‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 229 sur 286 · CERTITUDE HISTORIQUE DU SALUT · texte numérisé non relu

CERTITUDE HISTORIQUE DU SALUT

(K Sean 1 : 1-4.)

mander à des traditions qui, la plupart du temps, manquent de toute certitude. Il paraît néanmoins incontestable que Paul, Pierre, Jacques et les autres étant morts, Jean passa les dernières années de son long ministère au milleu des Eglises de l’Asie Mineure et notamment à Ephèse. C’est à qu’il aurait écrit ses trois lettres, mais assez longtemps après l'Evangile, bien que plusieurs théologiens pensent le contraire. Cependant, si l’on traduit littéralement le verset 19 du chapitre 21 de l'Evangile : « glorifiera » et non «glorifierait, » on acquiert la conviction que Pierre vivait encore lorsque Jean Pécrivit. D'un autre côté, tout dans ses épîtres atteste que l'Eglise commençait, pour ainsi dire, à vieillir; aussi pense-t-on qu’elles ont pu être écrites plus de vingt ans après la mort de Pierre, vers l’an 90.

4642. À cette époque s’accomplissaient de plus en plus les sinistres prédictions de Paul, de Pierre et du Seigneur lui-même, sur les plaies intestines de l’Eglise, plus dangereuses pour elle que les persécutions. Les Eglises, partout considérablement accrues, comptaient dans leur sein des hommes qui, prétendant avoir reçu des lumières supérieures à celles des premiers disciples, interprétaient les Ecritures au gré de leurs imaginations et finissaient par construire un système religieux subversif de l'Evangile. D’autres, s’attaquant au mystère de l’incarnation du Fils de Dieu, cherchaient à l’expliquer ou à l’écarter, en niant la divinité du Sauveur, et la plupart en niant son humanité. Dans les Eglises enfin , se trouvaient, en nombre croissant, des chrétiens de nom, qui, abusant de la grâce de Dieu, abolissaient toute idée d’obligation morale. C'est-à-dire que l'Eglise, à cette époque, n’était déjà que trop ce qu’elle est devenue de plus en plus dans la suite des siècles et ce qu’elle est de nos jours, selon les prophéties mêmes de Jésus-Christ. (Matth. 48 : 95, etc.). L’étude de cette épître est donc d’un intérêt actuel et d’une importance infinie. Je prie mes lecteurs de s’y livrer avec cette conviction et par conséquent avec un profond sérieux ; et que le Seigneur nous aide !

4643. (A : 1-4.) L’apôtre commence par rappeler tout à la fois la certitude historique du salut, la divinité et l’humanité du Sauveur, les effets actuels et immédiats de sa grâce. Il avait dit, dans les premières lignes de l’évangile : « Au commencement était la Parole. et cette Parole était Dieu... en elle était la vie... et cette Parole a été faite chair; » vous retrouvez ici les mêmes idées. Ce que Jean préchait dans sa vieillesse, après soixante ans de ministère, ce que ses collègues avaient annoncé comme lui et ce dont ils avaient rendu témoi-

LA LUMIÈRE. 449 (E Jean 1: 5-7.)

