LA FEMME ET LE DRAGON
(Apocalypse 11:18; 19. 12: 1,92.) tions se sont émues de colère ; et ta colère est venue, et le temps de juger les morts et de donner le salaire à tes esclaves les prophètes, et aux saints, et à ceux qui craignent ton nom, aux petits et aux grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre » (18). Par où vous voyez que la septième trompette nous transporte au jour du jugement, Jour de la délivrance finale des élus, mais jour particulièrement terrible pour les ennemis de Dieu. Cependant, nous n’avons ici que l'annonce de cette dernière catastrophe. La description détaillée en viendra plus tard ; car les visions relatives aux luttes de l’Eglise ne sont pas achevées.
CCCL. — La femme; le dragon et les deux bêtes; victoire de l'Agneau.
4787. (19; 42.) De l’aveu de tous, le chapitre 12 est un des plus difficiles quand on veut entrer dans une explication trop minutieuse des détails. La prophétie y rétrograde manifestement; car la dernière trompette (41 : 15) nous a ouvert une ère pendant laquelle il ne saurait y avoir place pour les événements de cette vision. Comparez d’ailleurs le verset 6 de notre chapitre avec les versets 9 ou 3 du précédent ; voyez de plus, au verset 14, ces trois temps et demi qui rappellent si évidemment la période prophétique de Daniel 7 : 25; 42: 7, et vous vous convaincrez qu'il s’agit au fond des mêmes faits dans les deux chapitres. Après comme avant le son guerrier de la septième trompette, le Seigneur a voulu prévenir son peuple des malheurs qui l'attendaient , mais non sans y ajouter des paroles d’encouragement, La prophétie des deux témoins avait donc introduit l'Eglise sur la scène des visions qui se rapportaient essentiellement à l’empire romain, quatrième monarchie de Daniel; la vision de la femme et du dragon reprend cette prophétie sous de nouvelles images et en la complétant : la femme correspond au temple de Dieu et à la ville sainte du chapitre 44, et le dragon, à la bête qui monte de l’abîime.
4758. (1, 2.) Deux passages entre autres, l’un des E Evangiles, l'autre de l’épitre aux Galates, me paraissent jeter un grand jour sur les principaux emblèmes dé la vision (Jean 46 : 21, 29; Gal. 4 : 19). La femme que notre apôtre vit en travail d’enfantement , est l’image de l'Eglise vivante et fidèle; de cette Eglise qui est pour ainsi dire une continuation de Jédus Christ (Eph 1 : 93), et qui, depuis la Pentecôte jusqu’à nos jours, souffre et combat, afin d’amener des enfants à la gloire (Héb. 2: 10). Elle a pour vêtement magnifique Christ lui-même,
*LA FEMME ET LE DRAGON. 011 (Apocalypse 12 : 3, 4;5,6; 7-10.) lé soleil de la justice (Gal. 3 : 27) : elle est supérieure à tout ce qui est changeant , variable, comme à toute lumière et à toute autorité empruntée; sa tête a pour couronne douze étoiles, savoir les douze ‘anges par excellence de l'Eglise ou les douze apôtres.
4759. (3, 4.) Le grand dragon roux qui a sept têtes et dix cornes, et sur ces têtes sept diadèmes, est l’emblème incontestable de celui qui égare toute la terre et que l’Ecriture nomme le Satan ou le diable, car cela nous est dit au verset 9. Mais c’est Satan monarque, monarque puissant et multiple; et, bien qu'il n’y ait pas identité parfaite entre ce monstre et la quatrième bête de Daniel, puisque celle-ci n’avait qu’une tête (Dan. 7 : 7), ses dix cornes suffisent pour la faire reconnaître : 1l n’y a pas besoin qu’on nous dise, ce qui est vrai, que, deux cents ans après lPApocalypse, les empereurs romains faisaient porter devant le front de leurs armées une figure de dragon revêtue de pourpre. Ceci donc est l’empire romain dans son antagonisme contre l'Eglise de Dieu. A toutes les époques , le pouvoir politique fit à l'Eglise tout le mal qu’il est permis à Satan de lui faire; car on ne sait ce qui lui fut le plus funeste, des persécutions de empire pâien ou de la protection de l’empire devenu chrétien. Si la persécution tenta d’étouffer la voix des docteurs fidèles et si elle y réussit quelquefois, la protection parvint toujours à les corrompre, et c’est là peut-être ce que signifie le verset 4.
4760. (5, 6.) Dès les premiers jours, Satan a voulu ruiner l’œuvre du Seigneur (Luc 22 : 31 ; Act. 5 : 3; 1 Thess. 2: 18 ; 2 Cor. 11 : 14; À Tim. 5: 15). Toutefois, 1l n’a pu empêcher l’enfantement du peuple qui, en Christ, doit paitre toutes les nations avec une verge de fer (2: 26, 27). Cet enfant , ce fils, né de la femme, me paraît donc être le peuple de Dieu, tel qu'il se forme par le Saint-Esprit dans le sein de l'Eglise; en sorte que, soit la femme, soit son fils, seraient l'Eglise, mais l’Eglise envisagée sous deux aspects différents. La femme, c’est l'Eglise dépositaire de la vérité et propageant l'Evangile, l’Eglise missionnaire dès les temps des apôtres jusqu’à nos jours; l'enfant, c’est l'Eglise recevant la vérité, embrassant l'Evangile : ce sont les âmes converties une à une et sauvées par la foi. Ges âmes ont leur refuge vers Dieu et il les recueille dans son sein, en dépit du dragon, de ses assauts et de ses victoires. L'Eglise fidèle et faisant œuvre, est ici-bas dans un véritable désert ; mais elle y est nourrie par l'Eternel, comme : Israël , après la sortie d'Eg gypte; comme Elie fuyant loin de Jésabel.
4761. (7-10.) Après cela, Jean eut devant les yeux de son esprit un