A64 FOI, AMOUR, OBÉISSANCE
(KE Jean : 5 : 6-13.)
manifestations, mais sur lequel il est néanmoins facile de se faire des illusions, en prenant pour de l’amour ce qui ne serait que les élans de l’imagination ou les émotions stériles d’une vaine sensibilité. C’est pourquoi le Saint-Esprit nous donne ici comme preuve et contrôle de l’amour de Dieu et des frères, l'obéissance aux commandements du Seigneur. Il faut donc le redire, la question : Aimez-vous? revient à celle-ci : Obéissez-vous? Question foudroyante pour l’antinomien ; question pleine de consolation pour les chrétiens sincères. Quand ils sondent leur cœur, ils n’y voient pas ces ardeurs, ces transports, ces étreintes qui leur sembleraient devoir caractériser l’amour pour Dieu; mais ils peuvent y voir, ils y voient la résolution bien arrêtée de faire la volonté de Dieu et de régler leur vie sur son commandement. Gette règle ne leur paraît pas dure; et loin de se senti malheureux sous ce joug, ils ne voudraient pas n’y être point assujettis (Matth. 44 : 30). Pourquoi cela? Par la raison même qu'ils croient en Jésus-Christ. « Le monde, a dit un ancien, nous séduit par ses erreurs, par ses terreurs et par ses faveurs. » C’est l’amour du monde qui rend odieux et impossibles au pécheur non converti les commandements de Dieu, c’est ce qui reste en nous de cet amour dépravé, qui excite encore si souvent nos résistances et nos révoltes : la « convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie; » mais, après tout, si nous croyons, nous sommes victorieux du monde et l’obéissance à Dieu ne nous est point à charge.
4666. (6-13.) Tout vient tellement de la foi, soit notre amour pour Dieu et notre obéissance, scit aussi notre amour pour les frères et notre assurance devant Dieu, que l’Apôtre prend ce sujet à part, afin de le traiter avec une certaine ampleur. L'objet propre de la foi est Jésus, le Fils de Dieu, le Christ, qui a reçu l’eau du baptême à l’entrée de son ministère et qui a répandu son sang sur la croix au sortir de ce monde, nous ayant apporté, au moyen de l’eau et du sang, la purification et l’expiation. C’est ce dont rend témoignage le Saint- Esprit; en sorte que notre foi a pour fondement le témoignage de Dieu, le Père, la Parole et le Saint-Esprit; témoignage céleste, qui a son correspondant sur la terre, au moyen de Esprit, de l’eau et du sang. Il résulte de ce fait, que la certitude de la foi est supérieure à toute autre certitude morale; car si le témoignage des hommes est digne d’être reçu, celui de Dieu l’est bien plus encore. Il y a d’ailleurs dans la foi une réalité dont l’incrédule ne saurait avoir aucune idée, lui qui traite Dieu comme s’il était menteur. Par l'expérience