INDÉFECTIBILITÉ DES FIDÈLES. LE SACERDOCE DE J.-C
(Hébreux 6 : 13-20. & : 1-10.)
citer à l’action et pour imiter Ceux qui, par la foi et par la patience, héritent les promesses, son langage même atteste qu'il y avait en eux le germe, tout au moins, de cette foi et de cette espérance dans lesquelles il veut qu’ils fassent des progrès. La For, l’ESPÉRANCE et l’a- MOUR, voilà donc toujours le mot d'ordre donné à Paul par le Saint- Esprit. Nous l’avons vu dans sa première lettre [3829], et nous l’avons retrouvé dans presque toutes lés autres. Il est ici particulièrement remarquable, par l’usage que l’Apôtré en fait pour distinguer nettement ceux qui « héritent les promesses, » d'avec ceux qui, ayant connu la vérité, s’en détournent pour aller à la perdition,
4564. (13-20.) Comment imaginer d’ailleurs que Dieu puisse, dans aucun cas, priver du salut éternel ceux qui ont une foi véritable en ce qu’il a dit ? Lorsqu'il fit la promesse à Abraham, il la confirma par un serment (Gen. 22 : 16,17), et Abraham ayant attendu, avec la pa-
tience de la foi, l’accomplissement de ce qui avait été promis, 1l Pob-
tint dans la naissance d’Isaac. Ce serment que l'Eternel solennisa en se prenant lui-même à témoin, parce qu'il ne pouvait Jurer par un plus grand que lui, devait attester, plus hautement encore que sa simple parole, limmutabilité de son conseil dans Pélection des fidèles, Par ces deux choses donc, la Parole de Dieu et son serment, nous avons ; dit l'Apôtre, une puissante consolation, à moins qu’il ne soit possible à Dieu de mentir. Mais pour qui est-elle, cette consolation ? Pour ceux qui, se sentant mourir par leurs péchés, se réfugient aux pieds de Jésus et saisissent l’espératice qui nous y est offerte. Cette espérance est comparée à uné ancre sûre et ferme, jetée à l’intérieur du voile du sanctuaire, c’est-à-dire dans le ciel même [853], où Jésus
est entré comme notre précurseur (Jean 14 : 2, 3), « ayant été fait sacrificateur éternellement selon lordre de Melchisédec. » Il y a là
plusieurs allusions à Poffice du souverain sacrificateur chez les Juifs, qui entrait une fois l’an au delà du voile et qui le faisait au nom de
tout le peuple. Mais Paul va revenir là-dessus; car, après cette digression, il reprend son sujet, savoir la souveraine sacrificature de
notre Seigneur Jésus-Christ ét son infinie supériorité sur la sacrifica-
ture lévitique.
CCCXXXVIT. — Suprême grandeur du sacerdoce de Jésus-Christ.
4365. (7 : 1-10.) La suprême grandeur du sacerdoce de Jésus-Christ se montre par neuf considérations distinctes. D'abord, Jésus-Christ
kO8 SUPRÊME GRANDEUR DU SAGERDOCE DÉ JÉSUS-CHRIST.
est le Roi-Sacrificateur qui se révéla jadis en Melchisédec et qui fut prophétisé par Zacharie (Zach. 6 : 13). Roi de justice et roi de paix, sacrificateur du Dieu très haut [284, 285], Fils éternel du Père, sa sacrificature est une sacrificature éternelle. II est grand, celui auquel Abraham donna la dîime de tout et qui bénit l’illustre patriarche; car, dans la personne d'Abraham, il a béni et dimé, lui toujours vivant, la tribu tout entière de Lévi, composée d’hommes mortels : première considération, déduite de la nature divine de Jésus-Christ.
