‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 204 sur 286 · LA CONNAISSANCE INTIME DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

LA CONNAISSANCE INTIME DE JÉSUS-CHRIST

(Philippiens 3 : 8-10.) que notre instruction religieuse, est-ce que notre affiliation à une Eglise pure, est-ce que notre zèle pour les intérêts du règne de Dieu, est-ce qu’une conduite rangée, honnête et morale, pourraient nous mener à perdition? Oui, certainement; car toutes ces circonstances peuvent exister sans que Christ habite dans nos cœurs par la foi; et même si nous en faisons notre appui, c’est une preuve que nous n’avons pas connu Christ comme il faut le connaître, et ces choses, encore que bonnes, causent la perte de notre âme (Gal. 5 : 4), 4518. (8-10.) C’est pourquoi il nous faut, à l'exemple de Paul, envisager comme un mal, comme un danger, comme une perte, tout ce qui peut nous priver de la possession de Jésus-Christ; car possession est ici le sens du mot «connaissance. » Ce n’est pas le péché seul qui nous privera de lui, mais tout ce dont nous serions tentés de faire

: «notre sauvegarde hors Fa sa grâce. «Si quelqu'un ne renonce à tout

ce qu’il a, il ne peut devenir mon disciple, » a dit le Seigneur (Luc 14 : 26). Nous sommes donc invités à faire volontairement le sacrifice de toutes choses pour gagner Christ; à les regarder comme du fumier, selon l’énergique expression de PApôtre, en comparaison des biens qu’il donne. Parents, amis, fortune, souvenirs du passé, perspectives de l’avenir, connaissances acquises, jouissances de l’esprit et de l'imagination, renom de piété et de charité, témoignage d’une bonne conscience : tout cela, auprès de Jésus-Christ, n’est rien; tout cela n’est que fumier, s’il nous tient éloignés de Jésus-Christ. I faut qu’au jour de sa venue nous soyons trouvés en lui, unis à lui, et possesseurs, non de notre propre justice, justice Wales justice des œuvres, justice impossible et qui ne sauva jamais personne (Rom, 8: 20); mais de la justice de Dieu, justice de grâce, justice assurée, justice qui est par le moyen de la foi et qui appartient à ceux qui croient (Rom. 3 : 21-26), C’est d’ailleurs par cet abandon volontaire qu’on atteint à la parfaite connaissance ou à la parfaite possession de Jésus-Christ. Pour le posséder à salut, il ne faut rien vouloir que lui, et c’est en le possédant que nous comprenons ce que vaut sa justice,

4519, L'Apôtre ajoute : Et afin que je connaisse aussi « la puissance de son relèvement ‘(ou de sa résurrection) et la communication de ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort. « Ce passage n’est pas sans une certaine obscurité. Voici toutefois quel me paraît en être le sens. Il y a dans la résurrection de Jésus-Christ une vertu, une puissance, une efficace dont on ne peut faire l’expérience, à moins qu’on ne lui soit intimement uni par la foi; et cette union

LA CONFORMITÉ À CHRIST. 383 (Philippiens 3 : 11.)

est impossible, nous venons de le voir, tant qu’on n’abandonne pas toutes choses au monde pour s’attacher à lui. Mais si l’on a fait de Jésus la vie de son âme, on est ressuscité avec lui (Col. 3 : 1), et ce mystère a sa preuve de fait dans la vive espérance qu’on possède, comme dans la vie nouvelle que distribue le Saint-Esprit. Il y a aussi, par la communication des souffrances du Seigneur, par cet acte de foi au moyen duquel on s’identifie ayec sa passion en Gethsémané et sur le Calvaire, une source inépuisable de consolation et de sainteté dont le fidèle a de fréquents témoignages intérieurs. Enfin, comme V'Apôtre nous l’a dit en plusieurs endroits, le fidèle a été spirituellement crucifié avec Christ; de jour en jour, ce qui compose en lui l’homme terrestre dépérit et se meurt sous les coups incessants que lui porte le nouvel homme. C’est ainsi qu'il est rendu conforme à la

mort du Christ; car si le Christ mourut, c’est par Îe péché et pour le.

péché. Tel est, ce me semble, le développement naturel des pensées profondes de l’Apôtre. Or, remarquez à ce sujet qu’à la fin de sa carrière apostolique comme à son début, il fonde toute la doctrine sur ces deux grands faits : la mort et la résurrection de Jésus-Christ; de même que ses espérances à lui se résumaient dans l’espérance de sa propre résurrection. |

4520. (11.) « Si de quelque manière je parviens au relèvement (ou à la résurrection) d’entre les morts. » Ceci est encore plus difficile à comprendre. À première vue, Paul semble s'exprimer comme sil avait quelque doute sur son salut personnel, car il ne pouvait douter qu’il n'y eût une résurrection tant des justes que des injustes (Actes 24: 15), Mais pour lui, la résurrection «d’entre les morts, » c’est la résurrection des justes, la résurrection première {1 Thess. 4 : 16), et il semble se demander sil y aura part. Se pourrait-il que, dans Pinstant même où il venait d'écrire avec tant d'énergie ce qui fait la force et la vie du fidèle, un nuage, soufflé par Satan, eût passé rapidement sur sa foi, et que le Saint-Esprit eût voulu, pour notre instruction, que ce fait fût enregistré par la plume de Paul lui-même, comme l nous à fait connaître les doutes momentanés de Jean-Baptiste, par le message du saint précurseur? [2973.] Ou bien serait-ce un admirable mouvement d’humilité, produit dans le cœur de Paul par le Saint- Esprit, à la vue de la gloire éclatante qui est réservée aux élus, et dont il se sentait personnellement si indigne ; un de ces états d’âme plus communs qu’on ne pense, où les fidèles sont tout émus en se considérant eux-mêmes, et pleins d'assurance toutefois en regardant

384 LE TRAVAIL DE L’AME FIDÈLE. LES PARFAITS. (Philippiens 3: 12-14; 15.)

aux promesses? Enfin, se pourrait-il que cette expression : «Si de quelque manière je parviens. » voulüt signifier : « De quelque manière que je parvienne aurelèvementdes morts; » que ce soit bientôt ou plus tard, par une mort paisible ou par une mort violente? C’est ainsi que plusieurs l’entendent, et il faut avouer que la suite du discours ne s'accorde pas mal avec cette interprétation.

