‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 269 sur 286 · CHUTE DE BABYLONE · texte numérisé non relu

CHUTE DE BABYLONE

(Apocalypse 14: 9-13.)

impies, car Babylone est toujours dans l’Ecriture le nom donné à l’impiété; soit plutôt qu’on doive entendre sous ce nom la ville qui fut et qui sera, jusqu’à la fin, orgueilleuse, dissolue, persécutrice et idolâtre, telle que la Babylone d'autrefois. Ce n’est donc pas sur les bords de l’Euphrate, mais sur ceux du Tibre, qu’il faut chercher celle qui «a donné à boire à toutes les nations du vin de la fureur de sa fornication. » Maintenant encore, Rome pousse partout ses missionnaires sur les pas des messagers de la Bonne Nouvelle, pour apprendre aux peuples éloignés l’adoration de Marie et des saints; pour les forcer à se prosterner devant le pape et les images qu’il bénit. Mais encore un peu de temps (Hébr. 10 : 37), et le peuple de Dieu pourra dire avec l’ange de l’Apocalypse : « Elle est tombée, elle est tombée, Bayblone la grande ville, » et les prophéties de l'Ancien Testament contre la cité des Caldéens s’accompliront une seconde fois, mais dans leur acception symbolique. Daniel entre autres, avait vu quatre bêtes se succédant sur la terre; quatre bêtes dont la dernière surtout rappelait la première plus que les deux autres. Or, la première était la Babylone antique, comme la seconde est la Babylone moderne : la chute de celle-ci doit précéder la chute de tout ce qui s’oppose à Dieu.

4775. (9-13.) Malheur donc à celui qui adore la bête et son image! malheur à qui accepte sa domination, se laissant marquer au front ou sur la main, comme on marquait les esclaves! Après avoir bu dans la coupe du pape et s’y être enivré jusqu’à la folie et à l’abrutissement, «il boira aussi du vin du courroux de Dieu; il sera tourmenté dans le feu et le.soufre devant les saints anges et devant l’Agneau; la fumée de son tourment montera aux siècles des siècles, et il n’aura de repos ni jour, ni nuit.» Menace terrible, et qui doit nous faire souvenir des menaces semblables que le Seigneur adresse à tous les ouvriers d’iniquité, soit qu'ils vivent en incrédules déclarés, soit . qu’ils professent la foi, mais une foi sans vie (Matth. 7: 23; Luc 49: 27; Matth. 25 : 4 ; Marc 9: 44). «Ici est l’attente patiente des saints; ici, ceux qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus» (12). Cette proclamation rappelle les paroles toutes semblables du chapitre précédent (43 : 10), paroles qui reparaissent également après la proclamation des jugements de Dieu contre les persécuteurs de son peuple. Elle nous montre clairement quels sont ceux qui échapperont à la colère du dernier jour. Attendre avec patience l’accomplissement des promesses et garder les commandements de Dieu par la foi en Jésus-Christ, tel est, en deux mots, le caractère des élus et des

COUP D'ŒIL D'ENSEMBLE. 521 (Apocalypse 14 :14-20.)

saints. C’est d’eux aussi qu'une voix du ciel déclare bienheureux le départ de ce monde (13). Après avoir vécu dans le Seigneur, c’est dans le Seigneur qu’ils meurent; leurs travaux ont été rudes, mais ils vont se reposer; ils ont glorifié le Père céleste par leurs œuvres, et leurs œuvres, œuvres de la foi, fruits du Saint-Esprit, vont attester qu'ils étaient vraiment enfants de Dieu, les héritiers et les cohéritiers de Jésus.

4776. (14-20.) Voici donc à la fois le temps de la moisson et de la vendange. Selon les prédictions de Jésus même (Jean 5 : 22; Matth. 24 : 30; 26 : 64), nous le voyons ici dans son humanité glorifiée, prêt à moissonner son champ, afin de recueillir son blé dans son grenier. Puis, ses élus étant retirés de devant le mal, il frappera la terre et ses coupables habitants, car le péché sera parvenu à sa maturité. La misère des réprouvés nous a souvent été dépeinte, dans le livre de Dieu, sous des images bien lugubres; mais il n’en est pas de plus saisissantes que celle qui est maintenant sous nos yeux : ce sera comme un lac de sang humain, recouvrant une multitude innombrable de cadavres. O mon Dieu, donne aux cœurs légers la frayeur de tes jugements, afin qu'ils apprennent de toi-même à fuir la colère à venir! donne à tes serviteurs, les élus et les saints, de se rappeler le jour terrible de la vendange, quand ce ne serait que pour les remplir de pitié envers le monde, et pour les stimuler à parler de ta grâce » aux pauvres pécheurs !

CCCLI.— Les sept fioles. La grande prostituée; Babylone jugée; destruction de la bête et du faux : PrOpRAIE:

4771. Mes lecteurs auront pu remarquer que chaque section de V’Apocalypse se termine à peu près de la même manière. D ‘abord les sept épitres, dont la dernière surtout dirige nos regards sur l’avénement du Seigneur ; puis les diverses visions qui se sont succédé jusqu'ici. La première (4, 5, 6 et 7), nous offre, dans les événements du sixième sceau, et dans la première apparition des 144,000 scellés, avec la foule innombrable des élus échappés à la grande tribulation, un spectacle qui ne se réalisera que lorsque le Seigneur reviendra pour la gloire. La seconde (8, 9, 10 et 41) nous a conduits jusqu’au moment où la septième trompette sonnera, et nous y voyons clairement que ce sera le temps du règne de Jésus-Christ et de ses rachetés. Enfin, les chapitres 42, 13 et 14, après nous avoir fait rétrograder,

