CANTIQUE DES ANGES
(Apocalypse 5 : 11-14.) de Dieu dans l’œuvre de la Rédemption. Jésus-Christ a versé son sang pour l’expiation de nos péchés; il s’est acquis ainsi nos personnes, afin de les présenter à Dieu; il nous a faits rois et sacrificateurs pour la plus grande gloire de Celui qui l’a envoyé et pour que nous lui rendions un vrai culte; enfin, c’est par lui et avec lui que nous régnerons sur la terre où la justice habite (2 Pierre 3 : 43) : tel est le cantique des rachetés. Le chanteront-ils en ces mêmes termes, au jour de leur rassemblement? Je lignore; mais ce qu'il y a de sûr, c’est que ce cantique de JEglise glorifiée est le même au fond que le cantique de l'Eglise ici- -bas. La vie éternelle, ses occupations et ses joies ne sauraient être essentiellement difétentes de la vie actuelle; c’est
Jurquoi, chanter maintenant toute espèce de chansons, et roi
bang: à Celui | qui nous a lavés par son sang, ce n’est pas se pré-
parer aux cantiques de l’éternité. Mais, pour célébrer les louanges de Agneau, il faut avoir senti ses péchés, Les avoir portés au pied de la croix, en avoir reçu le pardon et vivre sous la conduite du Saint-Esprit. En est-il ainsi de vous, mes chers lecteurs ?
4727, (11-14.) Ce n’est pas assez que la gloire du Seigneur soit célébrée par ses rachetés. Il faut encore que toutes les intelligences célestes l’adorent (Hébr. 4 : 7). Aussi l’Apôtre entendit-il, à cemoment, la voix d’anges innombrables qu’il n’avait pas encore vus, semble-t-il, et qui entouraient de leurs phalanges serrées, et le trône, et les quatre êtres vivants, et les anciens. Or, de quoi louent-ils le Seigneur, ces anges? de ce qu’il a été égorgé. Toutefois ce n’a pas été pour eux. Mais c’est en la mort de Jésus-Christ qu'ils ont appris à connaître l’immense miséricorde de l’Eternel et que leur amour pour nous leur a donné tant de saintes joies (Luc 15 : 10). En quoi d’ailleurs font-ils consister la gloire du Seigneur? En sept choses qui composent la perfection suprême : puissance, richesse, sagesse, force, honneur, gloire et bénédiction. Puis, vient une voix qui, semblant partir de la création tout entière, glorifie à son tour Celui qui, après avoir été tel qu’un agneau égorgé, s’est assis sur le trône; car la création elle-même doit participer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu (Rom. 8 : 21). A la fin de ce cantique , qui est le sixième de l’Apocalypse, les quatre êtres vivants, dont la voix s'était fait entendre la première dans le concert céleste, dirent tous ensemble : Amen ! et les vingt-quatre anciens se prosternèrent et adorèrent Celui qui est vivant au siècle des siècles.
4728. Quel sublime spectacle! Ce fut ainsi que le Seigneur prépara
OUVERTURE DES SCEAUX. 495 (Apocalypse G : 1-8.) son disciple aux prophéties contenues dans le livre scellé de sept sceaux. Ces prophéties, vous allez le voir, devaient annoncer les jugements de Dieu sur le monde ; or, la vision des magnificences du ciel, avant l’ouverture des sceaux, était destinée à montrer deux choses : la première, que les jugements de Dieu sur le monde se rattachent à la gloire future de notre Seigneur; la seconde, que l'Eglise des élus de Dieu n’a rien à redouter de la colère divine, et que, dans tous les cas, il y a pour elle un lieu de süreté.
4729. (6 : 1-8.) Il existe entre les quatre premiers. sceaux des ressemblances qui ne sauraient échapper à personne. Au moment où chacun d’eux se rompt, l’Apôtre en est averti par un des quatre êtres vivants, qui lui dit : « Viens et vois; » et ce qu'il voit, c’est successivement quatre chevaux montés par quatre cavaliers. Le premier est. a un conquérant, c’est de toute évidence; le second, un homme qui promène partout le fléau de la guerre; le troisième y apporte la famine ; le quatrième, appelé la mort, estle roi de tous les fléaux réunis. Quand on voit le nom qui est donné à ce quatrième cavalier et le nom de son sinistre écuyer, on ne peut douter qu’il ne soit, ainsi que ses prédécesseurs, une figure purement symbolique. Puis, si lon relit la prophétie du mont des Oliviers, prophétie qui contient en germe toute P'Apocalypse [3370-3375], on ne peut douter que nous n’ayons ici, sous forme de vision et en hiéroglyphes, ce que nous lisons là sous forme d’exposition et en toutes lettres (Luc 24 : 9-14). Maintenant, la prophétie s’est-elle accomplie une seule fois, ou Paccomplissement s'en est-il reproduit de siècle en siècle et généralement dans ce même ordre? C’est une question que je voudrais pouvoir approfondir.
4730. Mais j’éprouve ici un embarras que je ne saurais dissimuler. J’ai bien des lecteurs, je le suppose, qui ne connaissent guère l’histoire du monde que par ce qui nous en est raconté dans l’Ancien Testament. C’est pour eux surtout que je me plais à écrire ces Etudes, et s’ils ont pu me suivre jusqu'ici, je ne voudrais pas me lancer tout à coup dans des dévelopnements historiques qui dépasseraient leur portée. Je l’éviterai donc le plus qu’il me sera possible. Pour cela, je me garderai d’entasser des noms propres et des dates. Mes explications en demeureront fort incomplètes ; mais je tâcherai du moins de n’omettre rien de ce qui va directement à l’édification.
