IMPÉNITENCE FINALE DES APOSTATS
(Hébreux 6G : 9-12.)
sées du ciel, comme Hérode-Antipas quand il écoutait Jean, et comme ceux qui reçoivent la semence dans une terre peu profonde ; c’est-à-dire qu’il parle de gens qui connurent et apprécièrent la vérité, qui purent être dans la main de Dieu les instruments de grandes merveilles, qui éprouvèrent en leurs âmes de fortes émotions, de très vives émotions, des extases peut-être; mais qui n’eurent jamais la foi vivante et qui, en conséquence, ne furent jamais réellement convertis. Cependant, des grâces éminentes leur avaient été accordées; mais, par le mépris qu’ils en ont fait, ils se sont fermé l’accès aux grâces plus excellentes, et il vient toujours un moment où de tels hommes tombent de toute la hauteur à laquelle Dieu les avait élevés. C’est ainsi qu'ils crucifient, quant à eux, le Seigneur Jésus, comme Hérode et Judas, l’exposant à l’opprobre, et qu’ils se rendent toute conversion impossible, semblables à une terre qui boit la pluie et ne produit que des épines : terre réprouvée et près de la malédiction, terre dont la fin est d’être brülée.
4562. Tout ceci donc n’est qu'une nouvelle description de la foi morte et de ses funestes conséquences, description faite en des termes bien forts et quelque peu insolites, j’en conviens, mais non pas en des termes qui s’écartent de la vérité ou dont on ne retrouve ailleurs l'équivalent. Toujours est-il que le Saint-Esprit ne nous donne nulle part d'avertissement plus sérieux , et l’on ne conçoit pas qu'après de telles paroles , il puisse encore se trouver tant de gens qui se eroient sauvés parce qu'ils éprouvent quelquefois de grandes joies dans leur âme, parce qu'ils ont été l’instrument de beaucoup de conversions, parce qu'ils ne cessent dé s’occuper du siècle à venir ; et, pour tout dire en un mot, qui se croient sauvés, parce qu'ils se croient sauvés. Ces lumières, et ces expériences , et ces succès, et cette assurance,
accompagnent toujours, dans un degré quelconque, la vraie foi; mais
elles peuvent exister en même temps que la foi morte, et combien cette pensée n'est-elle pas redoutable !
4563. (9-12.) L’Apôtre lui-même, comme effrayé du tableau qu’il a dû tracer, cherche à en adoucir l’effet auprès de ses lecteurs. Sans dire qu’ils fussent tous à l’abri de l’apostasie et de ses funestes suites, il se plaît à reconnaître qu'ils étaient généralement dans une condition meilleure et sur le vrai chemin du salut. Or, à quels indices juge-t-il d’eux si favorablement ? A leur amour pour Dieu et pour les saints, charité active et faisant œuvre. Puis, s’il exprime le désir que chacun d’eux abonde en « certitude d'espérance » jusqu’à la fin, pour s’ex-