‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 34 sur 286 · LES DIACRES. L'EGLISE · texte numérisé non relu

LES DIACRES. L'EGLISE

(E Mimothée 3 : 8-13; 14-16.)

les plus grands criminels, s’ils viennent à se convertir; mais le monde ne pardonne pas comme Dieu. Ge serait pour lui un grand scandale et une occasion de blasphèmes, s’il voyait parmi les conducteurs d’une Eglise des hommes naguère malfamés, dont on n’aurait pu oublier les écarts, peut-être les crimes, et qu’il faut maintenir dans l’humilité au lieu de les mettre en tentation d’orgueil.

3929. (3 : 8-13.) Outre les anciens, il y a dans chaque Eglise bien conduite, ou du moins il peut y avoir suivant les besoins une autre classe de fonctionnaires, désignés sous le nom grec de diacres, ce qui signifie serviteurs; nous avons vu ailleurs quelles étaient leurs fonctions [3687]. Bien que d’une nature différente de celles des anciens, elles ne sont pas moins saintes, et il y faut des hommes également exemplaires, instruits des mystères de la foi, fidèles au Seigneur et consciencieux, des hommes éprouvés par l'Eglise et à l’abri de tout reproche grave. Leurs femmes mêmes doivent se distinguer par la sainteté de leur vie, et si, comme cela peut arriver souvent, elles sont appelées à aider leurs maris dans les services qu’ils rendent à PEglise, nous voyons ici de quelle manière elles doivent s'acquitter de cette noble tâche. Il importe d’ailleurs que les diacres, comme les évêques, donnent l’exemple des vertus domestiques et notamment de la pureté dans le mariage. Enfin, c’est un grand privilége d’être appelé au service de l'Eglise, même dans le rang le plus humble. On y recueille beaucoup de hénédictions pour sa propre âme, et, par l’expérience qu’on y fait de la présence du Seigneur au milieu des siens, on acquiert en lui une assurance de foi toujours plus vive.

3930. (14-16.) Bien que l’Apôtre espérât de rejoindre bientôt son disciple, 1l lui donne toutes ces directions par écrit, afin qu’il puisse les avoir sous les veux, et disons-le, sans craindre de nous tromper, c’est l’Esprit du Seigneur, cet Esprit au nom duquel Paul prophétise quelques lignes plus bas, c’est lui qui la voulu, afin que les instruections reçues par Timothée étendissent leur influence sur les siècles à venir. Aussi voyons-nous que Paul ne dit pas à Timothée : Je Pécris cés choses afin que tu saches comment il faut fe conduire, mais se conduire dans la maison de Dieu. Cette maison de Dieu, c’est «l’Assemblée ou l'Eglise du Dieu vivant, colonne et appui de Ja vérité. » Elle n’est pas la source de la vérité, comme le prétendent les catholiques-romains; mais une Eglise du Dieu vivant ne saurait être digne de ce nom, si elle ne professe hautement la vérité et si elle ne marche selon la vérité. C’est ainsi qu’elle en devient la colonne et l’appui;

L'ÉGLISE ET LE MYSTÈRE DE PIÉTÉ. 63 (& H'imothée 4 : 1-5.)

l'Eglise tout entière, remarquez-le bien, et non pas seulement ce qu’en certains lieux on appelle l'Eglise, c’est-à-dire le clergé. Or voici en substance la vérité dont le dépôt est confié à l'Eglise : c’est le grand mystère de l’amour de Dieu, tel qu’il a été manifesté en Jésus-Christ, lui qui est Dieu devenu homme; lui que le Saint-Esprit a proclamé le seul juste ; lui que les anges ont vu et célébré, soit à sa naissance, soit à sa résurrection; lui dont le salut a été prêché parmi les nations; lui qui est devenu l’objet de la foi d’une multitude d'hommes dans le monde, lui enfin qui maintenant est rentré dans sa gloire. Ainsi, Jésus-Christ, base et sommaire de toute la révélation, voilà ce que PApôtre rappelle en passant.

3931, (4 : 1-5.) Mais si l'Eglise, dans son ensemble, est la colonne et l’appui de la vérité, ce n’est pas à dire qu’elle sera toujours et dans toutes ses parties, fidèle au mandat que la grâce de Dieu lui a confié. L'Esprit dit expressément par la bouche de Paul, que dans les derniers temps, c’est-à-dire donc, dans les temps dont les apôtres ont vu le premier siècle [2165], quelques-uns se retireraient de la foi, s’attachant à des doctrines pleines de séductions et tout imprégnées d’un venin diabolique. Les fauteurs de ces doctrines, généralement hypocrites et menteurs, auront la conscience cautérisée, et voici à quels traits, fort sensibles, on pourra les reconnaître. Ils feront du célibat une obligation sacrée et ils ordonneront de s'abstenir de certains aliments, comme si Dieu ne les avait pas tous créés pour l’usage de l’homme, et comme si tout aliment n’était pas sanctifié par la prière et par l’action de grâce. Ajoutez à cela que le mot démon, chez les païens, se disait de leurs dieux du second ordre. Gela étant, vous penserez, avec beaucoup de chrétiens, qu’on peut entendre par «les doctrines de démons,» celles qui enseignent à rendre aux saints et aux anges une partie du culte qui n’est dû qu’à Dieu. Cette prophétie ne serait donc qu’un développement de eelle qui a pour objet « le mystère de l’iniquité, » dans l’épitre aux Thessaloniciens [3859]. Si le Saint-Esprit n’emploie pas ici les mêmes mots pour désigner l’apostasie, il est à remarquer toutefois qu’il met ces déplorables erreurs en Opposition avec «le mystère de la piété » dont il partait tout à l'heure. Prophétie fort remarquable assurément, et qui atteste au plus haut point l’inspiration des écrits de saint Paul; car quel est l’homme qui eût pu prévoir que de pareilles énormités se manifesteraient jamais au sein de l'Eglise de Jésus-Christ?

