LES ÉLÉMENTS DE LA DOCTRINE
(Hébreux 6 : 1-3.) |
plus vite saisi dans ses éléments fondamentaux. Les fils d'Israël étaient, sous ce rapport, comme beaucoup de vieux protestants, même pieux, comparés aux païens et aux catholiques qui se convertissent. La Bible contient certainement des choses dificiles à interpréter; mais dans ce qu’elle a d’essentiel au salut, elle s’explique sans trop de peine, pourvu qu’on ne soit pas «devenu paresseux d’oreilles, » comme dit l'Apôtre. Il est des gens qui voudraient que le Livre de Dieu se comprit de lui-même et sans aucun effort d’attention. Cest ainsi du moins qu'ils le lisent, et de là vient que ceux qui, depuis le temps, devraient être docteurs, ont besoin de rapprendre sans cesse les premiers éléments des oracles de Dieu. On voudrait leur donner de la nourriture solide, mais ils en sont toujours au lait des petits enfants. Ce qui est digne de remarque, si du moins je saisis
.la pensée profonde du Saint-Esprit, c’est ce qu’il indique comme le vrai moyen pour devenir apte à recevoir la nourriture solide de l’homme fait. Ce ne sont pas d’immenses travaux scientifiques sur la Parole de Dieu, travaux qui,au contraire, détruisent quelquefois tout appétit pour la nourriture spirituelle ; mais une vie sainte, une grande délicatesse de conscience, le sens moral exercé par l'habitude à discerner le bien et le mal. Ceci rentrerait dans la déclaration générale de notre Seigneur : «Si quelqu'un veut faire la volonté de Celui qui m'a envoyé, il connaîtra touchant cette doctrine si elle est de Dieu » {Jean 7 : 17.)
4560. (6: 1-3.) Ce que l’Apôtre appelait tout à l’heure les éléments des oracles de Dieu, il l’appelle maintenant « la parole du commencement du Christ;» par quoi il entend les doctrines initiatrices qui servent de point de départ à la prédication du salut en Christ comme souverain Sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec. Ces doctrines fondamentales et pourtant élémentaires, telles que les blocs de marbre qu’on jette au fond de l’eau pour édifier les arches d’un pont, sont d’abord « la conversion quant aux œuvres mortes. » Il y a des œuvres mortes, comme il y a une foi morte. La foi morte est celle qui ne produit pas les œuvres; les œuvres mortes sont celles qui ne procèdent pas de la foi. De notre cœur naturel, il ne sort que des œuvres de cette espèce. Ge qu’il faut donc avant tout, c’est la conversion. « Faites l’arbre bon, a dit notre Seigneur, et le fruit sera bon.» Puis, vient la foi en Dieu : «Si vous croyiez en Dieu, vous croiriez aussi en moi, » a dit encore Jésus-Christ. Que de gens qui rejettent Jésus, parce qu’au fond ils ne croient à rien! ou s'ils croient en Dieu
IMPÉNITENCE FINALE DES APOSTATS. 405 (Hébreux 6G : 4-8.)
d’une foi morte, comme les démons (Jacq. 2 : 49), quoi d’étonnant qu'ils ne croient pas mieux en Jésus-Christ! Après cela, nous avons la doctrine des baptêmes, du baptême de Jean sans doute, comparé à celui des apôtres, et de l’imposition des mains, par laquelle tant de grâces extraordinaires et miraculeuses avaient été conférées à l’Eglise ; doctrines fondamentales au sens que j’ai dit, mais toutefois doctrines élémentaires, qui n'étaient qu’un commencement, qu’une initiation. Paul en avait sans doute parlé dans les Eglises, mais il n’en avait pas beaucoup écrit. Enfin, le relèvement des morts et le jugement éternel, faits à venir qu’il faut croire, sous peine de n’être pas chrétien, mais dont l’adoption ne constitue pas, à elle seule, la foi qui sauve. Cependant, vu l’importance de ces dogmes, l’écrivain sacré se proposait d’en traiter à part, si Dieu le lui permettait.
4561. (48.) IL n’est pas facile de se rendre compte en vertu de quelle association d'idées l’Apôtre passe assez brusquement à une doctrine qui ne semble pas avoir de rapport avec ce qu’il vient de dire; à moins peut-être qu’il ne faille rattacher les versets 7 et 8 de ce chapitre au verset 11 du chapitre précédent. Lorsqu'on «devient paresseux d'oreilles, » bientôt aussi l’on est semblable à une terre qui boit la pluie et qui, au lieu de plantes utiles, ne produit que des chardons. Or c’est à de telles gens que s'applique tout le discours de l’Apôtre. Quelques-uns ont prétendu qu’il se mettait ici en contradiction avec lui-même et avec le Seigneur, l’un et l’autre ayant déclaré que si les
fidèles peuvent tomber, ils ne sauraient tomber de manière à n'être
pas relevés (Jean 10 : 27-30; Rom. 8 : 38, 39). Mais en dirigeant cette attaque contre l’unité des enseignements de Ecriture, on n’a pas” pris garde que, dans le tableau du disciple irrémissiblement apostat, il n’est point question d’un pécheur qui eût été vraiment converti. Vous vous rappelez que ce qui constitue le caractère propre des élus, c’est la for, l'espérance et la charité. Vous vous rappelez également qu’il existe d’autres dons du Saint-Esprit et de plus éclatants, mais qui sont d’une moindre valeur (4 Cor. 42 et 13). Eh bien! P'Apôtre ne dit nullement que ceux qui auront eu foi, espérance et charité puissent déchoir, de telle sorte que tout relèvement leur devienne impossible. Il parle de gens qui ont été une fois éclairés, comme Simon le Magicien ; qui ont goûté le don céleste, comme ces pharisiens qui s'étaient réjouis à la lumière de Jean-Baptiste; qui ont été faits participants du Saint-Esprit, comme Balaam, comme Saül, comme Judas ; qui ont goûté la bonne Parole de Dieu et la puissance des pen-