4566. (11-19.) La supériorité du sacerdoce de notre Seigneur se prouve, en second lieu, par le fait même de son institution. En lannonçant au psaume 410 comme sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec et non selon l’ordre d’Aaron, le Saint-Esprit déclarait que le sacerdoce lévitique n’avait qu’une mission temporaire. Il fallait qu’un fils de Juda fût investi de cette charge, et que ce fils de Juda y eût droit, non en vertu d’une loi, mais « par la puissance d’une vie impérissable, » dit l’Apôtre. Tout ceci suppose d’ailleurs un changement total d’économie divine : le commandement ancien, l’ordre de choses préparatoire, est aboli, pour faire place à un système plus parfait. Nous retrouvons ici toute la doctrine de Paul sur les deux économies (Gal. 3 : 15-29 ; 4 : 24-31 ; 2 Cor. 8: 7-18).
4567. (20-22.) Troisième considération : la manière solennelle dont le Seigneur est appelé à la sacrificature. « L’Eternel l’a juré et il ne se repentira point : Tu es sacrificateur éternellement, selon l’ordre de Melchisédec. » C'est-à-dire qu’il en est de la vocation de Jésus au sacerdoce, comme de la vocation d’Abraham à l'héritage de la promesse. Nous avons également ici «deux choses immuables, dans lesquelles il est impossible que Dieu mente » (6 : 18). Or, si vous comparez les Testaments de Dieu, celui qu’il fit en faveur des fils d'Israël, sous la loi, alliance qui fut scellée par le sang des victimes, au mont de Sinaï, Aaron étant sacrificateur ; si, dis-je, vous comparez ce testament avec celui qui fut scellé par le sang de Jésus-Christ à Morija, cette autre montagne, vous direz qu’ils furent excellents l’un et Pautre, mais vous vous joindrez à l’Apôtre pour reconnaître que le second fut plus excellent. Et si vous comparez les garanties qu’offrait le ministère des sacrificateurs lévitiques, avec celles que nous offre le ministère de notre grand souverain sacrificateur Jésus-Christ, vous direz que les premières étaient pleines de force, mais que les garanties offertes par Jésus-Christ laissent les autres fort en arrière.
4568. (23-25.\ Par cela même que les sacrificateurs lévitiques étaient
SUPRÊME GRANDEUR DU SACERDOCE DE JÉSUS-CHRIST. 409 (Hébreux % : 26-28. 8: 1-5:)
des hommes. mortels (quatrième considération), le sacérdoce passait de génération en génération, dans la même famille sans doute, mais avec une, instabilité continuelle. quant aux individus. Le Christ, au contraire, possédant en lui-même l'éternité, exerce un sacerdoce permanent et intransmissible. C’est pourquoi il peut sauver. entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par sa médiation, étant toujours vivant pour intervenir en leur faveur et à leur place. — Remarquez la gradation suivie par l’Apôtre dans les, conséquences qu’il déduit des principes. Par le changement d'économie ou de système, nous avons une espérance meilleure, au moyen de laquelle nous nous approchons. de Dieu (19); par un effet du serment prononcé, à l'installation de notre souverain sacrificateur, nous avons un testament qui nous offre des garanties sans égales (22); et parce que Jésus est toujours vivant (23), nous possédons la certitude de trouver constamment. en lui un parfait salut. s |
4569. (26-28.) Une cinquième considération a pour objet l’entière sainteté de notre Souverain Sacrificateur. Les sacrificateurs lévitiques étaient des hommes qui, sujets à l’infirmité, avaient besoin d'offrir
chaque Jour des sacrifices, d’abord pour eux-mêmes, et seulement ensuite pour le peuple. Mais notre Jésus.est un être saint ,.sans méchanceté, sans souillure, séparé des pécheurs (comme l’agneau de Pâque l'était du troupeau), et plus pur que les plus hauts cieux. Si donc il a offert un sacrifice, ce n’est pas pour lui, et telle fut l’excellence de la victime, qu'il a suffi de l’immoler une fois. Victime parfaitement sainte offerte par un sacrificateur parfaitement saint, car il s’est immolé lui-même! Que sont, à côté de cela, les plus excellents sacrifices des sacrificateurs les plus excellents?
