‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 246 sur 286 · TA CELUI QUI VIENT · texte numérisé non relu

TA CELUI QUI VIENT

(Apocalypse 1 : 4,5.) douze ou vingt? En avançant dans la lecture de l'hpouitiités vous verrez que le nombre sept y joue un rôle considérable. C'était, depuis la création du monde, un nombre sacré, et en même temps un nom bre qui marquait la plénitude et l’achèvement ; en sorte que sept noms d’Eglises peuvent signifier la totalité des Eglises.

4686. La salutation de l’apôtre ressemble d’ailleurs à celles des épitres de Paul, quant au vœu qu’il y exprime. C’est toujours la grâce et la paix, le principe et le fruit de la foi. Mais Celui de la part du quel il bénit les Eglises reçoit un nom que nous ne lui avions pas encore vu et qui est en rapport avec la nature prophétique du livre. Il est appelé le Qui est, et qui était, et qui vient (vraie traduction). Puis le Saint-Esprit, avec les grâces qu'il distribue, est nommé les Sept Esprits qui sont devant le trône de Dieu. Enfin, le nom de Jésus- Christ est accompagné d’épithètes qui ne présentent pas le Seigneur autrement que nous ne le connaissons par ses paroles et par celles des apôtres, mais qui ne laissent pas d’avoir ici quelque chose de nouveau et de frappant dans leur réunion.

4687. On pourrait croire au premier abord qu’en cet endroit comme ailleurs, l’Ecriture a voulu rendre témoignage au Père, au Fils et au Saint-Esprit (Matth. 28 : 19) ; mais, nulle part, que je sache, le Père ne nous est représenté comme Celui qui vient. C’est plutôt ainsi que le Christ était désigné par les prophètes, et à ce titre qu'on l’attendait, lors de sa première apparition. (Malachie 8 : 1 ; Jean #: 95; Luc 7 : 19). Nous avons vu que les apôtres, dans presque toutes leurs épîtres, nous parlent encore de lui comme de « Gelui qui vient » (Héb. 40 : 37); parce qu’en effet le retour du Seigneur est l’objet de notre foi maintenant, non moins que sa première venue. Si d’ailleurs vous comparez successivement le verset 11e de ce chapitre avec les versets 48 et 8, en revenant au verset 4, vous partagerez, je pense, la conviction où je suis, que Jean bénit les Eglises de la part de Celui qui asr de toute éternité dans le sein du Père, qui FuT pendant un temps sur la terre, et qui sErA bientôt visible dans sa gloire, car il vient. C’est donc de la part de Jésus, Fils de Dieu, qu’il les bénit. C’est ensuite de là part de l'Esprit, de cet Esprit de Christ qui répand abondamment sur les rachetés les richesses et la plénitude de ses grâces. Enfin, c’est de la part de Jésus en tant que Fils de l’homme, ou Médiateur, ou Ghrist; le ééimoin du Dieu vivant auprès de l'humanité, le fidèle administrateur des promesses de Dieu, le premier-né ou le chef de la famille des ressuscités, et bien plus réellement roi que tous

CANTIQUE DE L'ÉGLISE. INTRODUCTION. ATS (Apocalypse 1 : 5,6; 7, 8; 9.) les rois de la terre. En sorte que le vœu de l’Apôtre serait, dans sa forme même, une révélation de Jésus-Christ, comme tout le reste du livre ; une révélation, dis-je, de sa gloire, en tant que Dicu et homme tout ensemble. ME

A688. (5, 6.) Puis, se faisant le représentant des Eglises auxquelles il s’adressait, ou, pour mieux dire, de toute l'Eglise des élus, l’Apôtre célèbre par un cantique la gloire et le pouvoir de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Expression de la foi et de la reconnaissance des rachetés, ce cantique exalte amour du Sauveur et les fruits merveilleux de son sacrifice. C’est parce qu’il nous aime, qu’il a donné sa vie pour nous : c’est par l’effusion de son sang que nous avons le pardon de nos péchés et la purification de nos souillures. Ensuite, s’il est vrai qu’en sa qualité de Christ, il est Sacrificateur et Roi, il n’est pas moins vrai que, par notre union avec lui, nous devenons, à notre tour, rois et sacrificateurs à son Dieu et Père. J’exhorte ceux qui lisent ces lignes à y réfléchir. Croient-ils à l'amour de Jésus-Christ ét à lefficacité de son sacrifice? Se sont-ils approchés de lui pour être lavés dans son sang? C’est à cette seule condition qu’on peut, sans épouvante, sonder les mystères de l’Apocalypse et porter ses regards sur le dernier avénement du Seigneur.

