‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 212 sur 286 · IV NE · texte numérisé non relu

IV NE

402 SOUFFRANCES ET OBÉISSANCE DE JÉSUS-CHRIST. (Hébreux 5 : 5-10.)

est l'Eternel, il est sacrificateur éternellement, comme cela est dit au psaume 110, psaume dont le premier verset est également appliqué au Seigneur Jésus-Christ, par Jésus-Christ lui-même et par ses apôtres (Matth. 22 : 44; Actes 2 : 34). De là suit que la sacrificature du Fils de Dieu est une sacrificature d’un ordre à part, l’ordre de Melchisédec et non l’ordre d’Aaron, idée qui reparaît une page plus loin (6 : 20). Cependant, ce sacrificateur extraordinaire ne laisse pas d’avoir été « pris d’entre les hommes, » comme Aaron; ou plutôt, il est devenu homme pour exercer la sacrificature. Or l’offrande qu'il a présentée dans les jours de sa chair, ce sont des cris, des larmes, des supplications et des instances; c’est ensuite une parfaite obéissance à celui qui l’avait envoyé; ce sont enfin les souffrances dont la consommation s’est accomplie sur la croix (Philip. 2 : 8), De cette manière, sacrificateur éternellement, et s'étant offert, lui, l'Eternel, en sacrifice pour le péché, il est devenu l’auteur d’un salut éternel.

4556. Après avoir vu ce morceau dans son ensemble, reprenons quelques détails. Sans m’arrêter à faire observer avec quelle clarté cet endroit des Ecritures proclame le mystère de la double nature de Jésus-Christ : sa nature divine et sa nature humaine, voyez en quels termes il nous y est parlé de Pabaissement auquel il s’est soumis (7). Ce que dit ici Apôtre nous reporte vivement en Gethsémané et en Golgotha. Ce fut là que le Seigneur fut saisi de crainte à la perspective de la malédiction dont il s’était chargé en notre faveur; ce fut là, ô mystère d’un amour infini! là qu’il cria avec véhémence et avec larmes ; là, qu’il fut comme un criminel qui demande grâce, ou plutôt ce fut là que son âme sainte repoussait les coups réservés au péché par la justice divine. « S'il est possible que cette coupe passe loin de moi...!» Non, cela n'était pas possible, et le Seigneur le savait bien, Mais il n’était pas possible non plus que le Père n’exauçât pas d’une manière quelconque une telle prière (Jean 44 : 42); aussi voyons-nous Jésus se lever de terre et dire avec le plus grand calme à ses disciples : « Allons, voici, celui qui me trahit s'approche, » Il fut délivré de sa crainte. Quelques heures plus tard, il s’écrie de nouveau ; « Mon Dieu, mon Dieu! pourquoi m’as-tu abandonné?» mais, cette fois encore, il obtient la délivrance; car après avoir dit : « Tout est accompli, » il remet paisiblement son esprit entre les mains du Père.

4557. Voyez, après cela, ce qui est dit de l’obéissance de notre souverain Sacrificateur {8), En tant que Dieu, il n’a pas à obéir, bien qu'il soit le Fils ; mais il a appris l’obéissance (Phil, 2 : 8). Ayant

DIGRESSION. 403 (Hébreux & : 11-14.) A

revêtu notre nature, il a accepté une position d’infériorité momentanée : il a consenti à obéir. Ce n’est pas toutefois par la parfaite conformité de sa vie avec la loi de l'Eternel qu’il a surtout fait preuve d’obéissance : il n’y.avait là rien de merveilleux de la part du Saint d'Israël; mais il a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes. Ici est le prodige, car la souffrance suppose le péché, et il n’y avait point de péché en lui. Je ne dis pas que la sainteté de Jésus ait été sans mérite. Bien qu’il n’eût dans son âme rien qui correspondit avec les pensées de Satan (Jean 14 : 30), il n’en a pas moins eu à lutter contre cet ennemi de toute vérité et de toute justice. La lutte eut principalement lieu quand le moment de souffrir approcha ; ce fut alors qu’il put y avoir tentation à désobéir, alors aussi que lobéissance du Christ se montra dans toute sa gloire. Il en est de même de ses rachetés. Les épreuves de la vie sont des moments de tentation, en sorte que c’est dans l’épreuve surtout que nous apprenons lobéissance. Qui n’a pas souffert ne sait pas s’il est vraiment soumis, et qui ne souffre pas avec soumission n’a qu’une obéissance apparente aux lois mêmes qu'il semble observer.

4558. Comme le Fils de Dieu, devenu homme, a obéi au Père, nous de même, si nous sommes devenus par la foi enfants de Dieu, nous obéirons au Seigneur (9). Ge n’est pas notre obéissance au Fils qui nous sauve, c’est son obéissance au Père ; mais il est évident que si nous lui sommes rebelles, c’est que nous ne croyons pas en lui, et si nous ne croyons pas en lui, nous ne saurions être sauvés. La foi, la foi qui sauve, nous le voyons pour la centième fois, est une force spirituelle, une puissance qui agit sur la volonté, qui la détermine dans le sens des commandements de Dieu. Ce phénomène moral résulte de l’opération même par laquelle le Saint-Esprit nous a communiqué la foi, et de l’union que celle-ci établit entre le Christ et nous : c’est par cette sainte foi que nous entrons en possession du salut éternel dont Jésus-Christ est l’auteur. Le salut tout entier est donc l’œuvre de Christ. Nul salut, si ce n’est par la foi en lui, Point de vraie foi, là où 1l n’y a pas les œuvres de l'Esprit qui vient de lui.

4559. (11-14.) Iei commence une digression qui se prolonge jusqu’à la fin du chapitre 6. Paul ayant, après David, répété que le Christ est sacrificateur éternellement, selon l’ordre de Melchisédec, annonce qu’il va dire là-dessus des choses difficiles à entendre, surtout pour ceux auxquels il s’adressait. Bien que l'Evangile eût été prêché aux Hébreux longtemps avant de l’être aux païens, ceux-ci l'avaient

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