4570. (8 : 1-5.) Voici le point capital, dit l’Apôtre. C’est que la sacrificature de Jésus-Christ s’accomplit dans le ciel, tandis que l’autre s’exerce sur la terre. On voit par tout le discours de l’écrivain sacré, qu'au moment où il traçait ces lignes, le culte lévitique subsistait encore, et que par conséquent la ville de Jérusalem n’était pas détruite. Cela soit dit en passant, car je ne voudrais pas détourner l'attention
du grand objet que le Saint-Esprit met sous nos.yeux. Ce sacrificateur, éternel comme Melchisédec; ce sacrificateur dont l'office n’est pas .un office temporaire, à l’imitation du sacerdoce lévitique; ce sacrificateur solennellement introduit dans sa charge par un serment du Dieu fidèle et vrai; ce sacrificateur unique, dont les fonctions n’étaient pas destinées à passer de lui à un autre: ce sacrificateur d’une sainteté
410 SUPRÊME GRANDEUR DU SACBRDOCE DE JÉSUS-CHRIST. (Hébreux 8 : 6-14. 9 : 1:19.)
parfaite, qui s’est offert en sacrifiéé parfaitement saint [4565-4569] ; ce sacrificateur, dis-je, étant entré dâns le ciel, le vrai sanétuairé, s’y est assis, plein de gloire et de puissance, à la droiïte du trôné de là Majesté divine, offrant personnellement tout ce qu'il a fait pour le salut dès pécheurs ét réalisant ainsi lé culte qui, sélon Pinstitution dé la loi, se fxisait sur la terre, en Symbolé et en ombre des choses céléstes. Car $i Moïse vit sur la montagne le modele du sanctuaire terrestre (Ex. 25 : 40), ée Sanctüaire lui-même était uné image du ciel. :
4571. (6-13.) Aussi le testament, ou Palliance dont notre souverain sacrificateur est le Médiateur, est-il infiniment supérieur au premier Testament; c'est la Septième considération. Déjà sous les pro phètes, l'Eternel porsléit de ce prèmier Testament en dés ternies qui marquaient son infériorité relative. Il avait annoncé par Jérémie qu’il stipuleraït en faveur dé son peuple un nouveau testament, tout autré qué celui qu’il avait fait après la sortie d'Egypte par une loi écrite sur des tables de pierre. 1 metfrait ses 10ï$ dans leur éntendement ét les écrirait dans leur éœur { il deviendrait leur Dieu et ils deviendraient euxmêmes sôn peuple d’une manière beaucoup plus intime ; énfin la base dé cette nouvelle alliance serait l’expiation qui serait faite de leurs péchés. Or, éomme le dit PApôtre, «en appelant nouveau, ce téstament à venir, il déclare ancien le premier ; et cé qui devient ancien et qui vieillit est près de s’évanouir. »
4572. (9 : 1-19.) Ea huitième considération dérive des précédentes
et Semble n’én être qu’une reproduction ; mais l’idée que lApôtre y met en <aillie, c’est que Jésus n’a dù offrir qu’une seule fois le sacrifice, pour que tout fût accompli. Il commence par rappeler de quelle manière avait été construite la première Tente, ou le Tabérnacle du désert, ët dé quoi se Composait son ameublement (1-5). Il signale ensuite ce fait, que les sacrificateurs entraient bien chaque jour dans la partie antérieure du Sanctuaire pour ÿ vaquér à leurs fonctions, mais que le seul souverain sacrificateur entrait une fois lan dans le lieu très saint, avec le sang de l’expiation pour ses péchés et pour ceux du peuple (6-8). Il dit ensuite que le Saint-Esprit avait fait connaître de à sotte, non-seulemént que le ciel est fermé aux pécheurs, mais encore que |e cnlté lévitique, avéc toutes ses lois cérémonielles, était incapable de le leur ouvrir. Il n’y avait rien dans les offrandes et dans les victimes qu fût de nature à purifier fa conscience, si bien que tout cela n’était qu'une parabole où une figure de l'avenir, ordonnances charnelles imposées jusqu'au temps du redressement ou de la res-
SUPREME GRANDEUR DU SAGÉRDOCE DE JÉSUS-CHRIST. AU ; (Hébrèux 9 : 13, 1471851628)
tauration (9, #0). Or, le voici, le Sacrificateur des biens promis, celui qui s s’est avancé tout au travers de la vraie Tente, c’est-à-dire du ciél; qui y est entré une seule fois En sa qualité de souveräin Sacrificateur, après avoir répandu , non le sang dés boucs et dés véaux, maïs son propre sang, et qui, dé cétle manière, a trouvé et obtenu pour nos ämes ce que nulle créature ne pouvait nous procurer, ni imaginer, savoir une rédémption éternelle : lé voici, ce Souverain Sacrificateur ; é’est Jésus-Christ le Fils de Dieu (11, 19).