4521. (149-14.) Ce n’était donc pas que l’Apôtre n’eût plus rien à faire ici-bas dans l'intérêt, soit de son âme, soit de l’œuvre qui lui était confiée; mais, semblable à celui qui concourait aux jeux olympiques (comparaison que nous avons déjà vue employée par lui), il s’avançait avec courage et sans regarder derrière lui, vers le but où il voyait suspendue la couronne, prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. Nous aussi, chers lecteurs, disons-nous qu’à chaque instant nous pouvons nous voir au terme de la carrière, par la volonté de Celui qui compte nos jours. Revêtus de la parfaite justice de Jésus-Christ, tenons-nous prêts. Mais s’il plaît au Seigneur de nous laisser encore sur la terre, disons-nous aussi que nous avons à y accomplir une tâche qui, sous un certain rapport, n’est jamais achevée. Et comme celui qui court dans la lice redouble d'énergie à mesure qu'il approche du but, nous, de même, ne nous alanguissons pas en vieillissant; au contraire, moins il nous reste de temps, plus nous devons l'utiliser. Avec la diminution de nos forces multiplions nos prières, et pour tout dire en un mot, ne prenons pas notre repos avant que Dieu nous le donne; ne chantons pas victoire que nous n’ayons remporté le prix. Je me trompe, il y a le chant de triomphe de la foi; car c’est à ceux qui courent que le Saint-Esprit disait tout à l’heure : « Réjouissez-vous dans le Seigneur. »

CCCXXXIV. — Les parfaits; la bourgeoisie céleste; la joie et la modération; la paix de Dieu et la sainteté; le contentement d'esprit;

la force du fidèle.

4522. (15.) Il est évident, par ce qui précède, que l’Apôtre ne prétendait pas avoir atteint la perfection; le voilà cependant qui parle comme s’il était parfait, et non-seulement lui, mais encore ceux auxquels il s’adressait, du moins quelques-uns. Cette expression, que nous avons déjà rencontrée une fois pour désigner les fidèles (4 Cor : 2 : 6), doit s'entendre, aussi bien que celle de « saints,» dans un sens modifié. La perfection, signe distinctif du chrétien réel, ne consiste

ERREURS A SUPPORTER. 385 (Philippiens 3 : 16; 17-19.)

pas à être pur de tout péché, ni à se croire parfait; mais à se faire une juste idée de la vocation de Dieu en Jésus-Christ, du but excellent pour lequel on a été élu et converti; et ceux qui marchent sans relâche vers ce but sont les parfaits aux termes de l'Evangile. C’est à de tels hommes que Paul adresse l’exhortation de penser comme lui; or, nous venons de voir qu’il ne pensait pas avoir atteint le but. Puis, dans la persuasion que celui qui les avait appelés par sa grâce les perfectionnerait pour le jour de sa venue, il ne doute pas que, s'ils avaient là-dessus des vues quelque peu différentes, le Seigneur ne finit par les éclairer. Il se peut en effet qu’il y eût à Philippes quelques chrétiens, comme on en a vu dans tous les siècles, qui, se faisant des idées erronées de la perfection, ou méconnaissant le véritable état de leur âme, estimassent avoir atteint le but. C'était dans leur intérêt que Paul avait exprimé son sentiment personnel à cet égard, ét la manière dont il leur parle nous montre comment nous devons nous conduire envers ceux qui nourrissent cette illusion, dans un cœur d’ailleurs sincère.

4523. (16). C’est donc quelquefois un devoir de souffrir patiemment l'erreur chez nos frères et d'attendre que le Seigneur la dissipe par sa clarté. Nous l’apprenons de la bouche d’un apôtre qui se montra constamment plein de jalousie pour la saine doctrine. C’est lorsque l'erreur ne va pas à l’anéantissement de la grâce et lorsque nous ne pouvons suspecter la droiture de ceux qui l’entretiennent. Malgré des différences de vues sur des objets de cette nature, il reste toujours assez de points communs entre les vrais chrétiens pour servir de base à leur union. Au lieu de cela, nous avons la déplorable manie de nous montrer plus sensibles aux traits de dissemblance. Nous nous tenons éloignés les uns des autres, parce que nous ne sommes pas tous parvenus aux mêmes convictions, tandis que nous devrions nous sentir rapprochés par les vérités et les principes que nous recevons également. L’orgueil est le fer meurtrier qui creuse et élargit cette plaie. Les vérités généralement reçues sont comme un niveau sous lequel nous nous estimerions heureux de nous courber, si nous étions plus véritablement humbles.

4524. (17-19.) Quand on a pour modèle Jésus-Christ, il ne semble pas qu’il y ait à en chercher d’autre. Mais c’est par l'Esprit de Christ que Paul était conduit, et que sont conduits tous les vrais chrétiens. En sorte que nous pouvons, sans mépriser le patron suprême, nous faire les imitateurs de ceux qui imitent Christ. Non que nous devions copier

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