ND LES ÉPITRES
rection. du Saint-Esprit, leur foi personnelle, leurs sentiments, leurs désirs, leurs craintes, les expériences de leur vie; en sorte que leurs écrits, semblables aux Psaumes à cet égard, nous sont doublement . utiles, en mettant à la fois sous nos yeux le tableau du vrai christianisme et celui du vrai chrétien. Les saintes dispositions des fidèles nous y sont donc offertes de deux manières; et par la voie de l’exposition théorique, et par le compte sincère que les apôtres nous rendent de leurs impressions et de leur activité. Il en est de même quant à la vie des Eglises primitives. Elle pouvait nous être tracée histori- quement, et elle l’est en partie dans le livre des Actes; mais les épitres des apôtres nous introduisent beaucoup mieux au sein même de ces Eglises, par les nombreuses allusions qu’elles font à leurs circonstances, par les conseils, les réprimandes, les encouragements, les éloges qu'elles leur adressent. C’est ainsi que, complétant les enseignements proprement dits de la Révélation tout entière, les Epîtres complètent également l’histoire importante de la fondation de PEglise, dans la mesure du moins que Dieu à jugée nécessaire. Elles abondent en renseignements historiques et il y est fait mention d’une foule de circonstances qui jettent un grand jour sur les récits du livre des Actes, quant au ministère de Paul en particulier. On va le voir déjà dans les deux épîtres aux Thessaloniciens.
3823. Mais avant d’entrer en matière, je dois Mppele) à mes lecteurs que les titres de ces livres de la Parole de Dieu ne leur ont pas plus été donnés par les écrivains sacrés eux-mêmes, que ceux des autres livres. Il ne faut donc pas qu’ils s’étonnent d’y voir le nom de Paul précédé de l’épithète de saint, bien que ni lui, ni les autres apôtres ne se soient jamais qualifiés de la sorte. Nous avons vu qu’on désignait ainsi, d’une manière générale, tous les disciples de Jésus (Actes 9 : 32); mais nul d’entre eux ne reçut ce nom comme une prérogative. Paul et ses collègues dans l’apostolat occupèrent certainement une place éminente parmi les saints de leur époque, c’est-à-dire parmi les disciples, et ceux de tous les siècles ne sauraient garder leur mémoire en trop grand honneur; mais n'oublions pas que, si PEsprit du Seigneur en fit les organes infaillibles de ses dernières révélations, comme Moïse, Elie et les prophètes l’avaient été des précédentes, ils furent des hommes sujets aux mêmes infirmités que nous (Actes 14: 15); en sorte que s’ils ont été du nombre des saints, ce n’a pu être qu'aux mêmes conditions sous lesquelles ce glorieux privilége nous est offert à nous-mêmes : la conversion envers Dieu et la foi en Jésus-Christ. C’est une observation dont il importe de se sou-