JÉSUS-CHRIST, L'IMMUABLE CONDUCTEUR DES ÂMES
(Hébreux 123:8: 9.)
paravant le fils de Zébédée (Actes 12), et auparavant encore Etienne, l’un des sept (Actes 7), sans parler de plusieurs autres peut-être, depuis la fondation de l’Église. Or, Dieu ne veut pas que nous oubliions ceux par lesquels il nous à annoncé sa Parole, bien qu’ils n’aient été que les instruments de sa grâce. Il y a dans le souvenir de leur vie et de leur mort; de leur vie si dévouée, de leur mort si édifiante quand il plaît au Seigneur, quelque chose qui affermit la foi et qui stimule à marcher avec un nouveau zèle dans la voie qu’ils ont parcourue ayant nous.
4600. (8.) Si, du reste, nos conducteurs spirituels nous sont enlevés, comme Philippe le fut à l’'eunuque éthicpien, Jésus-Christ nous reste, toujoursle même, hier, aujourd’hui et pour tous les siècles. Voilà le vrai conducteur et pasteur des âmes. Gé qu’il fut pour ses disciples durant les jours de sa chair, il l’est encore pour nous, et il le sera jusqu'à la fin , si nous sommes de ses brebis. Après nous avoir appelés à lui, comme il appela André, Jean, Pierre et les autres, il continuera de nous faire connaître la volonté de son Père ; il nous redressera, comme il rédressait ses premiers disciples ; il nous consolera, comme il consola Marthe et Marie; il prie d’ailleurs pour nous et il nous a donné, sur la croix, d’assez forts gages de son amour pour que nous attendions de lui achèvement de l’œuvre commencée. C’est une grande consolation que la pensée de cette immutabilité de Jésus-Christ, que cette certitude de le trouver ie prêt à nous entendre, à nous secourir, à nous bénir.
4601. (9.) Par cette raison même, nous sentirons combien il importe de ne pas nous laisser entrainer çà et là, loin de la doctrine qui a pour unique objet Jésus-Christ ét son parfait salut. Les disciples nés sous la loi de Moïse avarent toujours une tendance à chercher dans quelques observances, comme, par exemple, dans labstention de certaine nourriture, laffermissement de leur cœur, leur développement spirituel et leur sûreté morale. Nous, de notre côté, par la passion de mêler nos propres idées à celles de Dieu, nous imaginons facilement les plus vaines pratiques , et l’on sait que les catholiques n’ont pas été peu habiles dans ce genre d’invéntions. Mais ce sont là des doctrines étrangères, et Paul, prédicateur du salut gratuit, nous dit que, pour affermir nos cœurs ; il faut les nourrir de la grâce de Dieu, de la contemplation de son amour, du souvenir des souffrances expiatoires deJésus-Christ et de la Parole qui lui rend témoignage par le Saint-Esprit, C’est là le moyen, et le moyen unique.
426 LE QULTE, LES CONDUCTEURS DES ÉGLISES, x (Hébreux 13 : 10-16; 17.)
4602; (10-16.) Peut-être aussi l'Apôtre avait-il fait allusion aux sacrifices de prospérité , qui servaient de nourriture à ceux qui les offraient. E: un certain sens, Jésus-Christ est une victime qu’on Inange (Jean 6 : 37); toutefois, il est plutôt une de celles qui étaient entièrement dévouées et mises sous l’anathème ; c'est-à-dire, une victime expiatoire ou une offrande pour le péché. re qu’on en avait répandu le sang, on la transportait hors du camp, pour y être consumée. C’est ainsi (autre rapport entre le Nouveau Testament et PAncien), que Jésus a souffert hors des portes de Jérusalem, soit en Gethsémané, soit surtout au Calvaire; qu'il a répandu son sang pour la HN po des élus, et, comme il est dit ailleurs , qu'il l’a présenté dans le vrai sanctuaire, Conséquence : « Sortons vers lui, hors du camp, en portant son opprobre, » Ce camp, c’est le monde, toujours hostile à Jésus-Christ, toujours plein de dédain pour ses vrais disciples. Eh bien ! quelque honte qui s’attache à notre nom en qualiié de rachetés de Jésus, ne laissons pas de professer la foi; qu'on voie nettement que si nous sommes dans le monde, nous ne sommes pas du monde; et, puisque nous faisons profession, comme les patriarches, de n’avoir pas ici-bas notre vraie patrie, mais de rechercher celle qui est à venir, conduisons-nous en conséquence. Abandonnant aux mondains les joies terrestres et le culte de Mammon, offrons continuellement à Dieu, par la médiation de Jésus-Christ, un sacrifice de louange; c’està-dire «le fruit de lèvres qui confessent son nom, » Il demeure toujours vrai, contre l’opinion des catholiques-romains , qu'il n’y a plus de sacrifice pour le péché, et pourtant notre culte est un sacrifice : sacrifice de reconnaissance et non d’expiation, soit que nous offrions notre personne entière (Rom, 42: 1, 2), soit que nous offrions, de nos bouches, les actions de grâces de la foi, par des cantiques ou de toute autre manière. À quoi nous ajouterons les œuvres de bienfaisance, sacrifices au moyen desquels le fidèle n’aura jamais la pensée d'effacer d'aucune sorte ses péchés, mais qui , offerts à Dieu par des cœurs reconnaissants, lui sont agréables et ont une grande récompense. |
4603. (17.) Malgré la parfaite égalité qui règne entre les rachetés de Jésus-Christ, relativement au salut, il y a, par sa volonté même, une subordination à observer dans l’Eglise. Gette suhordination n’est pas celle du soldat à ses chefs, du sujet à son prince, du domestique à son maître, ni même de l’enfant à son père; mais, selon une comparaison que j'ai déjà essayée, c’est la subordination que voue à son
LES CONDUCTEURS DES ÉGLISES. 427 (Hébreux 13 : 18,19;20,21.)
