‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 217 sur 286 · CÔTÉ MORAL DES APELICTIONS · texte numérisé non relu

CÔTÉ MORAL DES APELICTIONS

(Hébreux 42: 12-17.)

fictions. Si nous sommes convertis, nous n’hésiterons pas à envisager les peines de la vie comme une suite du péché, et les maux en particulier que nous attire notre foi, comme une conséquence de ceque, par elle, nous faisons à Satan , au monde et au péché, une bonne: et sainte guerre. Eh bien! fallüt:il aller jusqu’à donner notre sang dans cette lutte, nous devrions y demeurer fermes, par cela même que c’est une lutte contre le péché. Voilà déjà ce que l’auteur des Proverbes disait à son fils, lui représentant que toute souffrance est, pour les fidèles, une correction du Seigneur, et une correction paternelle (Prov. 8: 11, 19). L’Apôtre développe cette pensée, en faisant remarquer que, si nous étions exempts de correction, surtout du genre de correction auquel la foi expose dans ce monde, ce serait une preuve que nous ne sommes pas vraiment enfants de Dieu. Qu'est-ce d’ailleurs que perdre courage à cause de la correction? N'est-ce pas se révolter contre le "Tout-Puissant? Et si nous avons respecté nos pères selon la chair, quand ils nous corrigeaient, ne respecterons-nous pas, à plus forte raison, le Père des esprits, lui de qui nous tenons la vie éternelle ? Nos pères selon la chair purent d’ailleurs mettre souvent de l’arbitraire et des vues intéressées dans leur discipline d’un jour; mais le Père des esprits, quand il nous corrige , ne le fait que pour notre avantage et pour nous rendre participants de sa sainteté. N’oubliez jamais cela, Ô vous qui, par la foi, êtes devenus enfants de Dieu! Ce n’est pas sans but que votre Père céleste vous châtie. Depuis qu'il vous a pris à lui, toute sa pensée a pour objet votre sancüfication (4 Thess. 4 : 3), et c’est dans cette intention qu’il vous fait passer par tant de douleurs. Entrez donc, entrez dans sa pensée. La correction sera bien toujours en elle-même un sujet de tristesse et non de joie : Dieu n’abaisse pas sa verge pour qu'onne la sente pas; mais vous ne tarderez pas à éprouver aussi qu’elle « produit un fruit paisible de justice à ceux qui ont été exercés par son moyen.» L’aflliction, épreuve ou exercice de la foi, nous fait sentir toujours plus vivement le prix de la croix du Sauveur, et vous savez que s'il est ici-bas quelque paix et quelque justice possibles, ce n’est qu'au pied de.cette, croix (Rom. 5: 1).

4591. (12-17.) Hélas! en ce qui concerne notre sanctification et l’activité que nous devrions y déployer, nous avons des mains affaiblies. et des genoux paralysés. Que faire donc pour ne pas tomber? Tracer à nos pieds des sentiers droits et unis, dit l’Apôtre ; c’est-àdire, simplifier le plus possible notre vie, aller en droiture de cœur

LA) SANGTIFICATION. 421 (Hébreux 12: 18-24)

sans regarder de côté ét d'autre, débarrasser notre chemin des pierres et des fondrières que les affections de la ‘chair et les séductions du monde y entassent ét y creusent, marcher enfin d’un pas décidé, afin que ce qui’est faible en nous soit soutenu par ce qui est fort, et même que la force succède partout à la faiblesse. Un moyen particulier que le Saint-Esprit nous indique , c’est de poursuivre la paix avec tous les hommes. Les haines , les rancunes, les divisions, les querelles font plus de mal à l’âme, l’affaiblissent plus réellement, que les douleurs du corps le plus aiguës, ou les peines de Pâme les plus cuisantes. Donc, là paix avant tout (Rom. 12 : 18 ; Jacq. 3 : 18); et, le cœur plein de paix, poursuivez la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Là où il n’y a pas sanctification, C’està-dire lutte contre le péché, marche constante vers la perfection, là n’existe qu’une foi morte.

4592. Cest par la grâce de Dieu que nous sommes sanctifiés, comme c’est par elle que nos péchés nous sont pardonnés; mais si nous laissons volontairement croître et se développer en nous les passions de la chair, qui, semblables à de mauvaises plantes, étouffent la bonne semence, nous nous privons de la grâce de Dieu comme Esaü. Ilksemble, à première vue, qu’il abandonna son droit d’ainesse pour un misérable aliment; mais au fond, c’est que, dominé par ses appétits charnels de toute espèce, il ne croyait réellement pas à la promesse de Dieu. Or si, malgré d’abondantes bénédictions, de fréquents appels, de nombreux avertissements, quelqu'un entre de gaieté de cœur dans la voie du péché comme Esaü, c’est une chute dont il ne saurait être relevé. Vérité redoutable dont le frère de Jacob est un type bien saisissant! Nous le voyons sollicitant avec larmes la bénédiction paternelle qu’il avait méprisée, mais c'était trop tard (Prov. 4 : 22-31). Veillez donc, mes chers lecteurs, veillez sur vousmêmes; exiirpez de votre cœur, à mesure qu’elles paraissent, les convoitises du vieil homme; car une seule, en se développant, peut répandre sur tout votre être une ombre mortelle. Or, c’est un terrible malheur, que de se détourner de la vérité après Pavoir connue !