4689. (7, 8.) « Voici, il vient avec les nuées (Matth. 26 : 64), et tout œil le verra, même ceux qui lont percé, et toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine à cause de lui, » C’est-à-dire que, lors de sa prochaine venue, le Seigneur ne recommencera pas une carrière terrestre semblable à la première. Il apparaîtra subitement dans la plénitude de la gloire céleste (Matth. 24 : 27), et il sera vu, non-seulement des siens, comme après sa résurrection, mais de ceux mêmes qui le crucifièrent. Jour de lamentation pour les incrédules de toutes les tribus de la terre; jour dont nul ne pourra fuir la redoutable clarté, ce que marque cette double affirmation : « Oui, amen. » — « Je suis l’alpha et l’oméga, commencement et fin, dit le Seigneur » par la bouche de Jean, après lavoir dit autrefois par Esaïe (Es. A : 4); et ce Seigneur, c’est « le Qui est, et qui était et qui vient. » — Tel est le magnifique préambule de l’Apocalypse : en voici maintenant l’iniroduction proprement dite.

4690. (9.) L'ile de Patmos, aujourd’hui Palmosa, est la plus septentrionale des Sporades, en face de Milet et par conséquent d’Ephèse. Jean, vieillard âgé de plus de quatre-vingt-dix ans, avait été jeté sur cette terre d’exil, dans la persécution dirigée contre les disciples

(Apocalypse 1 "40:)

de Jésus-Christ, par l’empereur Domitien. Au cruel Néron, le premier empereur qui ait trempé ses mains dans le sang des chrétiens, avait succédé, l’an 68, l’empereur Galba; à Galba, Othon, Vitellius et Vespasien, tous les trois en 69. Au moment où Vespasien fut proclamé empereur par ses soldats, il faisait la guerre contre les Juifs, avec son fils Tite [4224], et ce fut sous le commandement de celui-ci que les armes romaines accomplirent les jugements de Dieu contre la cité coupable qui avait rejeté le Seigneur (Luc 19 : 43, 44). C’est à ce Tite, prince d’ailleurs généreux, qu'avait succédé, l’an 81, son frère Domitien, surnommé le second Néron, à cause de ses mœurs sanguinaires. L’apôtre Jean, qui, selon la prophétie de son maître, avait survécu à la ruine de Jérusalem [3589], continuait d'annoncer la Parole de Dieu et de rendre témoignage à Jésus-Christ, lorsqu'il fut enveloppé dans lhorrible persécution qui sévit quelques années après. Admirablement épargné quant à sa vie, il s’était vu reléguer dans l’île sauvage de Patmos. C’est là qu’il attendait Jésus avec patience, se souvenant de sa croix et plein de foi en son règne, lorsque ce même Jésus lui révéla sa gloire, ainsi que nous allons le voir.

4691. (10.) C'était le jour qu’à cette époque déjà l’on distinguait en l'appelant le jour du Seigneur; le premier de la semaine, celui où les frères tenaient leurs assemblées par souvenir de la résurrection de Jésus-Christ, et que le Seigneur a voulu rendre toujours plus mémorable en le choisissant pour mettre le sceau à ses révélations. Car, depuis ce dimanche, il n’a plus fait entendre sa voix personnellement.

4692. « Je fus en esprit. » Par cette expression, qui a quelque obscurité, il faut entendre sans doute un état d’âme comme celui que Paul décrit dans la seconde aux Corinthiens (42 : 1-4). Bien qu’en pleine possession de ses facultés et de ses sens, notre saint vieillard vit et entendit une foule de choses qui n’avaient d'existence que dans son esprit et de réalité que dans la pensée du Seigneur. C’est-à-dire que les impressions sensibles dont il fut le sujet, avaient leur objet, non point au dehors de lui, mais dans sa propre âme, par la volonté et par la puissance de Dieu, qui lui révélait de grandes réalités sous ces apparentes hallucinations. Il y a donc ces deux points qu’il ne faut pas oublier en lisant l’Apocalypse : l’un, que les personnes et les choses avec lesquelles Jean fut mis en rapport, n’existèrent que dans son entendement; l’autre, que la présence de ces images dans son entendement, ne fut pas le produit d’un cerveau malade, mais l’effet de la puissance suprême du Seigneur, lequel était bien réellement là,