45173. (13, 14.) Le sang des agneaux et des boucs, non plus que lés autres moyens de purification établis par la loi, même les plus solennels [960], ne pouvaient communiquer qu’une purification extérieure et conventionnelle : : ils n’avaient rien qui füt capable dé nettoyer le cœur. C'était pourtant quelque chose que cette purification légale, car, en bien des cas, elle préservait du châtiment. Maïs si le sang des victimes avait le pouvoir de purifier dans une certaine mesure, à plus forte raison le sang d’une victime parfaitement sainte, sainte comme l'Esprit éternel qui réside en elle, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes , c’est-à-dire de toutes les œuvres faites avant la conversion. Après avoir obtenu cette purification, et seulement alors, nous pouvons rendre au Dieu vivant le culte qui lui est agréable.
4574. (15.) C’est pour cela, dit l'Apôtre en complétant sa pensée, C’est pour que vous rendiez votre culte au Dieu vivant, que Jésus, est le médiateur d’un nouveau testament, et c’est par sa mort expiatoire qu'il s’est acquitté de sa médiation. Il a effacé sur la croix les transgressions commises contre l'Ancien Testament, et sur cette même croix il a scellé aux. élus de Dieu la promesse dé l’héritage éternel. Celui donc qui est sacrificateur é/ernellement, nous a trouvé un rachat éternel ; il s’est offert par l'Esprit éfernel, et nous recevons par lui la promesse de l'héritage éternel. Ajoutez, selon la parole d’un, prophète, « quil nous à aimés d’un amour éternel » (Jérémie 84 : 3). Il y a là plus: qu’un rapprochement de mots.
4578. (16-98.) Et voici comment LApote conclut sa huitième considération, Un testament ne prend force qu'après la mort du testateur. Il y-eut la mort des victimes et leur sang répandu quand la première alliance fut. inaugurée; c’est par du sang que presque toutes choses sont puriiées.selon la loi, et sans pe de sang, il n°y a pas de pardon. Ainsi furent purifiés les symboles des choses célestes, ou le culte. Jévitique et ceux qui le célébraient. Quant aux, choses célestes elles-mêmes, c’est-à-dire tout ce qui est relatif au vrai culte, au culte
419 SUPRÉME GRANDEUR DU SACERDOCE DE JÉSUS-CHRIST. (Hébreux 10:1-18.) spirituel, à ce culte qui, déjà céleste ici-bas, sera continué dans l’éternité, elles ont eu aussi leur purification. Le sang de Christ a été répandu, l’Apôtre ne le répète pas : 1l venait de le dire; mais le point sur lequel il insiste, c’est que si Jésus est entré dans le ciel, afin de paraître maintenant devant la face de Dieu pour nous, ce n’est pas qu'il doive s’y offrir plusieurs fois lui-même en sacrifice. Il a sufñ, pour abolir le péché, du sacrifice qu’il a offert une fois, une seule fois. Représentant des hommes, il a dû mourir; mais l’homme ne mourant qu'une fois, Christ n’a dû non plus mourir qu’une fois; après quoi, le jugement. Il reviendra pour ce jugement, celui qui a porté les péchés d’un si grand nombre d’âmes ; il reviendra, non pour mourir de nouveau en expiation des péchés, mais afin de rendré accomplie la gloire de ceux qui attendent de lui le salut. Ainsi donc, ni dans le ciel maintenant, ni sur la terre à son retour, le Seigneur ne renouvellera son sacrifice. C’est, vous le voyez bien, la grande supériorité de notre Melchisédec sur Aaron et ses fils. Fa 4576. Devant de telles déclarations, que dire du prétendu sacrifice de la messe, inventé par les catholiques-romains? A les en croire, Jésus-Christ serait, chaque jour, en des milliers de lieux différents, immolé de nouveau, sous la forme d’une hostie consacrée : le mot hostie veut dire victime; et ils prétendent que cette répétition du sacrifice est nécessaire pour le salut des générations successives et pour l’expiation des péchés qui se reproduisent sans cesse. « Il faudrait donc, comme dit l’Apôtre, qu'il eüt souffert plusieurs fois depuis la fondation du monde !»