4593. (18-24.) L'exemple d'Esaü et de ses pareils. peut être envisagé comme un nouveau, motif à la persévérance. Le dernier est tiré de la considération du bonheur auquel les fidèles sont appelés, considération que l’Apôtre développe dans lesprit général de son discours; c’est-a-dire en montrant, sous ce rapport comme sous tous les autres, la, supériorité de la nouvelle alliance, Au Sinaï, consumé par les

422 GLOTRE DES CIEUX, (Hébreux 12 : 25-27; 28, 29.)

éclairs d’une effroyable tempête et tout retentissant de paroles qui faisaient trembler Moïse lui-même, a succédé la montagne prophétique (Esaïe 2 : 2; Dan. 2: 35), la Sion spirituelle, la Jérusalem céleste, ville du Dieu vivant, rendez-vous général des anges demeurés fidèles et des hommes élus, séjour glorieux du Juge suprême et des justes, qui y seront introduits lors de la consommation de toutes choses; de même que, à Moïse, le médiateur de la loi et du sang des victimes, a succédé Jésus, médiateur d’un nouyeau Testament et d’un sang d’arrosement qui prononce de meilleures choses qu’Abel. Le sang d’Abel criait vengeance, tandis que le sang de Christ nous assure de la grâce de Dieu. |

4594. (25-27.) Telle est donc Pexcellence infinie de notre vocation céleste en Jésus-Christ; mais, pour le répéter avec l'Apôtre;, ces grandes promesses et ces magnifiques perspectives ne sont point un encouragement à une coupable et dangereuse sécurité. Il n’est pas une chose au monde qui soit plus certaine que le bonheur éternel de ceux qui croient; tout eomme il n’y a rien dans ce monde qui puisse nous donner quelque idée de ce bonheur. Mais si les hommes qui méprisèrent la parole de Moïse n’échappèrent point au châtiment, combien moins échapperons-nous, $si nous méprisons la parole de Jésus- Christ! En méprisant Moïse, ils rejetèrent Dieu, dans la personne de son prophète; mais si nous méprisons Jésus-Christ, nous rejetons expressément Celui dont la voix alors ébranla la terre, et qui a dit qu’il remuerait encore une fois, non-seuléement la terre, mais aussi le ciel (Agoée 2 : 6). Cette prophétie s’est accomplie lorsque le Seigneur, expirant sur la croix, au milieu de prodiges non moins éela: fants que ceux de Sinaï, ouvrit les cieux aux pauvres pécheurs par sa mort même. Elle s’accomplira de nouveau, à la fin des jours. Dans un et l’autre cas, ce mot «encore une fois » indique «le déplacement des choses ébranlées, en tant que choses qui ont été faites, afin que celles qui ne sont pas ébranlées demeurent. » C'est-à-dire ‘que l’économie légale, économie provisoire, a été remplacée par l’économie stable de la grâce ; et que la terre et les cieux d’à présent , avec leur existence précaire, doivent être remplacés par de nouveaux cieux et une nouvelle terre dont la durée sera éternelle.

4593. (28, 29.) Puis done que c'est un royaume inébranlable qui nousest donné {Luc 142 ; 32), et un royaume dont on prend possession par la grâce de Dieu, saisissons celte grâce, -reétenons-la fermement, et ne nous la laissons pas ravir. On peut traduire aussi: Soyons pleins

LA FRATERNITÉ. LE MARIAGE. 493 (Hébreux 13:.1-3; 4;)

d'actions de grâce ou de reconnaissance. Et dans quel but? Afin de rendre notre culte à Dieu d’une manière qui lui soit agréable, ce qui est, dans un sens, le but même de la venue de Jésus-Christ {2629, 2783]. Ce culte consiste essentiellement dans la consécration de nos personnes au Dieu de tonte grâce (Rom, 42 : 1); mais plus cette consécration sera réelle, plus nous abonderons.en prières et en cantiques, plus aussi nous aimerons, à rompre Île pain dans lassemblée de nos frères et à méditer avec eux la bonne Parole de l'Eternel. Or ce culte tout entier suppose, et qu'on a trouvé grâce devant Dieu, et qu’on est reconnaissant du grand salut qu'il nous a procuré. C'est alors seulement qu'il ya, dans n0S sAlaiIonp ayee Dieu, cet abandon et cette l'Apôtre : ; «car notre Dieu pe un oh A re » ve notre Dieu, le Dieu et Père du Seigneur Jésus-Christ ; Dieu, notre Sauveur, a, pour ceux qui le rejettent, un feu qui ne s'éteint point (Matth. 25 : 41).