APPAPRITION DU SEIGNEUR. 4TT (Apocalypse 1 : 10,11; 12-16; 17, 18.) en Esprit et en personne, avec son bien-aimé disciple. À quoi j'ajoute que, même quant au Seigneur, les diverses apparences sous lesquelles ilse présenta dans ces visions, peuvent bien avoir été en effet de simples apparences. C’est ce qui est sûr tout au moins de lagneau qu’on voit immolé, au chapitre 5 : verset 6.

4693. (10, 11.) Il est difficile de savoir si l’apôtre dut écrire immédiatement ce qu'il voyait et entendait, ou s’il le fit seulement après que les visions eurent achevé leur cours. Cette dernière supposition me paraît la plus vraisemblable, et cela expliquerait certaines formes du récit que mes lecteurs remarqueront d'eux-mêmes à l’occasion. Mais il failut pour cela que le Saint-Esprit lui remit en mémoire ce qu'il avait vu et entendu, comme lorsqu'il rédigea son Evangile (Jean 14 : 26). L'ordre d’écrire ce qu’il voyait parvint à Jean quand il n'avait encore rien vu, et ce fut par une voix éclatante comme une trompette. La trompette servait aux Israélites pour annoncer le renouvellement du mois et les fêtes solennelles, pour inviter au combat et pour convoquer les assemblées du peuple. Telle est Apocalypse : une grande voix qui nous parle du renouvellement de toutes choses et des guerres de l’Eternel contre Satan; voix adressée aux assemblées ou aux Eglises, notamment à celles d’'Ephèse, de Smyrne, de Pergame, de Thyatire, de Sardes, de Philadelphie et de Laodicée. Ce sont les sept Eglises mentionnées plus haut, et le Seigneur les nomme dans l’ordre où elles se présentaient, à partir de Patmos.

4694. (42-16.) Le son de la trompette était arrivé de derrière; c’est pourquoi Jean (toujours en esprit) se retourna et vit alors celui qui venait de parler. Il s'était nommé l’alpha et loméga (première et dernière lettre de l’alphabet grec), le premier et le dernier, et, plus haut (8), le commencement et la fin. Avant que les choses visibles et les invisibles fussent créées, il existait et il leur donna l'être; toutes choses viendraient à cesser, qu’il subsisterait encore et c’est lui qui les aurait mises à néant. Voilà Celui qui apparut à Jean, au milieu de sept chandeliers d’or plus magnifiques sans doute que le superbe chandelier à sept branches qui avait cessé d'éclairer le temple de Jérusalem. Il était là, semblable à un fils d'homme; mais il y avait quelque chose de si effrayant dans son aspect, que le disciple bien-aimé ne sut y reconnaître l’ami doux et humble dans le sein duquel sa tête avait si souvent reposé. C’est que le Seigneur se montrait à ce moment tel qu’il sera quand il viendra pour juger le monde.

4695. (47, 48.) Or, bien que celui qui croit n’ait pas à redouter le

(Apocalypse 1H : 19, 20:)

jugement à venir, notre vieil apôtre était encore sur la terre, dans la lutte avec le péché. En présence de son juge, il eut peur; mais la main du Seigneur se posa sur lui, et une voix, qui sûrement n’était plus, comme la précédente, le son éclatant de la trompette, une voix pleine de charme et de puissance , dit à Jean: «Ne crains point! je suis le premier et le dernier, et celui qui vit, et j’ai été mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles, amen ; et j’ai les clefs du séjour de la mortet de la mort » elle-même. Sans m’arrêter sur des paroles que nous retrouverons bientôt, je ferai seulement observer que ces mots : «Ne crains point! » sont adressés à l'Eglise universelle des élus dans la personne de Jean, de même que cette Eglisé chantait avec lui le cantique (5, 6). Placés en tête de l’Apocalypse, ils nous disent que si la plupart des visions renfermées dans ce livre sont effrayantes, elles ne le sont pas du moins pour ceux qui, par une foi semblable à celle de Jean, appartiennent à Jésus-Christ.