(26.) Pressés par cet argument, les catholiques accordent que le sang du Christ a pu laver les péchés de tous les élus de Dieu qui vécurent avant lui, depuis Abel le juste. Comment donc ne comprennent-ils pas que ce même sang peut avoir tout aussi bien expié les péchés des élus qui ont vécu et qui vivront depuis que Jésus s’est écrié sur la croix : « Tout est accompli!» Mais non, il importe aux prêtres romains de rabaisser la gloire suprême du Souverain Sacrificateur et de son parfait sacrifice. En reproduisant euxmêmes, tous les jours et à volonté, ce sacrifice, ils se constituent les vrais médiateurs du Nouveau Testament, à l’exclusion du Seigneur, qui n’est plus sacrificateur, mais simple victime, sous le bon plaisir du prêtre. Je laisse de côté la doctrine de la transsubstantiation, erreur non moins fondamentale qui se rattache à celle-ci [3428, 34991. 4577. (10 : 1-18.) Voici enfin la neuvième considération par laquelle le Saint-Esprit établit Pinfinie supériorité du sacerdoce de
SUPRÈME GRANDEUR DU SACERDOCE DE JÉSUS-CHRIST. 413 (Hébreux 10:1-18) :
Jésus-Christ : c’est que son offrande a aboli toute autre offrande. Revenant sur le caractère purement figuratif de la loi cérémonielle, sur la nécessité qu’elle imposait de répéter sans cesse les mêmes sacrifices et sur l’imperfection de ces sacrifices en ce qui concernait la purification des consciences, il montre que leur utilité la plus directe était simplement de rappeler aux pécheurs leurs continuelles transgressions. En sorte que la loi cérémonielle, comme la loi morale, ne servait qu'à donnér la connaissance du péché (Rom. 8 : 20). Il est vrai qu’en rappelant à l’Israélite pieux son état de condamnation, le sacrifice l’invitait à regarder vers Celui que les promesses de Dieu désignaient comme le grand réparateur de la misère humaine; toujours est-il « qu’il était impossible que le sang des taureaux et des boucs Ôtât les péchés. » La vraie victime d’expiation est donc, selon le psaume 40, ce Jésus qui, par soumission à la volonté du Père, s’est revêtu d’un corps et s’est offert volontairement en sacrifice agréable à Dieu. UNE sÈuLE Fois, répète l’Apôtre ; mais ce seul sacrifice a été suflisant, non-seulement pour expier nos transgressions, mais encore pour nous sanctifier.
4578. Et pourquoi le sacrifice de Jésus a-t-l une telle efficace? C’est encore parce que le Christ n’est pas sacrificateur à la manière des fils d’Aaron. Ceux-ci faisaient, dans la maison de Dieu, l'office de simples serviteurs, car la maison ne leur appartenait pas; et, en leur qualité de serviteurs, ils s’y tenaient debout, devant leur maître, « offrant plusieurs fois les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés. » Mais Christ, « après avoir offert pour les péchés un seul sacrifice, s’est assis à la droite de Dieu, » parce qu'il est le maître de la maison, parce qu'il est roi, et que tous ses ennemis doivent finir par lui servir de marchepieds. Une telle gloire, après l’immolation de soi-même, assure pour toujours un parfait salut à ceux qui se sanctifient en lui ou qui sont sanctifiés par lui, cela revient au même. C’est ce que le Saint-Esprit avait fait entendre par le prophète Jérémie, dans l’endroit déjà cité (Jér. 34 : 33, 34). Mais si le pardon en Christ est complet, il n’y a plus lieu d'offrir des sacrifices ou des offrandes quelconques au sujet du péché. Rapprochez cette déclaration de la doctrine exposée dans lépitre aux Galates, et vous comprendrez toujours mieux ce qu’il y a d’absurde et de criminel à vouloir, de manière ou d’autre, ajouter quelque chose à l’expiation accomplie par notre grand Souverain Sacrificateur.