4731. Nous savons par l'Ancien Testament que, depuis le temps de Daniel, quatre monarchies, y compris celle de Nébucadnetzar, devaient se succéder dans une partie du globe qu’on est convenu d’appeler la
(Apocalypse 6G : 9-11.) terre prophétique ; et j’ai dit, avant de commencer l’étude des Evangiles, comment cette prophétie s’est réalisée de point en point. Aux Assyriens succédèrent les Perses de Cyrus, aux Perses les Grecs ou Macédoniens d’Alexandre le Grand, et à ceux-ci les Romains. La Judée faisait partie du quatrième empire, lorsque Jésus-Christ naquit à Bethléhem, sous le règne de César-Auguste, et ce fut sous Tibère, son successeur, qu'il souffrit le supplice de la croix. Par là déjà, la quatrième monarchie est de beaucoup la plus considérable. Dans le livre des Actes, j’ai eu l’occasion de nommer les empereurs Caligula, Claude et surtout Néron, qui exerça la première persécution contre les chrétiens et fit entre autres mourir les apôtres Paul et Pierre. . Après Néron, ai-je dit il n’y a pas longtemps, régnèrent successivement Galba, Othon, Vitellius, Vespasien et Tite, sous lequel on avait vu, l’an 70, un des jours du Fils de l’homme, dans la destruction de Jérusalem [3273]. J'ai dit de plus que Tite avait été remplacé par Domitien et que celui-ci était encore sur le trône lorsque Jean eut les visions de Patmos. Maintenant, ce qui sembie naturel, c’est de s’informer sil y eut peu de temps après, dans l’empire romain, appelé la terre parce qu'il occupait alors toute la terre prophétique, une suite d'événements qui puissent avoir été figurés par les quatre cavaliers. En effet, et sans dire que, prévus également dé Dieu, des événements tout semblables n’aient pu se reproduire en d’autres temps et ne doivent pas se reproduire encore avant la fin du monde, il se trouve que, durant deux cents ans environ, à partir de Domitien, et sous trente-huit empereurs, il y eut d’abord une période de grandes conquêtes, puis d’horribles guerres civiles, après cela de grandes chertés, et, sur la fin de la période , un tel concours de maux, que l'empire semblait menacé d’une prochaine destruction. Aïnsi passèrent l’un après l’autre les chevaux blanc, roux, noir et livide, le cheval ayant d’ailleurs été l’emblème bien connu de l’empire romain comme l’ours, par exemple, est celui de Berne, et le coq, celui des Gaulois. | 4732. Les objets que l’ouverture du cinquième et du sixième sceau révèle aux yeux de Jean, sont d’une nature tout autre, et vous les retrouverez sans peine, comme sans étonnement, dans la prophétie du mont des Oliviers. Ici, nous voyons à l’intérieur du temple de Dieu et sous son autel, les âmes de ceux qui durent donner leur vie pour la cause de l'Evangile (9-11); puis, une immense commotion qui bouleverse le ciel et la terre, qui jette la terreur dans tous les rangs de la
LES SCEAUX OUVERTS. 497 (Apocalypse G: 9-11; 12-17.) société et qui a pour effet définitif la gloire de Agneau, juge des vivants et des morts (12-17).
4133. (6 : 9-11.) Depuis le cruel Néron, les disciples du Crucifié avaient essuyé de fréquentes persécutions, ce qui a fait dire que, durant les trois premiers siècles, l'Eglise avait eu pour semence le sang des martyrs. Mais la plus terrible et la plus longue fut celle de l’empereur Dioclétien, l’an 303. Elle fut poussée avec une telle fureur qu’au bout de dix ans on fit frapper une médaille qui devait consacrer à perpétuité l’éclatante destruction du nom chrétien. Cette époque est généralement appelée l'ère des martyrs, et la plupart des commentateurs estiment, avec raison je pense, qu’elle est spécialement prophétisée (mais non pas exclusivement , à mon avis), sous lès emblèmes que la rupture du cinquième sceau avait offerts aux regards de Jean. Ce sont bien des emblèmes , vus en esprit, et non des êtres réels; car on ne saurait voir des âmes, encore moins les voir vêtues de longues robes blanches, ni surtout voir les âmes d'individus qui n'étaient pas encore nés.
4134. (42-17.) Le tableau du sixième sceau est donc aussi un tableau symbolique. Or, quand on rencontre ces mêmes images dans Esaïe (13 : 10), à l’occasion de la révolution politique qui plaça le grand Cyrus, restaurateur du peuple d'Israël, sur le trône du persécuteur Nébucadnetzar, on admet sans pee l'interprétation qui voit ici immense révolution politique et religieuse dont l'empire romain fut le théâtre, peu d’années après la persécution de Dioclétien. Constantin, plus illustre par ses victoires et par l’habileté de son administration que par sa piété, se déclara publiquement pour le christianisme; non content de mettre un terme aux souffrances des chrétiens, il fit de leur religion la religion dominante, et il sembla aux païens que la terre allait s’entr’ouvrir sous leurs pas, pour venger le sang des disciples de Jésus-Christ.
4733. J'admets donc sens difficulté le sens que je viens d’assigner au cinquième et au sixième sceau, après tant d’interprètes respectables. Mais, selon le système que j’ai suivi dans tout le cours de ces Etudes et auquel je m’attache toujours plus, 11 me semble impossible que cette explication épuise entièrement la prophétie. Elle dit sans doute ce que nous venons de voir, et combien la prescience du Seigneur n’V est-elle pas admirable! mais elle dit plus encore. De même que les quatre premiers sceaux sont une figure des événements du monde extérieur, notamment de la quatrième monarchie, à peu près