4696. (19, 20.) L'ordre d'écrire est répété, sous une forme dans laquelle on croit voir la division fondamentale de tout le livre. « Ecris les choses que tu as vues ;» c’est-à-dire, pense-t-on, la vision qui vient de nous occuper; puis «les choses qui sont, » c’est-à-dire, l’état des sept Eglises et les avertissements que le Seigneur va leur faire adresser; enfin « celles qui doivent arriver après celles-ci, » c’est-à-dire les visions et les prophétiés qui commencent au chapitre 4 et qui remplissent la fin du livre. Mais ces choses seront exposées en «mystère, » comme les sept étoiles que l’apôtre avait vues sur la main droite du Seigneur. Gela signifie que la vision n’aura pas pour objet sensible les choses mêmes qui en seront les objets réels selon la pensée de Dieu, mais seulement leurs images, ou des emblèmes et des symboles qui les représenteront d’une manière plus ou moins mystérieuse, cachée, enveloppée. Comment pourrait-il en être autrement, quand il s’agit de raconter l’avenir, c’est-à-dire des événements, des personnages, des désordres, des luttes, des défaites et des victoires qui n’existent pas encore? Même lorsqu'il s'agira de réalités actuelles, le Seigneur les fera voir à Jean sous des emblèmes : ainsi les sept Eglises à plus forte raison le fera-t-il pour celles qui n’étaient pas alors existantes, Ce n’est pas tout; les sept étoiles, par exemple, que Jean avait vues sur la main du Fils de l’homme, n'étaient pas sept étoiles véritables; quoi de plus évident! mais sept étoiles telles qu’elles apparaissent dans le firmament. Ces étoiles «étaient, » c’est-à-dire représentaient les anges des Eglises où l’ensemble de leurs conducteurs spirituels,

LES SEPT ÉPIÎTRES. 479 (Apocalypse 1 : 19, 20.) désignés sous ce nom symbolique, non-seulement selon l’usage de la Synagogue [3988], mais encore parce que les anciens et les ministres doivent être, dans les Eglises, comme des anges ou des messagers de Dieu. Quant aux Eglises elles-mêmes, elles avaient leur symbole dans les sept chandeliers; ear toute Eglise, comme tout fidèle, est une lampe allumée, qui doit être mise sur le chandelier, pour éclairer tout autour (Matth. 5 : 45). L 4697. Relisez maintenant ce premier chapitre, et vous verrez qw’il est bien réellement une révélation de Jésus-Christ; de Jésus-Christ, Dieu et homme tout à la fois; de Jésus-Christ, sauveur de nos âmes et chef de l'Eglise ; de Jésus-Christ, vivant au siècle des siècles et nous annonçant son retour pour juger le monde. Relisez en particulier le verset 9, et demandez-vous si, «participant de la tribulation, du royaume et de l’attente patiente de Jésus-Christ,» vous pouvez vous compter parmi ceux dont le bienheureux apôtre se disait le frère. Savez-vous ce que c’est que souffrir quelque chose pour le nom de Christ? Avez-vous saisi par la foi son royaume inébranlable ? (Héb. 12 : 28.) Attendez-vous avec patience et persévérance la manifestation de sa gloire? H n’est pas, dans la Bible, de livre qui soit plus propre que l’Apocalypse à nous instruire de notre véritable état devant Dieu, ainsi que vous le verrez par la suite de ces Etudes.

CCCXLVII. — Les sept Épiîtres de Jésus-Christ.

4698. Nous avons eu quatorze épîtres de Paul, deux de Pierre, une de Jacques, une de Jude et trois de Jean; ici, nous en avons sept de Jésus-Christ lui-même. Elles diffèrent des précédentes comme la parole du roi diffère de celle de ses ambassadeurs, même quand ils ne font que transmettre les instructions de leur maître. Il y a beaucoup d'autorité dans les écrits inspirés à Paul et à ses collègues ; mais il y en a bien davantage, et cela se comprend , dans les déclarations et les exhortations sorties de la bouche même du Seigneur (Matth. 7 : 29). :

4699. Les sept épitres se ressemblent extrèmement par la forme. Elles peuvent toutes se diviser en cinq parties. D'abord, une introduction , dans laquelle le Seigneur se caractérise ou se qualifie de diverses façons, mais toujours d’une manière très significative. Puis, le tableau de l'état spirituel de chaque Eglise. En troisième lieu, un discours contenant, suivant les cas, des éloges, des réprimandes, des

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