CONFIANCE; PRIÈRE; PAIX; SAINTETÉ
(Philippiens Æ: 6; 7; 8, 9.)
de surexciter les passions, la joie du fidèle tend plutôt à les ahét
C’est près du Seigneur qu’il se réjouit, et se pourrait-il qu’il s’oubliât dans la communion d’un tel ami? Mais par ces mots: «le Seigneur est près,» on peut entendre la proximité de sa venue, et rien n’est plus propre que cette pensée à modérer nos désirs terrestres, non moins que la vivacité de nos passions. Puis, si nous sommes modérés dans nos désirs et nos affections, il ne nous sera pas difficile de bannir toute espèce d’inquiétudes (6). C’est un devoir souvent recommandé par le Seigneur lui-même, vous vous en souvenez; mais qui pourra Je remplir, sinon les enfants de Dieu et eux seuls ? Aussi longtemps qu'ils habitent «le corps de leur humiliation, » ils éprouvent de nombreux besoins, et il n’est même aucun d’eux qui ait à ne s’occuper que de soi. Mais ils ont un Père dans le ciel. En le remerciant pour tant de biens déjà reçus, ils lui adressent des prières et des supplications; et s’ils ne sont pas toujours exaucés par Celui qui sait de quoi nous avons besoin, la paix de Dieu , dans tous les cas, cette paix que l’homme naturel ne possède ni ne comprend , garde leurs pensées et leurs cœurs dans le Christ Jésus, auquel ils appartiennent, quoi qu'il arrive (7). Sur un seul point, je pense, il leur serait permis d’avoir des inquiétudes : c’est au sujet de leurs âmes ; mais non, «ils savent en qui ils croient, » ils savent que « Gelui qui a fait les promesses est fidèle : » en repos de ce côté, comment ne le 5 hu pas sur tout le reste ?
4529. (8, 9.) L'effet constant de la prière est donc de répandre la paix en notre âme ; mais cela s’entend de la prière faite dans la foi et sous le souffle de l'Esprit-Saint. Or, là où sont la foi et l'Esprit de Dieu, là aussi est une vie sainte, condition sans laquelle le Dieu de la paix ne saurait être avec nous. Mais qu'est-ce qu’une vie sainte? C’est une vie qui réalise l’exhortation du Saint-Esprit que nous avons sous les yeux. Une vie, non pas sans faiblesse et sans péché, mais une vie calquée après tout sur le patron des Ecritures et sur le modèle que nous en ont donné les premiers messagers de l'Evangile. Se proposer en toutes choses la vérité, se comporter d’une manière grave, rendre à chacun ce qui lui est dû, se faire un devoir strict de la pureté dans les discours comme dans les mœurs, chercher à se rendre agréable au prochain, s’efforcer d’être en bonne réputation dans le monde et parmi les frères, rechercher en un mot tout ce qui est bien et qui mérite l’éloge : voilà certes un idéal sublime; mais tout sublime qu’il est, le vrai disciple de Jésus-Christ ne recule pas à cet aspect; sa con-
LA QUESTION D'ARGENT. LE CONTENTEMENT. 389 (Philippiens Æ : 10-19.) science lui rend témoignage que ces choses sont l’objet de ses pensées, de son ambition, de ses prières ; il s’y attache, il s’y conforme, et encore qu’il soit loin d’avoir atteint le but, le Dieu de la paix ne laisse pas d’être avec lui, parce qu’il cherche réellement à l’atteindre.
