‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 201 sur 286 · DIVINITÉ, HUMILIATION, GLOIRE DU CHRIST · texte numérisé non relu

DIVINITÉ, HUMILIATION, GLOIRE DU CHRIST

(Philippiens 2:1-4; 5-11.)

4508. (2 : 1-4.) L’union des cœurs par la foi, voilà donc ce qui fait en même temps l’honneur et la force du peuple de Dieu. C’est pour cela que l’Apôtre en appelle à tout ce qu’il y a de plus doux, de plus intime et de plus profond dans les expériences des fidèles, pour les exhorter à être tous d’un même amour, d’une même âme et d’une seule pensée. Les consolations qui se trouvent en Jésus-Christ, les jouissances que la charité procure, l’action du Saint-Esprit se communiquant des uns aux autres, ou simplement les besoins d’un cœur aimant et le désir de faire la joie des saints : tout nous sollicite à Punion. Mais, ici comme ailleurs, nous voyons que l’humilité est la condition sans laquelle l’union véritable est impossible [4163, 4367, 4368]. L’orgueil engendre les divisions. Si, au contraire, nous savons voir chez nos frères les traits par lesquels ils nous surpassent, chacun faisant de même et chacun désirant de glorifier la grâce de Dieu qui se manifeste en ses frères, il ne sera pas difficile de se tendre la main d’association. Cette humilité d’ailleurs est la plus sûre sauvegarde contre l’égoïsme; c’est d’elle que sort le vrai renoncement, encore plus que de l’amour. Ainsi done, soyons humbles et nous serons unis; nous ne passerons pas notre temps en disputes, et nous aurons à cœur les intérêts spirituels de nos frères autant que les nôtres.

4509. (5-11.) Avons-nous quelque part le modèle parfait de ce renoncement, de cette humilité? Oui, nous possédons l’exemple de Celui qui, ayant lavé les pieds de ses disciples, leur dit : « Comme je vous ai fait, vous ferez aussi de même. » C’est ce que l’Apôtre rappelle aux Philippiens, en proclamant à cette occasion d’une manière fort explicite la suprême divinité de Jésus-Christ et sa véritable humanité, son abaissement volontaire et son élévation dans la gloire. Avant d’apparaître comme un esclave, pauvre, méprisé, crucifié, esclave de Dieu surtout (Rom. 1 : 1), il était en Dieu, il était Dieu (Jean 1 : 4). Et même pendant sa manifestation en chair, Dieu s’est rendu visible dans sa personne par la puissance qu’il déployait, ou plutôt par son œuvre tout entière (Jean 14 : 9). Sur la croix encore, il parle en Dieu (Luc 23 : 43). De sorte que si Jésus-Christ s’est fait égal à Dieu (Jean 5 : 18), il a pu le faire sans rapine ou sans usurpation. Toutefois, et voici le modèle, il s’est anéanti : il s’est lui-même réduit à rien, à moins que rien, quand on considère ce qu’il était. S'il fût venu en forme d’ange, il eût pu être également serviteur; mais non, c’est en forme d’homme qu’il est venu. Or, qu'est-ce que l’homme mortel? Puis, parmi les hommes, il a choisi la position la plus humble, la

L'ŒUVRE DU SALUT. 371 (Philippiens 2 : 12, 13.)

plus dépendante, souvent obligé de se plier à la volonté d’autrui. Il est le Seigneur des seigneurs, et toutefois 1l s’est rendu obéissant à Dieu par l’entier accomplissement de la loi (Gal. 4 : 4); obéissant jusqu’à vouloir mourir; obéissant au point d'accepter le plus horrible des supplices (Matth. 26 : 39). Mais en récompense de cette abnégation volontaire et pour prix de telles souffrances, non moins qu’à raison de sa divinité essentielle, Dieu l’a souverainement élevé; il a entouré son nom, son nom de Christ, d’une gloire qui n’appartient qu’au nom de Dieu, et il faudra qu’un jour toutes les créatures la lui reconnaissent, soit les anges dans le ciel, soit les hommes sur la terre, soit les réprouvés dans l'enfer, car il est LE Sereneur; et, lui rendre gloire, c’est rendre gloire au Père. Cela ne veut pas dire que tous, et même Satan, se convertiront un jour; car on peut ployer le genou malgré soi, on peut le ployer sous les coups de la verge du Tout- Puissant et non dans l’adoration de la reconnaissance (Ps. 2 : 9; Luc 19 : 27).

4510. (12, 13.) Pour le bien comme pour le mal, tout se lie : amour, humilité, obéissance ; et puisque Jésus lui-même a passé par tant de renoncement pour arriver à la gloire, puisque la doctrine fondamentale del’Evangile s'élève avec une telle force contre tout orgueil et toute volonté propre, écoutons d’un cœur humblement soumis les exhortations de l’Esprit-Saint. Il nous dit par le ministère de Paul, absent, comme il disait jadis aux Philippiens : « Opérez votre propre salut avec crainte et tremblement; car c’est Dieu qui fait en vous et le vouloir et le faire par sa bienveillance. » « Avec crainte et tremblement!» Ces expressions, même en les prenant dans leur sens le plus radouci [4397], me paraissent bien propres à faire réfléchir ceux qui ne veulent ve dans l’œuvre du salut que son côté facile. Ici le mot « salut, » comme tout à l’heure (4 : 19), ne saurait s’entendre de l’expiation des péchés, pour laquelle Christ a tout accompli, ni par conséquent de notre réconciliation avec Dieu. Mais, d’après l’épitre aux Romains en particulier, vous savez que le salut se compose essentiellement de deux grâces : la justification et la sanctification. Dans l’une et dans l’autre, nous sommes ouvriers avec Dieu par la foi, mais surtout dans la seconde. C’est là ce qui doit être l’objet sérieux de nos pensées, de nos prières, de nos lectures, et sur ce point que nous devons avoir peur de demeurer en arrière par notre faute. Il va sans dire que si nous devons travailler ainsi à notre salut, ce n’est pas afin que Dieu nous pardonne, mais parce qu’il nous a pardonné. D’un

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