guide. l'étranger qui voyage dans les inontagnes [A4 1981. Nos conducteurs spirituels, s'ils sont à la hauteur de leur charge, possèdent une connaissance des Ecritures et une expérience de la vie. chrétienne que tous n’ont pas; ils veillent et prient dans l'intérêt des âmes qui leur sont confiées ; une grande responsabilité pèse sur eux : tout autant de raisons pour que nous déférions à leurs conseils et que nous suivions de bon cœur leurs directions. Quels que soient nos procédés à leur égard , leur devoir subsiste, et ils le rempliront fidèlement, s'ils ont une vocation réelle du Seigneur; mais ce sera joyeusement ou avec tristesse, suivant que nous accuelllerons ou repousserons leur ministère; or, dans notre propre intérêt, il vaut mieux qu'ils s’en acquittent avec joie.
4604. (L8, 19.) Nous devons autre chose encore à nos conducteurs spirituels ; ce sont des prières. Nul ne saurait prétendre à plus de droiture et de sincérité que Paul, ni à un plus vif désir de se bien conduire en toute rencontre. Or s’il avait besoin qu’on priât pour lui, combien plus ceux qui président maintenant les Eglises du Seigneur! Faibles et fragiles, sujets à l'erreur, jouets quelquefois de leurs propres passions , en lutte continuelle avec celles d'autrui, toujours aux premiers rangs dans la guerre que l'Eglise livre au monde.et à Satan, souvent mal secondés parles membres du troupeau, obligés même, en mainies @ccasions, à consumer une partie notable de leurs forces et de leur temps dans la répression de désordres qui devraient être inconnus au sein de l'Eglise, n’ont-ils pas droit à la compassion et aux prières de tous?
4605. (20, 21.) Mais si chaque Eglise a.des anciens , chargés de la conduire ou de la paître selon le Seigneur ; s’il s’y trouve des docteurs qui, par l’enseignement de la saine doctrine, en sont les bergers ou pasteurs (Eph. 4 : 11), l'Eglise, vue dans son ensemble, n’a qu’un seul Berger, celui qui a donné sa vie pour ses brebis. C’est ce que FApôtre rappelle indirectement dans le vœu par lequel il termine sa lettre. [y rappelle également les deux grands faits sur lesquels repose tout notre salut, savoir la mort et la résurrection de Jésus. Si d’ailleurs il qualifie d’éternel le Testament scellé par son sang, c’est qu’il date de loin, bien que nouveau (1 Pierre 4: 19, 20), et qu’il a pour objet héritage éternel, en vertu d’une élection éternelle. Quant au vœu lui-même, il est parfaitement analogue à celui que nous lisons au bas de la première épitre aux Thessaloniciens. Nous y avons un résumé de la doctrine constamment prêchée par notre apôtre. Puis-
(Hébreux 13: 9292-25. HE Pierre 3 : 1. 4 : 12-15.)
que c’est Dieu «qui produit en nous lé vouloir et le fairé par sa bienveillance » (Philip. 2 : 43), nous devons lui demander qu'il « nous forme à toute bonne œuvre, pour accomplir sa volonté, faisant en nous ce qui est agréable devant lui, par lè moyen de Jésus-Christ » et pour la gloire de ce même Jésus, à qui tout appartient, au siècle des siècles. |
4606 (22-95.) Sans revenir sur les données historiques renfermées dans ces quatre versets, je ferai remarquer que l’épitre sé termine comme toutes les épîtres de Paul sans exception : «Que la grâce soit avec vous tous ! » Voilà donc la dernière parole de cet apôtre ; j’entends de celles que le Saint-Esprit a voulu faire parvenir jusqu’à nous! Jamais personne ne sentit plus profondément le besoin de Ia grâce de Dieu, et pour soi et pour les autres ; jamais aucun docteur ne comprit mieux et ne prêcha plus franchement la doctrine de la grâce; jamais il n’y eut de cœur qui, par elle, fut rempli de plus de foi, d'espérance et d'amour ; jamais enfin l’on ne vit d’homme se dévouer plus complétement au service de Celui par la grâce duquel il avait été sauvé. J’ai dit l'incertitude qui plane sur les derniers temps de la vie de Paul; mais ce qui demeure vrai, dans tous les cas, c’est que Paul, monument admirable de la grâce de Dieu , prédicateur actif et puissant de cette grâce, à clos sa carrière de prophète par cette belle parole : « Que la grâce de Dieu soit avec vous tous, amen! » — Puissent mes lecteurs demander et recueillir cette bénédiction !