‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 202 sur 286 · LA CHARITÉ DE PAUL · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ DE PAUL

(Philippiens 2 : 14-16; 16-18.)

autre côté, si cette œuvre est difficile, ou pour mieux dire impossible à notre faiblesse, nous avons en Dieu plus qu’un aide ; car « e’est lui qui fait en nous et le vouloir et le faire par sa bienveillance, » Oui, c’est lui qui, après nous avoir donné le désir de nous convertir, nous a convertis, et qui, nous donnant la volonté de nous sanctifier, nous sanctifie ; mais non sans que nous employions les moyens qu’il a luimême institués.

4511. (14-16.) Un esprit content et paisible, éloigné de tout murmure contre Dieu et de toute plainte envers le prochain, ennemi des querelles et des contestations : telle est une des principales dispositions que les fidèles doivent chercher à revêtir et que la grâce de Dieu produit en eux selon sa bienveillance. C’est peut-être le procédé le plus efficace pour glorifier le Seigneur au milieu d’un monde plein de trouble et d’agitation, parce qu’il est plein de péché. Dans ces temps surtout, où la passion de changement en toutes choses exalte si fort les idées, suscite tant de disputes et de guerres, il faut que les enfants de Dieu demeurent irréprochables à cet égard, marchant vers leur céleste patrie en simplicité de foi et servant l'Eternel d’un cœur smcère. C’est ainsi qu'ils seront comme des flambeaux dans le monde; à condition néanmoins qu’ils retiennent fortement la Parole de vie, qui est la Parole de Dieu. Car, pour qu'ils éclairent, il faut qu'ils soient éclairés; pour qu’ils soient en « odeur de vie » à ceux qui les entourent, il faut qu’ils respirent eux-mêmes ce parfum que la parole du Saint-Esprit peut seule communiquer.

4512. (16-18.) Puis, selon sa coutume, l’Apôtre se transporte par la pensée au jour de l’avénement de Jésus-Christ, et il se voit entrant dans la gloire avec ses chers frères de Philippes, car il ne saurait avoir couru, ni pris tant de peine en vain {1 Cor. &: 26). Remarquez cependant cette parole. Elle signifie que nous aurions beau avoir reçu l'Evangile de la bouche d’un apôtre et avoir mbrassé la doctrine qu’il nous prêchait; si notre foi ne produit pas la sainteté, cela ne nous servirait de rien. Après quoi, l’Apôtre se plaît sans doute à la perspective de la gloire qui l’attend pour le jour de Christ; mais il ne se plaît pas moins à la pensée qu’il pourrait être préalablement appelé au martyre. Cette pensée le réjouit, et il invite les Philippiens à se réjouir avec lui, par la considération que son sang servirait aux Eglises comme l’aspersion du vin sur le sacrifice, et fortifierait ainsi leur foi (Lév. 23 : 13). Enfin, après avoir admiré de quel renoncement sa charité le rendait capable, remarquez, je vous prie, que s’il avait ex-

LA CHARITÉ DE PAUL. 379 (Philippiens 2 : 19-24; 25-30.) primé l'espérance de revoir les Philippiens, s’il le répète même quelques lignes plus bas, ce n’est pas qu’il n’envisage aussi sa fin comme pouvant être fort prochaine, et 1l est par là toujours plus démontré que l’idée de la mort s’identifiait dans son esprit avec celle du retour de notre Seigneur.

4513. (19-24.) En attendant, il raconte aux Philippiens le projet qu’il avait formé de leur envoyer Timothée. Grand sacrifice de la part de Paul, vu que personne ne pouvait entièrement remplacer auprès de lui son vrai fils en la foi, le compagnon de ses Jongs travaux, la consolation de sa captivité. Mais nul aussi ne mettait plus d’intérêt à l'Eglise de Philippes, à cette Eglise qu’il avait vue naître et qu’il aimait avec tant d'affection. En sorte que l’Apôtre était sûr de procurer une grande joie aux Philippiens en leur déléguant Timothée, et son inépuisable charité y voyait une raison déterminante pour se séparer de lui, sans compter qu’il était plus sûr d’obtenir par ce cher disciple des renseignements certains et propres à le réjouir. Si Paul ajournait l’exécution de ce projet, c’est qu’il ne perdait pas l'espoir de retourner lui-même en Macédoine, et il attendait de voir la tournure qu’il plairait au Seigneur de donner à son procès.

4514. (25-30.) Pour le moment, il va faire partir Epaphrodite, porteur de sa lettre ; Epaphrodite, que Paul appelle son frère, son collaborateur et son compagnon d’armes; Epaphrodite, l’envoyé des Philippiens, le mandataire par lequel ils lui avaient transmis des secours; Epaphrodite enfin, désireux de les voir, parce qu’il savait l'inquiétude dans laquelle ils étaient à son sujet depuis qu’ils avaient entendu parler de sa maladie. En effet, le délégué de Philippes avait été malade à la mort, par suite, semble-t-il, des fatigues de son ministère. Et voyez combien peu la foi, même chez les plus spirituels, a pour conséquence d’étouffer les sentiments de la nature, quand ils sont légitimes. « Dieu a eu pitié de lui, dit Paul, et non-seulement de lui, mais aussi de moi, afin que je n’eusse pas tristesse sur tristesse. » S'il avait plu au Seigneur de retirer à lui son serviteur Epaphrodite, nul

doute que Paul ne Peüt estimé bienheureux, et il ne l’aurait pas pleuré comme ceux qui sont sans espérance (1 Thess, 4 : 43). Mais le Seigneur en ayant décidé autrement, l’Apôtre voit dans cette délivrance une bonté de Dieu à son égard et même à l’égard d’'Epaphrodite. Est-ce donc qu’il peut y avoir, pour un enfant de Dieu, un plus grand bonheur que de « déloger pour être avec Christ? » Oui; ce bonheur devant lui appartenir tôt ou tard, il est particulièrement favorisé d’en

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