4530. (10-19.) Après avoir complété par cette magnifique exhortation les enseignements du Saint-Esprit destinés à ses chers frères et disciples de Philippes, Paul termine sa lettre en les remerciant dans les termes les plus affectueux de tout ce qu’ils avaient fait pour lui depuis nombre d’années. Pendant quelque temps, il est vrai, PApôtre n'avait rien reçu de leur part; mais il savait bien que cela ne venait pas de mauvaise volonté. Si d’ailleurs il se réjouissait du secours pé= cuniaire qui lui avait été transmis, il s’en fallait bien que ce fût à cause du secours lui-même. Paul ne craignait pas la pauvreté, il y était accoutumé, elle lui avait constamment valu les consolations de Jésus-Christ, sa vraie richesse ; mais, en lui députant Epaphrodite avec leur offrande, les Philippiens avaient rempli envers lui un devoir de charité, ils avaient rafraîchi le souvenir qu’il conservait du temps difficile et toutefois heureux de ses prédications à Thessalonique ; ils avaient semé pour eux-mêmes en définitive, et le Seigneur acceptait l’oblation comme si elle lui avait été faite. En conséquence, il ne manquerait pas de pourvoir à tous leurs besoins, selon sa richesse, et c’est là ce qui causait la grande joie de l’Apôtre. Ceci complète admivablement les instructions apostoliques sur ce qu’on appelle quel quefois «la question d'argent. » Les conducteurs des Eglises doivent être prêts à remplir leurs fonctions gratuitement, s’il le faut pour la gloire du Seigneur ; puis, s’ils croient pouvoir accepter les offrandes des fidèles, ils doivent le faire avec joie, non par avarice, mais par amour même pour ceux qui les assistent de leurs biens.
4531. (11-13.) Après cette observation générale, remarquez, je vous prie, le beau modèle de contentement que nous donne lApôtre (11-13). Il n’est pas dans la nature de l’homme d’être content, par cela même qu’il est, par nature, éloigné de Dieu, la source de tout bonheur. Le contentement d'esprit s’apprend, et il ne s’apprend dans sa perfection qu’à l’école de Jésus-Christ. Quelle que soit la situation d’un disciple de Jésus, il est pleinement satisfait, non-seulement parce qu’il est où Dieu le veut; non-seulement parce qu’il sait que toutes choses concourent ensemble au bien de ceux qui aiment le Seigneur ; non-seulement parce que son état, si misérable soit-il, ne le sera jamais autant que ses péchés le mériteraient, ni autant que l’a été celui de Jésus
(Philippiens 4: 20-23. Hébreux 13 : 923, 24.)
sur la croix ; mais encore parce qu’il n’est pas au pouvoir des eirconstances de lui enlever la grâce de Dieu. La grâce de Dieu en Jésus- Christ, voilà ce qui fait sa force, comme le dit Paul; sa force pour surmonter les découragements, pour triompher de la douleur, pour accepter la pauvreté; mais aussi sa force contre les folles joies de la prospérité, contre l’abus des biens terrestres, contre la vanité et la fausse confiance qu’ils inspirent si souvent. «Je puis tout dans le Christ qui me fortifie ! » Tel est le dernier mot de l’Apôtre dans cette épitre, et comme il résume bien toute sa carrière ! Paul fut certainement un homme que Dieu avait doué d’une grande capacité intellectuelle et d’une grande énergie morale, bien qu'avec un corps débile; il avait acquis, dès sa jeunesse, des connaissances qui, dans tous les cas, auraient fait de lui un docteur en Israël, quoiqu'il n’eût pas une parole puissante et facile; mais après tout, qu'est-ce qui explique les succès de son ministère êt la sainteté de sa vie, si ce n’est la force du Seigneur qui s’accomplissait dans son infirmité? (2 Cor. 42 : 9.) Qui que vous soyez donc, à vous qui lisez ces lignes, forts ou faibles, savanis ou ignorants, occupés à l’œuvre du Seigneur autour de vous ou en vous, inscrivez sur les tablettes de votre cœur cette importante déclaration de l’Apôtre : «JE PUIS TOUT EN CHRIST QUI ME FORTIFIE. »
4532. (20.) « Or à notre Dieu et Père,» à celui de qui nous est venu Jésus-Christ, soit «la gloire au siècle des siècles, amen! » Et «que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous tous » (23), cette grâce sans laquelle nous ne pouvons rien, mais qui suflit pleinement à qui la possède!