599 LES SEPT PLAÏES.

(Apocalypse 15, 16. 15 : 1-4.)

pour nous montrer, par une nouvelle vision, la lutte actuelle de Satan contre le Seigneur et les siens, nous ont ramenés à l’époque de la victoire définitive de Celui qui doit moissonner et vendanger la terre. Tout ceci nous dit nettement quel est le sujet principal de l’Apocalypse et dans quels sentiments le Seigneur veut que ses rachetés vivent, en vue de lavenir. Cest ce que nous allons reconnaître de plus en plus. |

4778. (15, 16.) On aura compris aussi que le son de chaque trompette, comme l’ouverture de chaque sceau, marque non pas un événement, mais l'entrée d’une période tout entière ; que, par exemple, la cinquième trompette annonçait la période des Sarrasins, de même que la vision du cinquième sceau se rapportait à la période des persécutions sous les empereurs païens. La sixième trompette pareillement avait sonné le temps entier de la domination turque, et non pas seulement leur invasion. C’est pourquoi je partage l’opinion de ceux qui pensent que la septième trompette ne se fera pas entendre, tant que la puissance musulmane occupera une partie de l’ancien empire romain. Par cela même, je ne saurais penser qu’aucune des sept plaies dont la prophétie va nous occuper ait eu jusqu'ici son accomplissement. Or, j’ai toujours eu pour principe d'apporter une grande réserve dans l’explication des prédictions non accomplies, et il n’y a pas de raison pour m’en départir sur ce point particulier.

4779. (45 : 1.) Si les plaies dont il va être question ne se sont pas encore fait sentir, nous sommes sûrs, d’un autre côté, qu’il n’y aura plus rien après; car il est dit que c’est l’effusion suprême du courroux de Dieu. Nous retrouvons ici (2) la mer de verre (4 : 6), comme nous allons retrouver plus bas le temple de la tente du témoignage et que nous en verrons sortir des anges revêtus d’une sorte de costume sacerdotal (5, 6). Mais la mer de verre est mêlée de feu, par

- allusion aux terribles fléaux qui vont être répandus sur le monde. Ce

feu toutefois n'empêche pas que les vainqueurs de la bête ne se tien-

nent sur la mer de verre, parce qu’ils n’ont rien à redouter des

jugements de Dieu : le Fils de l’homme, le Seigneur est avec eux, comme il fut avec les trois jeunes hommes dans la fournaise (Dan. 8). ils ont en main des harpes divines et ils chantent le cantique de la rédemption (3, 4), savoir le premier de ceux que nous avons lus dans la Bible (Exode 45 : 1-19; Deut, 32 : 1-43) et qui n’est pas autre, après tout, que celui des rachetés de l’Agneau (1 : 5, 6; 7 : 10). Ils célèbrent la grandeur des œuvres de Dieu, la justice et la vérité de

LES SEPT PLAIES. 523 (Apocalypse 15 : 5-8. LG : 1-21.) son gouvernement; ils appellent le Seigneur Dieu tout-puissant, le Roi des saints, le Saint par excellence, et ils voient approcher le moment où les nations reconnaïîtront sa divine majesté, parce que la force de ses lois sera manifestée.

4780. À raison de ce qui est dit ici des vainqueurs de Ja bête, quelques personnes ont pensé que les élus de Dieu seront recueillis dans la gloire avant que les sept plaies frappent la terre. Mais non; car il est expliqué au verset 8, que « nul ne pouvait entrer dans le temple, jusqu’à ce que fussent accomplies les sept plaies des sept anges. » Aussi les vainqueurs de la bête ne sont-ils pas dans le temple lorsque la vision commence : ils y entreront une fois, nous le verrons bien; mais, pour le présent, ils sont sur la mer de verre qui est devant le temple et qui est mêlée de feu. Nous avons donc iei plutôt l'emblème de l'Eglise qui combat encore, maïs qui triomphe en espérance, et qui s’affermit, et se console, et se sanctifie en chantant la gloire de son Dieu.

4781. (5-8.) L’Eternel ne châtie pas volontiers (Lam. 3 : 33). C’est peut-être pour nous Le rappeler, que nous voyons, non pas le Seigneur en personne, ni même un de ses anges, mais un des quatre êtres vivants de la première vision, remettre aux sept anges les terribles fioles remplies du courroux du Dieu vivant. Ces fioles d’or toutefois sont précieuses et magnifiques, comme tout ce qui appartient à Dieu. Quant à la fumée dont le temple fut rempli par leffet de la gloire de Dieu et de sa puissance, c’est un emblème qui rappelle plusieurs faits analogues de l'Ancien Testäment (Exode 19 : 48; 4 Rois. 8 : 10-11 ; Esaïe 6 : 4). j.

4782. (16 : 1-21.) Cependant, les jugements du Très-Haut ne peuvent

s'exercer qu’à son ordre. Ce fut une voix sortant du temple qui dit :

aux anges : « Allez, et versez sur la terre les fioles du courroux de

Dieu. » Aussitôt, ce courroux frappa successivement la terre, la mer, les fleuves et le soleil, comme aux quatre premières trompettes (8 : 7-12). Mais alors le châtiment n'était que partiel (le tiers de la

terre, le tiers de la mer, etc.), tandis qu’il est universel maintenant, Des ulcères rongeants, du sang à boire, un incendie qui dévore tout, des ténèbres et des tremblements de terre, horribles fléaux ! Rappelons-nous toutefois le caractère général des visions de l’Apocalypse. Ce que versent les fioles, comme les fioles elles-mêmes, ne sont que les symboles des choses réelles. Or, ces choses que seront-elles? Je Pignore, et personne assurément ne saurait le dire.

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