L’APOSTOLAT DE PAUL. | AA
(&Galates 1 : 11-24. 2 : 1-10.)
avait appelées au salut. On avait dû leur dire que Paul n’était qu’un apôtre du second ordre, puisqu'il n’avait pas vécu, comme les autres, avec le Seigneur; que si, en leur prêchant l'Evangile, il ne leur avait jamais parlé de circoncision, ce n’était pas étonnant de la part de quelqu'un qui, extrême en tout, s’affranchissait des obligations de la loi, bien que les frères de Jérusalem n’eussent pas cessé de s’y montrer obéissants. On ne manquait pas, après cela, de le mettre en contradiction avec lui-même, parce qu’il avait fait circoncire Timothée, et en opposition directe avec Pierre, parce qu’il lui avait une fois résisté tout ouvertement. Cela expliquerait pourquoi Paul commence son épiître par quelques faits de sa propre histoire. Il dit que s’il n’a pas vécu avec le Seigneur, il l’a vu néanmoins et qu’il a appris de lui directement la doctrine du salut; qu’après avoir été zélé plus que personne pour le judaïsme et, par ce zèle même, persécuteur à outrance de l'Eglise, Christ lui fut révélé par un effet de la grâce éternelle de Dieu ; qu’appelé dès ce moment à prêcher la bonne Nouvelle aux nations, il se mit à l’œuvre sans consulter aucun homme; qu’au bout d’un certain temps néanmoins, il vit Pierre et Jacques, desquels il fut reçu en frère, et que les assemblées de la Judée, encore qu’elles ne le connussent pas de visage, glorifiaient Dieu pour la grâce qui lui avait été faite. À cette époque done, il y avait accord entre lui et tous les disciples, preuve qu’alors du moins il professait l'Evangile même qu'ils avaient tous reçu.
3892. Lorsque, plusieurs années ensuite, et la quatrième fois depuis sa conversion, mais après un long séjour parmi les gentils, il revint à Jérusalem, poussé par une révélation divine, il exposa devant les frères les plus considérés la doctrine qu’il avait prêchée partout, et il savait bien en le faisant qu’il ne serait désavoué par aucun d’eux. Quelques faux frères, il est vrai, s’étant furtivement introduits dans l'Eglise et ne comprenant rien à la liberté évangélique, voulaient contraindre Paul à circoncire Tite ; mais précisément parce qu’on l’exigeait et qu’on en faisait une condition de salut, il s’y était refusé catégoriquement, voulant par là maintenir intacte la bonne Nouvelle annoncée aux païens; or 1l va sans dire qu’il ne fut point blâmé par ceux qui auraient eu vocation à le faire, s’il eùt été dans l'erreur. L’Apôtre, cependant, tient à rappeler que son ministère était parfaitement indépendant de celui des autres envoyés de Jésus, ce qui imprinait d'autant plus de force au témoignage de tous. Tenant, eux et lui, directement du Seigneur leur mission, quelle joie et quel affer-
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