4a1à er cp EXHORTATIONS.
(ébxenx 10; 19-25;,26-39. ji
CCCXXXVIL. — Exhortations: la foi; contemplation de Jésus-Christ: côté moral des afflictions; la sanctification; gloire des SigAS; Le vrai culte.
4579. (19-25.) La fin de l’épitre est toute d’exhortations : ce sont des exhortations à la foi, à la fidélité, à la persévérance, surtout dans les affictions, conséquences pratiques des principes exposés jusqu'ici. En effet, de ce qui vient d’être dit sur Jésus, notre grand Souverain Sacrificateur, en y joignant la doctrine fondamentale de l’union que la foi établit entre lui et les fidèles, membres de son COTps, il résulte que, par le sang de Christ, nous avons une pleine assurance d’ entrer dans le vrai sanctuaire dont ilest le chemin (Jean 414: 6). C’est un chemin nouveau, par opposition à l’ancienne voie des, cérémonies ; un chemin vivant, par opposition aux victimes et aux sacrificateurs d'autrefois; un chemin qu'il nous a tracé au travers du voile, c'est-àdire de son humanité, qu, semblable au, voile du sanctuaire terrestre, a dû être déchirée pour nous ouvrir un libre accès vers le ciel. Et puisque nous avons un grand Souyerain Sacrificateur établi sur toute la maison de Dieu (1 Tim. 3: 15), nous pouvons et nous devons, malgré nos péchés, nous approcher de lui de tout noire cœur, avec un grand courage et dans une pleine certitude de foi, Nous le pouvons et.nous le devons, parce que nos cœurs ont été arrosés, nos corps lavés, notre conscience sanctifiée par son sang et par son Ese prit (1 Cor. 6: 11). Telle est notre espérance, si nous sommes vrais ment dans la foi; et cette espérance, nous devons la retenir invariable, en nous, fondant, non sur notre fidélité, mais sur la fidélité, de Celui qui à fait les promesses (1 Thess, 5 : 23, 24). Comme moyen de perséverer dans la foi «et dans l’espérance, le Saint-Esprit nous inviie à «prendre garde les uns aux autres pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres, » devoir trop négligé parmi les chrétiens; car ssi la sanctification découle de la foi, c’est elle aussi qu laffermit.. Le Saint-Esprit nous rappelle en outre le devoir de fréquenter les as+ semblées dans lesquelles les frères s’exhortent mutuellement à la fidélité, en vue du jour, de. plus en plus rapproché, où le Seigneur viendra (Rom.13 : 44). La fréquentation des assemblées est d’ailleurs une profession de foi qui ne peut que fortifier et développer la doi elle-même. |
4580. (26-39.) D’un autre côté, nous savons maintenant que, J Jésus
EXHORTATIONS. 415 È (Hébreux 10 : 26-39.)