gnage au prix de leur sang, c’est ce qu’ils avaient entendu, vu, contemplé et touché, au sujet de la Parole qui vit et qui fait vivre : de là vient qu'ils en parlaient avec une si parfaite assurance. Il ne s’agissait pas ici d’une voix, comme celle qu’entendirent souvent les anciens prophètes, sans qu’ils vissent personne : les apôtres ont vu celui qui est la Parole. Ils ne l’ont pas vu dans une courte apparition , comme Josué , Gédéon, Manoah , ou même Abraham à Mamré; ils ont pu, durant plus de trois ans, le contempler tout à leur aise. Ils ne l’ont pas seulement contemplé ; ils l’ont touché , et qui pouvait mieux le dire que celui qui s’asseyait à côté de lui ? (Jean 438 : 23.) Jésus-Christ a donc été réellement un homme. D’un autre côté, il est la Parole qui était dès le commencement, la Parole de la vie, la Vie même ; c’est-àdire la source, non-seulement de toute existence matérielle , mais encore de toute vie spirituelle et éternelle; car c’est par lui seul que les pécheurs sont crées de nouveau (Eph. 2 : 10). Jésus-Christ est donc réellement Dieu, dans lunité avec le Père et le Saint-Esprit. Mais pourquoi Dieu (la Parole) a-t-il été manifesté en chair ? (1 Tim. 3 : 46.) Pourquoi a-t-il voulu que ce grand mystère de piété füt annoncé au monde? C’est pour y former une société nouvelle, celle des enfants de Dieu, la foi en ce mystère étant le moyen par lequel les âmes s'unissent les unes aux autres et toutes ensemble à Dieu le Père et à son Fils Jésus-Christ (Eph. 4 : 40 ; 2 : 13-18) : tel estle premier effet du salut. Il a pour second effet actuel et immédiat, de remplir nos cœurs d’une parfaite joie, comme nous le disent les apôtres d’un accord unanime. Sans parler de Paul, dans les épitres duquel cette doctrine abonde; voyez 1 Pierre 1 : 18; Jacq. 1 : 2.

4644. (5-7.) Si donc nous avons reçu et cru la promesse du salut qui est en Jésus-Christ, neus devons nous sentir en relations étroites avec tous ceux qui possèdent cette même foi; en relations non moins intimes avec le Seigneur, objet de cette foi; et par là nous goùtons de toutes les joies la seule vraiment pure et permanente. Mais Dieu est lumière, ajoute l’apôtre. C’est ce qui ressort de toute l’Ecriture et ce que proclament en particulier ses promesses. « Si done nous disons que nous avons communion (mieux, Communication) ou société avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. » À prendre ce mot « lumière » dans son premier sens, la déclaration de lapôtre est d’une vérité évidente. Une âme qui marche dans les ténèbres ; c’est-à-dire une âme qui ignore ce qu’est Dieu et ce qu’elle est elle-même ; qui s'inquiète peu de Ia

450 LE PÉCHÉ DANS LES FIDÈLES. « (E Jean L: 8-10.)

vie éternelle et qui ne sait si elle y va ou non; qui, faute de notions claires sur la volonté de Dieu, appelle le mal bien et le bien mal; une telle âme ne saurait être en communion avec le Seigneur, elle n’est pas de sa société : la connaissance ou lillumination divine est le principe de tout [4609]. Mais il-y à un autre sens à donner au mot «lumière » (2 Cor. 6 : 14; Eph. 5 : 8). « Dieu est lumière, » céla veut dire DIEU EST sAINTETÉ. Marcher dans les ténèbres , c’est vivre, ouvertement où en secret, dans quelque habitude de péché. Or, si quelqu'un vit ainsi, et qu'il dise avoir communication avec Dieu , il fait plus que de se trompér, il ment; s’il professe la vérité ou la saine doctrine, il ne la pratique pas. Vivons-nous au contraire de la vie sainte dont nous avons vu si souvent le tableau tracé par le Seigneur et par ses apôtres? alors il est sûr que nous appartenons à la société des enfants de Dieu et que nous avons part à l’aspersion et à la purification du sang de Jésus-Christ.

4645. (8-10.) Mais vivre d’une vie sainte, ce n’est pas dire qu’on ait cessé d’avoir affaire avec le péché. Au contraire, quand nous prétendrions que nous n'avons plus de péché dans notre cœur, nous nous ferions la plus coupable des illusions , et nous ne sérions pas moins hors de la vérité que ceux qui s’estiment possesseurs de la lumière, tandis qu’ils marchent au sein des ténèbres. Si donc nous avons reçu Christ, nous n'hésiterons päs à nous reconnaître pécheurs, ét, nous approchant de lui avec le sentiment de notre misère, nous le trouverons toujours « fidèle et juste » pour nous procurer deux grâces qui se lient, et qui hous sont aussi nécessaires l’une que Pautre : le pardon de nos péchés et la purification de nos souillures, où en d’autres” termes, la Justification et la sanctification. La promessé du Seigneur est positive, et à moins de manquer à sa parole, par conséquent à la justice, il est tenu de l’accomplir.

