ENCOURAGEMENTS
lites dans le désert, ajoutant sur le pouvoir judiciaire de la Parole de Dieu, une réflexion de la plus haute importance. Jésus a dit : « Qui me rejette et ne reçoit pas mes paroles, il a qui le juge; c’est la parole que j'ai prononcée qui le jugera au dernier jour » (Jean 42 : 48). La Parole de Dieu, toute la Parole, est une parole vivante : « Les paroles que je vous dis sont esprit et vie » (Jean 6 : 63) ; une parole eficace : « Ma Parole ne retournera point à moi sans effet » (Esaïe 55 : 41). « Plus tranchante qu’une épée à deux tranchants, » elle pénètre dans les abîimes de notre corruption morale, et, si nous ne consentons pas à être convertis par elle, elle ne peut que nous condamner et nous tuer. D'ailleurs nulle possibilité de lui échapper; car «aucune créature n’est cachée devant elle. » Ici La Parole de Dieu nous apparaît comme une personne, Comme une personne divine, comme Dieu luimême, ce qui est tout à fait conforme à ce que nous avons vu autre part (Jean À : 1-5). 11 y a deux Paroles : la Parole écrite et la Parole faite chair. De l’une, PApôtre passe à l’autre, par une transition d’autant plus facile qu’en grecle mot parole est masculin, et par une association d'idées d'autant plus naturelle que Jésus-Christ, la Parole incarnée, est la grande révélation du Père ou sa Parole vivante, de même que la Parole écrite est appelée aussi la Parole de Christ (Col. 3 : 16). C’est avec lui que nous aurons affaire au jour du jugement, et toutes choses sont nues et entièrement découvertes à ses yeux. Malheur donc à nous, si nous abandonnons la promesse d’entrer dans son repos!
4551. (14-16.)L’Apôtre cependant revient à l’idée fondamentale de sa lettre, comme de tout l'Evangile : celle de la grâce de Dieu. Nous avons en Christ un grand souverain Sacrificateur qui a traversé les cieux, de même que le souverain sacrificateur des Juifs traversait le voile du temple et le lieu saint pour s'approcher du propitiatoire. Son nom est Jésus, qui veut dire Sauveur, et, de sa nature, il est le Fils de Dieu. Conséquence : « Retenons notre profession. » Puis, ce n’est pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités. Les secourir, cela va sans dire, puisqu'il est le Fils de Dieu, le Tout-Puissant; mais y sympathiser, c’est autre chose, et cette chose merveilleuse, il la peut, parce qu’il « a été tenté à notre ressemblance, bien que sans péché. » Or, pour compatir aux misères des pécheurs, il n’est pas nécessaire de s’être souillé par Le péché : il suffit d’être homme, d’avoir connu les tentations de Satan, d’avoir souffert les maux, les opprobres, la malédiction, suites du péché, et
SACRIFICATURE DE JÉSUS-CHRIST. 401 voilà ce qu’il en est de Jésus-Christ. Nouvelle conséquence : « Approchons-nous avec assurance du trône de la grâce [le propitiatoire) [802], afin que nous recevions miséricorde et que nous trouvions grâce pour un secours opportun. »
4552. Résumez maintenant les principes posés par lApôtre dans cette portion de son écrit, rapprochez les conséquences qu’il en déduit, et vous arrivez à ce magnifique résultat : Rien n’égale la grandeur de la personne de Jésus-Christ, si ce n’est la grandeur de son dévouement. Fils de Dieu et Fils de l’homme tout à la fois, il nous appelle à lui pour donner du repos à nos âmes (Matth. 11 : 28, 29). Croyons donc en lui fermement; prenons de sa main, sans hésiter, la grâce qu'il nous offre, et, dans toutes nos nécessités spirituelles, reposons-nous pleinement sur sa miséricorde.
CCCXXXVI. — Sacrificature de Jésus-Christ. Les éléments; impénitence finale des apostats et indefectibilité des fidèles.
4553. Cinq chapitres et plus (5-10 : 18) traitent d’un seul et même sujet, entremêlé de digressions et d’exhortations, selon la manière constante de notre apôtre. Ce sujet, c’est l’excellence suprême de la sacrificature de Jésus-Christ, le Saint-Esprit nous montrant ainsi de nouveau la supériorité de la nouvelle économie sur l’ancienne.
4554. (5 : 1-4.) Il commence par rappeler l’excellence de ia sacrificature lévitique. Institués, désignés, consacrés par l'Eternel, Aaron et ses successeurs, hommes choisis entre d’autres hommes, furent investis de leur charge pour le bien de leurs frères, dans les choses qui se rapportent à Dieu; car ils offraient des offrandes et des victimes pour les péchés. Et comme ils étaient eux-mêmes de pauvres pécheurs, il devait leur être facile de compatir aux infirmités spirituelles d'autrui; mais, par la même raison, ils avaient à offrir aussi le sang des victimes pour leurs transgressions personnelles. En somme, la sacrificature légale, exercée selon l’ordonnance divine, était une institution toute bienfaisante, le sacrificateur étant médiateur de la miséricorde divine auprès des pécheurs et son autorité étant une autorité purement spirituelle.
4555. (5-10.) Si du Christ-Aaron vous passez au Christ-Jésus, vous remarquerez d’abord que ce dernier regarde comme une gloire d’avoir été fait souverain Sacrificateur ; puis, qu’il a reçu cette charge glorieuse en sa qualité de Fiis de Dieu; enfin, que, par cela même qu’il