ayant fait en une seule fois l’expiation, il n’y.a plus d’offrande possible au sujet du péché. Si donc, nous allions volontairement rentrer dans une vie d’égarement, loin de Christ, il n’y aurait pas. d’expiation possib'e pour nous, et nous n’aurions à attendre que le terrible jugement de Dieu et l’ardeur du feu qui doit dévorer des adversaires, Vous savez, dit l’Apôlre, quel supplice on faisait subir à ceux qui violaient la loi de Moïse; mais Jésus-Christ est plus grand que Moïse, Or, si vous recommencez une vie de péché; si, de cette manière, vous foulez aux pieds le Fils de Dieu dont le nom vous a été annoncé; si yous tenez pour rien le sang du testament par lequel vous fûtes eonsacrés à Dieu; si enfin vous outragez l'Esprit de la grâce qui vous avait révélé Jésus, cet Esprit dont vous aviez paru écouter les appels et qui vous parle si souvent dans l’intérieur de votre âme, de quel supplice ne vous rendez-vous pas dignes? Il est vrai que nous avons au ciel un souverain Sacrificateur plein de miséricorde et de compassion; mais c’est à lui aussi qu'’appartient le jugement (Deut. 32 ; 3, 96). Il est vrai que vous vous rattachez au peuple de Dieu par votre profession; mais c'est précisément son peuple que le Seigneur jugera (Ps, 435 : 14). Ah! c’est une chose terrible de s’exposer aux coups du Dieu vivant ! | 4581. C’est ainsi, mes chers lecteurs, que le Saint-Esprit ne cesse de nous rappeler à la fois la bonté et la sévérité de Dieu, pour que nos âmes soient gardées de toute chute et surtont de l’horrible apostasie (Rom. 14 : 22). Et ne pensez pas que ces avertissements ne soient utiles qu'aux chrétiens mal affermis. Les frères auxquels Paul écrivait ne paraissent pas lui avoir donné, sur ce point; des inquiétudes particulières. Il loue au contraire la persévérance qu'ils avaient montrée au milieu des persécutions; il leur parle comme à des gens qui marchaient dans Passurance de la foi; mais il savait que celui qui.est debout doit prendre garde à ne pas tomber (4 Cor. 40 : 19), et le Saint-Esprit l’avertissait probablement que les grandes détresses prédites n’étaient pas loin d'arriver (Luc 24), et que la foi des fidèles y serait dangereusement éprouvée. C’est pour cela qu’il les menace d'un mal plus grand que la mort, mais non sans leur présenter l’assurance en Christ comme ce qui ferait par-dessus tout leur sûreté. II les encourage done en leur rappelant que ce Jésus, connu jadis sous le nom de « Celui qui vient » [2786], n'avait pas cessé d’être « Celui qui vient; » que, pour ainsi dire, il était en marche et que « dans un peu, très peu de temps, » ilarriverait, Puis, il proclame, pour leur
116 LA FÔI.
(Hébreux 11; 1; 2-7.)
affermissement, la grande parole qui avait servi de texte à son épître aux Romains (Rom. 4 : 17). Après quoi, le Saint-Esprit, développant sa pensée par la bouche de Paul, comme il eût pu le faire déjà par Habacuc (Hab. 2 : 3, 4) : «Et s’il se retire, dit-il, mon âme ne prend point de ‘plaisir en lui. » «Quant à nous, ajoute l’écrivain inspiré, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour la perdition, mais de ceux qui croient pour la conservation de leur âme.» . vous, mes lecteurs, de quel côté voulez-vous être ?
4582. (14 : 1.) Pour encourager par une nouvelle considération ses frères d’entre les Hébreux, Paul recommande à leur initation la foi des anciens temps : c’est le sujet de ce chapitre. — Mais d’abord, qu'est-ce que la foi? C’est «une substance des choses que nous espérons », ou comme la prise de possession du salut, bien que nous né soyons sauvés qu’en espérance (Rom. 8 : 24). C’est aussi «une démonstration des choses que nous ne voyons point», nos yeux s’y dirigeant comme si elles nous étaient réel:ement montrées. La foi suppose done en même temps, et les promesses, et la réalité des choses invisibles. Nous avons dit ailleurs que la foi consiste à regarder du cœur vers Jésus-Christ crucifié et ressuscité ; cette définition rentre évidemment dans la définition plus générale de l'Apôtre.
