‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 26 sur 286 · PAUL ET PIERRE À ANTIOCHE · texte numérisé non relu

PAUL ET PIERRE À ANTIOCHE

(Galates 2 : 11-14.)

missement de foi pour eux, comme pour nous, de voir qu’un seul ét même Esprit leur avait été donné; que si les uns avaient pour mandat spécial d’annoncer l'Evangile aux Juifs et d’autres aux nations, il n’y avait pas toutefois deux évangiles! Aussi, avec quel empressement ne se tendirent-ils pas la main d’association ! Il fut d’ailleurs reconnu que Dieu ne faisait aucune différence éntre païens et Juifs convertis, et que tous possédaient le même droit au salut; mais que pourtant les pauvres de la Judée avaient des titres particuliers aux assistances pécuniaires des Eglises, puisqu'ils avaient souffert les premiers pour l'Evangile et plus qué beaucoup d’autres. Ce détail est touchant : c’est Le seul point peut-être sur lequel Paul aürait eu qüelque différence d'opinion avec ses collègues, mais encoré tombèrent-ils bientôt d’accord là-dessus. Il n’est pas moins intéressant de remärquer le témoignage qu'il rend occasionnellement au ministère de Pierre et de Jean, mais avant tous, de Jacques, l’ancien de Jérusalem, car le frère de Jean était mort à cette époque (Actes 12); par où l’on voit combien Paul était éloigné de vouloir rabaïsser ceux qui avaient été appelés au service du Seigneur avant lui.

3893. (11-14.) Il y eut un moment, toutefois, où l’on eût pu croire qu’il existait quelque divergence d’opinions entre Paul et lés autres envoyés, notamment entre Paul et Pierre. Celui-ci se trouvant en séjout à Antioche, n’avait fait aucune difficulté de vivre familièrement avec les frères incirconcis. Il les tenait pour héritiers du salut aussi bien que les Juifs qui avaient cru, et comment aurait-il pu voir la chose autremefit, lui qui avait baptisé Corneille, l’iñcirconcis? Mais quelques Juifs, en mission de la part de Jacques, étant arrivés de Jérusalem à Antioche, eurent la faiblesse de se scandaliser d’une telle conduite, et Pierre eut à son tour la faiblesse non moins grande de éondescendre à leurs préjugés, lorsqu'il aurait fallu plutôt les braver sans crainte, dans l’intérêt dé la vérité et par amour pour eux. En agissant comme il le fit, ne tendait-il pas uñ piége à certains frères juifs, qui pouvaient s’ancrer ainsi dans la fausse idée que la difrérence religieuse entre circoncis et incirconcis subsistait encore? Si Pierre eût changé de mode de vivre par l'effet d’un changement dans ses convictions, il eùt été moins coupable ; mais sa conduite était empreinte de ce gente d’hypocrisie qui consiste à dissimuler ses vrais sentiments, par crainte des hommes [3193]; et, preuve du danger qu’offrait un tel exemple, voyez Barnabas qui fut lui-même entraîné à feindre. C’est pourquoi Paul dut reprendre Pierre, lui résister pü-

ARGUMENTATION. 43 (Galates 2 : 15-18.)

bliquement en face, bien que Pierre fût son aîné dans la foi, comme dans là vie. Mais sûr quoi porta la censure Ÿ Sur ce que Pierre abandonnait la saine doctrine ? Nullement. L’accord demeurait complet en ce point. L’erreur momentanée de Pierre fut une simple erreur de pratique, ce que montrent clairement les observations de son collègue. «Quoi! dit-il à Pierre, tu es dans là conviction que Dieu ne mét pas de différence eñtre les nations etnous, Juifs ; en conséquence, depuis que tu es à Antioche, tu n’as fait aucune difficulté de vivre avec eux, bien qu'ils ñe suivent pas les observances de la loi; et maintenant, tu lés traites comme s'ils étaient encore étrangers au peuple de Dieu et aux promessées de l’alliance ! Mais c’est dire, contre tes vraies intentions et contre tes propres äctes, qu’ils sont dans l'obligation de se faire Juifs! » Tel est le premier argument de l’Apôtre : les suivants sont plus dogmatiques.

3894. (15-18.) C’est ici proprement que commence l’argumentation. Les raisonnements s’y pressent avec une telle abondance et une telle concision, que le sens ñ’en est pas toujours facile à déterminer. D’abord, mais cela importe peu, l’on ne voit pas très bien si l'Apôtre continue le récit de son entretien avec Pierre, ou s’il s’adresse dès ce moment aux Galatés. Peut-être fait-il les deux choses à la fois; c’està-dire qu'il glisse de l'argument qu’il présenta jadis à son collègue pour lui faire honte de soû inconséquentce, à ceux par lesquels il voulait faire sentir aux Galates la leur. Quoi qu’il en soit, voici la substance de sa peñsée. En se convertissant à Jésus-Christ, les Juifs déclarent qu’ils ne sauraient être justifiés par l’observation de la loi; . mais s’ils ne le peuvent, lés païensle peuvent bien moins encore : par conséquent, nulle chair, nul homme au monde, ne peut être justifié par l’obéissance à une loi quelconque. Or, continue-t-il (et voici où le raisonnement devient diflicilé à suivre), si, après avoir cherché en Christ notre justice (Actes 48 : 39), nous avions encore besoin des observances de la loi pour être sauvés, ce serait üne preuve que nous serions encore dans nos péchés. Mais si nous sommes encore pécheurs, dépourvus de justice, même après avoir cru, quel service Jésus-Christ nous a-t-il rendu? Se pourrait-il qu’il nous laissät dans la condition du péché? Impossible, dit PApôtre, car ce serait reconstruiré ce qui a été détruit, et, si je le faisais, moi qui me suis employé à la démolition de la propre justice, je me constituerais transgresseur dü commandement de Dieu, ou plutôt je demeurerais chargé de mes transgressions, tout en me réclamant de Jésus-Christ, Voilà

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