4646, L’apôtre semble reprendre au verset 10, et dans les mêmes termes , l’idée du verset 8; mais il y a une différence à laquelle les traducteurs n'ont pas toujours fait droit. Dans le verset 8, Papôtre parle de ceux qui méconnaissent le péché demeurant en eux ; et, dans le verset 10, de ceux qui prétendraient n'avoir pas commis de péché ou n’en plus commettre maintenant, malgré le péché qui demeutedans leur cœur. Or si les premiers se séduisent eux-mêmes et si leur illusion même atteste que la vérité n’habite pas en eux (car si elle ÿ habitait, elle les éclairerait sur leur véritable état, Eph. 5 : 43) ; les seconds, plus coupables encore, font Dieu menteur, vu qu'ils donnent

3 L’AVOGAT DES FIDÈLES. CONNAÎTRE DIEU. 451 (HE Jean 2 : 1,2: 3-6.) un démenti formel à sa Parole {1 Rois, 8 : 46). Que dire, après cela, dés chrétiens qui estiment qu’on peut atteindre ici-bas la perfection? Pour défendre cette thèse, il faut, ou soutenir qu’on est parfait lors même qu'on a le péché dans le cœur, pourvu qu’on ne le commette pas, cé qui est soutenir que la convoitise n’est pas un péché (Rom. 7 : 7); où bien, qu’on peut arriver à une pureté intérieure telle, que les actes extérieurs du péché ne sauraient la ternir, comme si le corps pouvait pécher sans que l’âme pèche ; deux thèses qui ont été soutenues, iñais qui ne sont, ni l’une ni l’autre, selon la vérité de Dieu. 4647. (2 : 4, 2.) Et pourquoi ceci est-il écrit? C’est afin que nous ne péchions point. Se prétendre parfait, n’est pas le moyen de le devenir. Dans le Sentiment de nos péchés, plus nous croirons de cœur que Jésus-Christ nous a purifiés par son sang, plus nous éprouverons le besoin et le désir de faire mourir én nous l’homme terrestre. Cependant, quelles que soient notre vigilance ét nos prières, quelque persévérance que nous mettions dans nos efforts, et, bien que remportant habituellement la victoire, nous tomberons encore, notre conscience aura mille reproches à nous faire et Satan pourra toujours essayer de nous accuser devant Dieu. Mais nous avons un avocat, où un défenseur auprès du Père, savoir Jésus-Christ, le Saint et le Juste. « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce » (Héb. 4:16), en nous appuyant sur l’expiation que le Seigneur a faite de nos péchés ; éxpiation complète, éxpiation d’une valeur infinie, trésor de grâce que les transgressions du monde entier ne sauraient épuiser. Après avoir lavé les péchés d’un Jean, d’un Pierre, d’un Paul et des dèles de son temps, le sang de Jésus-Christ a lavé ceux des élus de tous les temps, ét il est capable de laver pareïillement les souillures des hommes, quels qu’ils soient, qui, d’ici à la fin des siècles, se convertiront à lui. Si donc, malgré tout notre travail, nous péchons encore chaque jour, nous he cessons pas, pour cela, de trouver auprès de lui la parfaite expiation qui nous-est nécessaire. Remarquez cépéndant que le Saint-Esprit ne dit pas: « Quand quelqu’un péchera ,» mais « Si quelqu'un a péché ; » c’est-à-dire qu'il y aurait un énorme abus de la grâce de Dieu, un odieux antinomianisme, à se proposer de pécher, en s’encourageant par la pensée qu'après s'être « vautré au bourbier » { Pierre 2 : 22), on ira se laver vers Jésus-Christ. 4648. (3-6.) En effet, tout ceci suppose la vraie foi, ou, pour parler avecJean, tout ceci suppose que nous connaissons Dieu. Or, connaitre Dieu et aimer Dieu, c’est ung seule et même chose ; on ne peut l’aimer

Page 1