4583. La foi cependant ne se rapporte pas seulement à Pavenir; il y a, dans le passé, des choses dont nous n’avons connaissance que par elle : ainsi l’organisation du monde, après son extraction du néant (3). Or, c’est par la foi que les anciens ont obtenu, dans les Témoignages de l’Eternel, la place honorable qu’ils y occupent. Par exemple, qu'est-ce qui rendit l’offrande d’Abel plus excellente que celle de Caïn? (2, 4.) Qu'est-ce qui valut au premier des pécheurs qui soit mort le témoignage d’être juste? — Sa foi, nous dit Dieu; sa foi, au moyen de laquelle il nous parle encore, quoique mort. Pourquoi Enoch fut-il enlevé dans le ciel? Pourquoi at-il reçu le témoignage d’avoir été agréable à Dieu? Peut-on s'approcher de Dieu sans croire qu'il existe et qu'il est le rénumérateur de ceux qui le cherchent? Ce fut donc par la foi, dit Dieu, qu'Enoch fut transporté dans les ‘de: meures éternelles, sans passer par la mort (5, 6). Et Noé! si, en bâtissant l’arche pour la condamnation des impies, il devint le sauveur de sa famille et l’unique héritier, à cette époque; de la justice qui vient de Dieu, n’est-ce pas parce qu’il craignit d’être englouti parles eaux, du déluge prédit? (7.) Etsil craignit, n'est-ce pas parce qu'il crut? Et sa foi ne fut-elle pas une démonstration du déluge qu’il'me
, AT HOT. 10 447 (Hébreux 11 : 8-19; 20-292: 93.) voyait point et une substance ou une prise de possession, ou là réalisation de la délivrance qu'il espérait ?
4584. (8-19.) Mais c’est toujours à Abraham qu’il faut en revenir lorsqu'on traite de la foi (Rom. 4; Jacq. 2). Voyez-le partant pour recueillir un héritage dont il ne pouvait connaitre que par la foi, la réalité et la valeur. Voyez-le demeurant en étranger dans le pays qui lui avait été donné ; ayant pour toute habitation la tente du voyageur, même après qu'isaac et Jacob eurent été accordés à ses prières [408]. Voyez-le, par une foi qui trompha des contradictions où l'Eternel semblait le jeter, plaçant Isaac sur le bücher, Isaac, l’objet même de cette foi! Sara crut aussi, nonobstant son incrédulité mornentanée. Ce fut de cette manière qu'Abraham et sa compagne, comme Noé, comme Enoch , comme Abel, reçurent de Dieu un bon témoignage, et que d’eux sortit, par miracle, une multitude telle que les étoiles du ciel et telle que le sable de la mer qu’on ne peut compter,
4585. Le Saint-Esprit nous apprend d’ailleurs qu'Abraham « attendait la ville qui a les fondements dont Dieu est l’architecte et l’ouvrier. » (10). Dans cette attente, peu lui importait que son habitation terrestre füt stable ou temporaire. Jacob aussi faisait profession d’avoir été étranger et voyageur sur la terre (13-16) (Gen. 47 : 9), comme l’avaient été Abraham et Isaac. Mais quelle était donc cette patrie d’où ils se sentaient absents, et vers laquelle se dirigeaient leurs désirs? Etait-ce le pays de leurs pères, au delà de lEuphrate? Etait-ce Canaan, toujours possédé par la race maudite? Non; c'était une patrie meilleure, savoir la céleste. Aussi, peu leur importait de w’avoir pas reçu l’accomplissement de la promesse, en ce qui concernait le pays de Canaan; il leur suffisait de lavoir vu de loin, cru et salué. Ils avaient une ville que Dieu leur avait préparée ; c sat de ce côté-là qu’ils marchaient par la foi, et c’est pour cela que Dieu n’a ge eu honte d’eux, ni de s’appeler leur Dieu.
4586. Isaac, Jacob et Joseph se montrent, chacun à son tour, les dignes héritiers de la promesse ; car ils sont tous animés d’un même ésprit de foi (20-22) : les deux premiers , en transmettant à leurs fils une bénédiction qui, jusque-là, ne s'était pas encore réalisée ; Joseph, en donnant, au sujet de sa dépouille mortelle, des ordres qui supposaient la certitude de cette réalisation, au temps voulu de Dieu. Ce fut par ce même esprit de foi, que les parents de Moïse cachèrent, durant trois mois, leur beau petit garçon, sans craindre l’édit du roi (23) ; que Moïse, devenu grand, préféra de souffrir avec son peuple, plutôt