LA BOURGEOISIE CÉLESTE
(Philippiens 3 : 20, 21. 4:41.)
servilement personne; car, au contraire, il importe que nous demeurions nous-mêmes et que nous confrontions les modèles humains avec le divin modèle. Toutefois, il est sûr que l’exemple de nos frères a une grande puissance, et que c’est par là souvent qu’il plaît au Seigneur de nous éclairer et de nous fortifier. Portés d’ailleurs à l’imitation par notre nature, si nous n’imitons pas le bien, nous imiterons le mal. De nos jours, encore plus qu'autrefois, nous trouvons de mauvais exemples parmi ceux-mêmes qui, professant la foi, sont, par leur conduite, un déshonneur pour la croix de Christ. En cherchant leur bonheur dans la satisfaction de leurs goûts sensuels (Rom. 16 : 48), en se glorifiant d’actes et d’habitudes dont ils devraient plutôt rougir, ils marchent à leur perdition, parce que leurs pensées sont toutes aux choses de la terre. C’est ce que l’Apôtre avait dit fréquemment aux Philippiens, et ce qu’il leur répète en pleurant. Quelle douleur de voir le monde vivre dans l’égarement! mais quelle douleur plus grande encore quand on voit marcher à la manière du monde, des hommes qu’on croyait pouvoir envisager comme n'étant plus du monde ! (Jean 17 : 16.)
4525. (20, 21.) « Avoir sa pensée aux choses de la terre! » c’est [à que gît essentiellement le mal. Pour le combattre et en triompher, il faut nous rappeler que notre droit de bourgeoisie est dans les cieux. Paul, citoyen de Rome, et, ce qui était mieux encore, citoyen de la république d'Israël; Paul qui, par les bienfaits dont il avait été l’instrument, avait en quelque sorte acquis la bourgeoisie de Corinthe, d’Ephèse, de Thessalonique, de Philippes; Paul met au-dessus de tout , les droits à la cité céleste que la grâce de Dieu lui avait conférés (Jean 1 : 12). C’est là qu'était son trésor. Non pas seulement le sien, mais celui de tous ses frères en la foi. Faisons donc l’examen de nos pensées, pour savoir si nous envisageons réellement le ciel comme notre patrie, si nous y cherchons Jésus-Christ, si notre espérance est de l’en voir revenir pour nous introduire dans son repos, après avoir transmué nos corps. Ces corps humiliés par toutes sortes d’infirmités et de maladies, mais encore plus par le péché, le Seigneur veut les rendre conformes à son corps glorieux ! Ce sera de toutes ses œuvres peut-être la plus merveilleuse; mais est-il une seule chose qui soit au-dessus de sa puissance ? Voilà ce que l’Apôtre croyait de tout son cœur et ce qu’il rappelle à ses chers Philippiens, afin qu’ils demeurent fermes en notre Seigneur (4 : 1). Etre ferme et Inébranlable, ferme
dans la profession de la saine doctrine, ferme contre les assauts du
LA JOIE. LA MODÉRATION. 387 (Philippiens 4: 2,3; 4; 5.) diable et les séductions de la chair ! vous savez que la Parole de Dieu nous y exhorte sans cesse; mais nulle part elle ne le fait avec tant d'affection : « Mes frères bien-aimés et chéris, ma joie et ma couronne...» encore une fois, « mes bien-aimés! »
4526. (2, 3.) Qui étaient Evodie et Syntiche? Qui est ce « vrai collègue » auquel Paul les recommande? Que s’était-il passé qui eût rendu nécessaire cette exhortation spéciale? C’est ce que nous ignorons ; mais Ce passage nous montre le soin que notre apôtre prenait des âmes qui lui avaient été confiées et comment il leur témoignait son affection. Exhorter et aider, tel est le double devoir de tout chrétien envers ses frères , tel est notamment le devoir des conducteurs de l'Eglise. Et ce ne sont pas les faibles et les mal affermis qui ont seuls besoin d’avertissements et de secours : il en faut à ceux même qui se sont le plus signalés dans le bon combat de la foi.
4527. (4.) Paul revient avec une nouvelle insistance sur le devoir de se réjouir dans le Seigneur; preuve que la joie est un des sentiments qui découlent le plus de la vraie foi, C’est une joie sainte et sérieuse; une joie, non terrestre, mais céleste ; une joie qui n’a pas de rapport avec celle dont ïl est dit : « Même en riant le cœur est triste, et la joie finit par l’ennui » (Prov. 44: 13); toujours est-il que c’est de la joie. Comment considérer, sans se réjouir, ce que Jésus- Christ a fait pour nous, pauvres pécheurs, et ce qu’il nous prépare dans le ciel! Quand je pense à mes péchés , je suis triste et toutefois joyeux; car leur nombre même et leur gravité me rappellent l’immensité de la grâce qui m’a été faite. Quand je sens mon existence menacée par la vieillesse ou par la maladie, je suis triste et toutefois joyeux ; car ainsi se hâte la transformation glorieuse de mon corps. La religion est triste, dites-vous, Ô gens qui ne connaissez que les joies du monde! Votre religion est triste, je le sais; mais non pas celle que m'a faite mon Sauveur. Déjà sous l’ancienne loi, le culte de l'Eternel était accompagné de fêtes, de vraies fêtes, toutes resplendissantes de joie et de bonheur ; mais ce n’était que le type des joies en vertu desquelles «le cœur du fidèle est un festin continuel » (Prov. 45 : 15).
4528. D’après nos versions ordinaires , le verset 5 contiendrait une exhortation à la douceur; mais selon le sens habituel du mot employé dans le texte, il s’agit plutôt de la modération ou de la tempérance, ce qui est loin d’exclure l’autre idée. Ceci, du reste, peut se lier à ce qui précède ou à ce qui suit. Si les joies de ce monde ont pour effet