L’AGNEAU ET LES 444 MILLIERS
(Apocalypse 14: 1-5.)
et par défection, est précisément le mot apostaste. De plus, l'Eglise du pape s'appelle elle-même l'Eglise Romaine, et tout le culte de cette Eglise se célèbre en latin, comme c’est en latin que le pape s’adresse aujourd’hui même aux peuples qui acceptent ses lois. Mais il y a d’autres noms dont les lettres réunies forment le nombre 666, et peut-être le dernier antichrist est-il destiné à réaliser cette prophétie d’une manière encore plus frappante, ainsi que la vision tout entière contenue en ce chapitre.
4774. (14 : 1-5.) Le Seigneur, cependant, ne pouvait laisser son vieux disciple sous les douloureuses impressions qu’avaient dû lui causer la vision de la femme poursuivie par le dragon et celle des deux bêtes liguées contre Dieu et contre les saints. Déjà sans doute il lui avait été dit que le dragon ne serait pas, en définitive, le plus fort (42 : 7-12), et il avait pu comprendre que la bête recevrait un jour sa rétribution (13 : 10); mais il fallait quelque chose de plus pour la consolation de l’apôtre et de ses frères. Il vit donc l’Agneau qui se tenait sur la montagne de Sion, à l’abri de toute atteinte de l’ennemi. Il avait avec lui ses rachetés au nombre de 144,000 {douze fois douze, multipliés par mille), les mêmes assurément que nous avons vus après l’ouverture du sixième sceau (7 : 4-8), représentation emblématique de l'Eglise vivante, comme les témoins du chapitre 114 et la femme du chapitre 42. Ils ont, écrit sur leur front, le nom du Père de notre Seigneur Jésus-Christ, en signe qu'ils lui appartiennent (8 : 12), de même que les sectateurs de la bête ont reçu à la main ou au front l'empreinte de leur servitude (43 : 16). Voici donc les saints du Souverain (Dan. 7 : 27). Du lieu où ils sont, l’atend venir une voix comme de grandes eaux et comme de grands tonnerres; mais cette fois, c’est la voix retentissante d’un chœur immense qui fait vibrer les cordes de cent quarante-quatre mille harpes. Le cantique qui est chanté, c’est le cantique excellent et toujours nouveau des anciens prophètes (Ps. 33 : 2, 3; 96: 1; 98: 1-3; Esaie 24 : 16; 42 : 10-12) : nul ne peut ue s’il a été acheté à grand prix par le sang de l’Agneau (5 : 9, 10; 7 : 40).
4772. L’idolâtrie étant partout représentée dans la Bible sous Pimage de l’adultère et de la prostitution, on conçoit que les élus du Seigneur soient caractérisés par l’horreur qu’ils eurent toujours pour cette af- : freuse dégradation morale, surtout après une vision dans laquelle Pidotrie nous a été indiquée comme le grand crime de la bête et de ses adhérents, Mais au lieu de s’adonner au culte des saints et des anges,
L'ÉVANGILE ÉTERNEL. CHUTE DE BABYLONE. 519 (Apocalypse 14: 6,7; 8.)
les rachetés de Jésus-Christ ne veulent suivre que lui et ils le suivent où qu'il les mène, par la raison précisément qu’il se les est acquis. Fruit précieux de la mort du Sauveur (Jean 42 : 24), fruit consacré, comme létaient, sous la loi, les prémices (Exode 23 : 19), ils sont conduits par l'Esprit de vérité et ils sont entièrement lavés de leurs souillures par le sang de Jésus. Ainsi donc, si grande que soit la puissance de la bête, elle ne saurait prévaloir contre la foi simple, mais ferme, de ceux que le Père a marqués de son sceau [4654].
4773. (14: 6, 7.) Un ange différent de celui qui avait sonné la septième trompette parut alors par le milieu du ciel, portant l'Evangile éternel à ceux qui habitent sur la terre. L’Evangile, c’est la Bonne Nouvelle ou la Parole éternelle du salut éternel, Parole qui n’a jamais cessé d’être plus ou moins clairement prêchée, nonobstant les fureurs de la bête. Mais ce fut à l’époque de la Réformation surtout que cette prophétie commença de se réaliser. La Bible, traduite dans les diverses langues de la terre prophétique, redevint en peu d’années le patrimoine des peuples de l’Europe; elle sembla même, pendant un certain temps, dissiper les ténèbres des portions de l’ancien empire romain où la bête à deux cornes-exerçait le plus d'influence, et ce que les réformateurs ne cessaient de crier à tout le monde, c'était: « Craignez Dieu, » et non le pape ou empereur; «donnez-lui gloire, » et non aux hommes qui sont tous menteurs et incapables de sauver; et plutôt que de vous prosterner devant l’œuvre de vos mains, « adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources des eaux!» Enfin, comme Jean-Baptiste, ils invitaient leurs auditeurs à se convertir, parce que l'heure du jugement de Dieu était : venue. Cette voix solennelle, ce n’était que l’écho affaibli d la voix du Tout-Puissant, s’est fait entendre de nouveau ie Le depuis la Réforme et de grands réveils religieux se sont opérés par là, surtout depuis que la diffusion de la Bible, dans ce présent siècle, a porté le livre de Dieu, au moyen de nombreux missionnaires, chez tant de peuples qui n’en avaient pas entendu parler auparavant. Marchons-nous vers une époque plus glorieuse encore sous ce rapport, que celle de la Réformation et que la nôtre? Je le pense, avec beaucoup de chrétiens. Oh! qu’il sera beau le jour où, pour la dernière fois, l’ange «volera par le milieu du ciel, aÿant la Bonne Nouvelle éternelle, afin de l’annoncer à ceux qui habitent la terre!»
4774. (8.) C’est alors aussi qu’on verra tomber avec éclat la Babylone des derniers temps; soit qu’il faille entendre par là le monde des