CCCXXXIX, — La fraternité; le mariage; l’avarice: l’immuable conducteur des âmes; le culte; les conducteurs des Églises.

4596. (43 : 1-3.) L’Apôtre termine son écrit par des exhortations de diverse nature. — En disant aux Hébreux ; «Que la fraternité demeure, »&t-1l voulu exprimer que, malgré la différence que la foi à l'Evangile établissait entre les Juifs qui avaient cru et les autres, ïls devaient continuer à voir en eux des frères, comme il le. faisait lui. même ? La chose me paraît possible, Dans tous les cas, et. à supposer qu'il ne veuille parler ici que de l’amour qui doit régner entre les fidèles, vous ne vous. étonnerez pas qu'il ait placé cette recommandation en tête de toutes les autres, si du moins vous vous souvenez de.ce que notre Seigneur a dit sur ce sujet (Jean 413 : 35). Cet amour se montre envers les frères étrangers, par l’exercice de l'hospitalité, et souvent ainsi l’on reçoit chez soi des anges de Dieu (allusion à l’histoire d'Abraham et. de Lot); il. se montre enyers les prisonniers (tels que l'avait été Paul),.en se transportant par la pensée dans leur prison, et personnellement, si cela est possible; envers ceux qui sont maltraités, en souffrant pour eux, comme si nous recevions nous-mêmes les mauvais traitements dont ils sont victimes. C’estencore çe que le Seigneur avait dit pour marquer à quoi l’on. reconnaitrait ses brebis (Matth. 20:24 40} 2

4397. (4) À l'époque. de la, prédication. de l'Esangile,. il existait

494 L’AVARICE. SE SOUVENIR DE SES GONDUCTEURS. (Hébreux 13: 5,6: 7.)

dépuis assez longtemps en Judée, une société peu nombreuse et peu aperçue qu’on appelait les Esséniens, gens qui paraissént avoir appartenu proprement à la seête des Pharisiens, sauf qu’ils étaient en général plus sincères, plus vraiment pieux, plus austères encore, et qu'ils avaient pour spécialité de vivre dans le célibat : c’étaient comme les moines du pharisaïsme. Il n’y avait quoi que ce soit dans la loï de Moïse qui eût pu les conduire là, et nous voyons de nouveau qu’il n’y a rien non plus dans l'Evangile qui autorise les pratiques du romanisme à cet égard. Le mariage est une relation sainte que tous doivent honorer; non-seulement ceux qui en ont contracté les liens , mais éncore céux qui, par une raison quelconque, vivent dans le célibat. Nous nous garderons donc d’en parler du ton léger des mondains, et nous éviterons à plus forte raison tout ce qui peut en ternir la pureté. Mais si le mariage est une relation honnête et honorable, il n’en est pas ainsi des liaisons témporaires qui se forment entre personnes non mariées. Quelque fréquents que soient ces crimes, Dieu jugera certainement ceux qui s’y livrent. Vous vous rappelez que notre apôtre l’a déclaré plus d’une fois. Or, quoi qu’en puissent dire certaines gens, le jugement de Dieu est juste, et 1l s’exerce déjà bien souvent dès ce monde. En effet, que de misèrés morales et physiques l’impureté n’attire-t-elle pas sur ceux qui s’y abandonnent!

4398. (5, 6.) Le chrétien doit montrer dans toute sa conduite qu’il n’est pas guidé par l’amour de l'argent. Notre Seigneur a fréquemment ramené ses instructions sur ce sujet, et, conduit par le Saint- Esprit, Paul ne l’avait point oublié dans ses épiîtres. Il avait dit, en parlant de lui-même : «J'ai appris à être content de Vétat où je me trouve. » Fort de son expérience, il nous exhorte à être, nous aussi, contents de ce que nous avons. Chose facile aux riches, pensez-vous peut-être. Mais les Hébreux pour lesquels Paul écrivait, étaient généralement dans la pauvreté, témoin les collectes qu’on avait si souvent faites pour eux; d’ailleurs, ce ne sont pas toujours les riches qui ont le plus de contentement. La possession des biens dé ce monde n’est pas ce qui peut satisfaire lâme : c’est la foi aux promesses de Dieu. Par cette foi, l’on s'applique sans hésiter celle qu’il fit'à Josué (Jos. 4: 5); et, avec le Psalmiste, on se repose avec assurance sur sa haute protection (Ps. 118 : 6). | ;

4599. (7.) Au moment où Paul écrivait, les fidèles de Jérusalem devaient avoir perdu leur fidèle et vénérable conducteur spirituel, Jacques, le frère du Seigneur, après avoir vu mourir dix-sept ans au-

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