmes, cette opinion est une erreur manifeste; car vous venez de voir que Paul comptait bien mourir, ou, Comme il dit, $’en aller et être avec le Christ. On répond que Paul, en particulier, était revenu de son erreur sur la fin de sa carrière, mais qu'il l’avait entretenue autrefois. Or, quand il écrivait, plus de cinq ans auparavant, sa seconde lettre aux Corinthiens, ne parlait-il pas déjà du départ de ce monde comme nous le ferions nousmêmes et comme il Le fait ici? (2 Cor. 5.) Pour soutenir l’hypothèse que je combats, il faut remonter à la première épiître aux Thessaloniciens, de cinq ans antérieure à la précédente; mais on ne peut le faire sans oublier les explications données par Paul lui-même dans sa seconde épiître [3858-3862], et voici ce qui confirme tout Ce que nous dimes alors. |
4506. On accorde que, dañs le passage des Philippiens qui vient de nous occuper, Paul parle réellement de lui comme devant mourir, et … que par conséquent il n’envisageait pas le retour de Jésus-Christ comme imminent. Or, dans cette même lettre, dans cé même chapitre (6, 10), il ne se serait pas exprimé autrement qu’il ne le fait, s les Philippiens alors vivants avaient tous dû voir le jour de Jésus- Christ, et si l’œuvre de grâce commencée en eux avait dû s’achever avant ce jour tant désiré. Voici donc le sens de l’Ecriture sur ce point important. Pour nous, chrétiens, la mort est identique avec la vision de Jésus revenant dans sa gloire. Aïnsi, la foi consiste bien à Croire
L'UNION DES GŒURS PAR L'HUMILITÉ. 375 (Philippiens 1 : 27-30.)
qu'on ne mourra pas; mais en ce sens que, mourir, c’est aller à Christ. Pour nous encore, le jour de la mort, c’est le jour de Christ. Pour nous, enfin, penser à la mort et attendre le Seigneur , c’est une seule chose. Il en est ainsi maintenant, et il en était de même au ternps des apôtres. Ne nous étonnons donc pas s’ils ont parlé comme nous le faisons aujourd’hui, en disant avec eux : « Le Seigneur est proche. » — J'avoue d’ailleurs qu’ils ne possédèrent pas la toutescience et jé ne méconnais pas que leur illumination n’ait été, à plusieurs égards, successive; mais lorsqu'ils proféraient les oracles de Dieu, leur parole ne se ressentit point de leur ignorance, témoin soit Pierre, qui prophétisait la vocation des gentils dans le temps même où ce mystère lui était encore caché [3646].
CCCXXXIIT. — L'union des cœurs par l'humilité; divinité, humiliation, gloire du Sauveur; l'œuvre du salut; Christ, notre justice: l'œuvre du fidéle.
4507. (27-30.) Les exhortations de l’Apôtre débutent par une invitation générale à se gouverner d’une manière digne de l’Evangile. C'était, selon sa coutume, dire tout en deux mots (1 Thess. 2: 19 ; Eph. 4 : 4; Col. 4 : 10). Un peu après, nous voyons que ce qu’il envisage comme une conduite digne de l'Evangile, c’est que les chrétiens soient fermes et bien unis, pour lutter ensemble, d’un même cœur, dans la foi à la Bonne Nouvelle! Voilà de nouveau peu de paroles pour beaucoup d'idées. Elles nous rappellent ce que nous avons déjà lu bien souvent : savoir, que la vie chrétienne est un combat et que c’est par la foi qu’on fait cette bonne guerre ; mais surtout, que les fidèles doivent s’envisager comme ne formant qu’une seule et même armée, dans laquelle chaque soldat n’est fort que de la force réunie . de tous : de là l’importance suprême de lunité de l'esprit. Ah! s’il y avait un parfait concert de pensées et de volonté entre ceux qui
croient à l'Evangile, il ne leur arriverait jamais d’avoir peur de leurs ‘adversaires. Ceux-ci, frappés d’une telle harmonie et de tant de fermeté, se convaincraient de leur propre impuissance. Ils comprendraient que la voie dans laquelle ils marchent est celle de la perdition, tandis que celle qu’ils persécutent est la voie du salut; salut par pure grâce, car tout est don, non-seulement la foi en Christ, mais encore l’honneur de souffrir pour lui et de combattre avec tous les
saints.