LES ANCIENS
(K'H'imothée 3 : 1-7.) dans les assemblées. Mariée ou non, elle prendrait ainsi, sur l’homme, une autorité qui ne lui appartient pas. Même avant la chute, l’homme était le chef de la femme, car Adam fut créé le premier; et si nous prenons le genre humain après la chute, nous voyons que la transgression entra dans le monde au moyen de la femme. Ce doit être pour toute fille d’'Eve une pensée humiliante, propre à la maïntenir dans le silence, comme s’exprime le Saint-Esprit par la bouche de Paul. Cependant, ce n’est pas dire que la femme ne participe pas au salut, de même que l’homme. Non-seulement elle y participe; mais de plus, si, par sa désobéissance, elle a été lintroductrice du péché dans le monde, elle y a été aussi, par Penfantement du Christ, Pintroduction du salut, comme Dieu Pavait dit aussitôt après la chute. Car voici la vraie traduction de ce passage difficile : « Mais elle sera sauvée au moyen de lenfantement. » On peut aussi traduire : «au travers de l’enfantement, » ce qui ferait allusion aux douleurs souvent mortelles qui accompagnent pour une mère « la joie qu’elle a de ce qu’un homme est arrivé dans le monde. » Rien ne lui crie plus fortement qu'elle est sous la condamnation, à cause du péché; mais «au travers » de cette malédiction, elle est sauvée, «si elle demeure dans la foi et l’amour de Dieu, dans la sanctification avec modestie. » Pour la femme donc, comme pour l’homme, la foi est le moyen du salut, cette foi qui, déployant son efficace dans amour, sanctifie la vie tout entière; et ce qui caractérise la femme fidèle, c’est la modestie qu’elle apporte à ce qu’elle fait; la modestie, dis-je, forme si aimable de humilité. |
3995. (3 : 1-7.) Nous avons vu [3774] que, dès son premier voyage missionnaire, Paul institua des anciens dans chacune des villes où ses prédications avaient porté des fruits; nous avons dit qu’il ne fit en cela, sous la direction du Saint-Esprit, qu’imiter ce qui existait au milieu des Juifs; et que, chez ces derniers, les anciens de chaque congrégation recevaient aussi le nom de « surveillants » ou évéques. Ici, nous voyons notre apôtre donner à Timothée d'importantes directions relativement à cette charge d’évêque ou de surveillant, c’està dire d’ancien dans l'Eglise.
3926. D'abord, on doit envisager l’œuvre d’ancien comme une bonne œuvre ; bonne pour ceux qui l’exercent consciencieusement et qui, serviteurs du Seigneur et de Eglise tout à la fois, cherchent leur lumière et leur force dans le Saint-Esprit; bonne pour l'Eglise ellemême, à qui elle est une garantie d'ordre dans les assemblées, dans
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les familles, dans la vie des individus. Aussi est-il permis à chacun de désirer cette charge, d’y aspirer, comme à tout ce que Dieu déclare bon; seulement, il faut examiner si l’on possède les qualités requises, et sans doute que l'Eglise, par elle-même ou par ses représentants, est appelée à juger de l’aptitude des aspirants à la charge d’ancien. Si elle ne le fait pas, qui le fera? et si personne ne le fait, il ne faut plus parler d’aspirants.
3927. Cette énumération détaillée des qualités requises dans un surveillant, atteste l'importance de l'emploi et dit avec quel soin l’on doit choisir ceux auxquels on le confie. Il n’en est aucune toutefois qui suppose les dons extraordinaires du Saint-Esprit, aucune qui ne puisse et ne doive se trouver, dans tous les temps, chez tous les chrétiens, sauf l’aptitude à l’enseignement ; preuve que cette charge n’était pas particulière au siècle apostolique, mais qu’elle était destinée à demeurer perpétuellement dans l'Eglise. Au surplus, par cette aptitude à l’enseignement, il ne faut pas entendre la science d’un docteur; mais une intelligence de la Bible assez approfondie, une connaissance du cœur humain assez exercée, une expérience de la vie chrétienne assez variée, pour qu’on soit en état d’édifier les âmes par de simples discours, d’exhorter, de reprendre, de consoler d’une manière conforme à la saine doctrine.
3928. Il y a trois qualifications sur lesquelles l'Apôtre insiste d’une façon spéciale. La première, c’est que l’évêque préside bien sa propre maison et qu’il tienne ses enfants dans le bon ordre; sinon comment lui confierait-on le soin d’une assemblée de Dieu? Remarquez en passant que l’Eglise romaine, toujours en opposition avec l’Ecriture, défend aux anciens de se marier (car, qui dit prêtre, dit ancien); tandis que la Parole de Dieu suppose qu'ils ont des enfants. Remarquez encore que l'original ne dit pas gouverner, « mais prendre soin : » Jésus- Christ seul gouverne l’Eglise. — La seconde qualification essentielle, c’est que l’ancien ne soit pas nouvellement converti et depuis peu membre actif de l'Eglise, attendu qu'il pourrait s’enorgueillir de sa charge et donner prise aux calomnies de Satan. Gelui-ci sait combien la conduite des anciens jette un bon ou un mauvais reflet sur l’Eglise et même sur le Seigneur; c’est pourquoi le monde a le regard dirigé sur eux plus que sur personne. — La troisième enfin, c’est que, par la même raison, les anciens doivent avoir un bon témoignage, nonseulement de l'Eglise, mais encore de ceux qui y sont étrangers. L’Eglise accueille tout pécheur que Christ reçoit lui-même, c’est-à-dire