64 EXHORTATIONS, (E Timothée Æ: 6-12; 13.)

CCOXCV. — Devoirs des serviteurs de Jésus-Christ; directions au sujet des veuves, du salaire des anciens et de la discipline; les esclaves, les mercenaires, l’avarice, les riches, le bon dépôt.

3932. (4: 6-12.) Deux grands mystères nous sont donc révélés à la fois par les Ecritures : le mystère de la piété en Jésus-Christ, et le mystère de l’iniquité en Satan. Or, le devoir de tout ministre ou serviteur de Jésus-Christ (il y a en grec le mot diacre), est d’exposer fidèlement à ses frères ce qui concerne l’un et l’autre de ces mystères; tout ce qui s’y rapporte étant du domaine de la foi et de la bonne doctrine dont un prédicateur doit se nourrir lui-même. Quant aux fables et aux légendes par où lon prétend alimenter la dévotion des fidèles, il faut qu’il s’en abstienne entièrement et qu’il cherche ailleurs l'exercice nécessaire à la piété. Car s’il y a une gymnastique pour le corps, il en est une aussi pour l’âme. Mais tandis que celle-là n’est utile qu’au maintien de la santé et au développement des forces physiques, celle-ci abonde en bénédictions pour le temps et pour Péternité. Les promesses faites à la piété sont, au reste, d’une nature toute spirituelle. Le chrétien est appelé au travail et à la souffrance ; c’est même ainsi que sa piété s'exerce. Mais si les avantages terrestres ne lui sont pas garantis, 1l a, dès la vie présente, le plus grand de tous les biens; car il espère dans le Dieu vivant, Sauveur de tous ceux qui croient en lui.

3933. « Que personne ne méprise ta jeunesse » (12). Adressée à Timothée, cette exhortation revient à dire : «Ne permets pas qu’on méprise tes enseignements, sous prétexte que tu es encore trop jeune pour conduire lEglise. » Elle signifie aussi : « Gomporte-toi de manière à faire respecter ta jeunesse,» et, pour cela, « sois le modèle des fidèles; que tes discours et tes actes s’imprègnent de charité; qu’on y discerne sans peine l'influence du Saint-Esprit et de la foi; que toutes tes habitudes enfin respirent l'amour de Christ. » Je prie mes jeunes lecteurs de se rendre attentifs à ces lignes, quelle que soit leur position dans PEglise.

3934. (13.) J’ai dit que Timothée avait été de bonne heure instruit dans les Ecritures par sa mère et par sa grand’mère [3787], comme nous en aurons la preuve plus tard. Cependant, on aurait beau savoir la Bible par cœur, rien ne dispense d’en faire une lecture habituelle, surtout si l’on est appelé d'office à exhorter et à enseigner.

LES VEUVES. 65 (E Mimothée Æ: 14-16, & : 1,2; 3-16.) Mais tous les fidèles sont serviteurs de Jésus-Christ, ministres de sa bonne volonté envers les âmes ; tous ont, de manière ou d’autre, à reprendre, à consoler, à redresser, à instruire (4 Thess. 5 : 14); tous donc doivent faire une étude assidue des Ecritures. C’est par là qu’une mère se met en état de conduire sa famille, un ami de consoler ses amis affligés, un frère de retirer de l’erreur des frères qui s’égarent ; et c’est par là que le moindre des fidèles peut devenir l’instrument de la conversion de beaucoup de pécheurs. |

3935. (14-16.) Au moment peut-être où Paul avait laissé Timothée à Ephèse, si ce n’est plus tôt, le jeune disciple avait été consacré à son office par Pimposition des mains, non de Paul seulement, mais de tout le corps des anciens [3754]. Il y avait eu alors une effusion de la grâce de Dieu sur son âme, selon les prophéties dont il avait été précédemment l’objet (1 : 18). L’Apôtre lPexhorte à se souvenir de cette journée solennelle, et à s’en souvenir de telle sorte que ses progrès dans le bien soient évidents. Le chrétien, sans doute, ne fait pas montre et parade de sa piété, mais il est impossible que sa lumière ne luise pas devant les hommes, et s’il gagne en foi et en amour, ses frères devront nécessairement s’en apercevoir, bien que lui-même, croissant à proportion dans l’humilité, se voie toujours plus misérable. Enfin, Timothée est invité à diriger son attention sur deux choses : d’abord sur lui-même, puis sur son enseignement; car il y allait de son propre salut et du salut de ceux qui l’écoutaient. Ah! quel excellent, mais redoutable ministère, que celui de prédicateur de l'Evangile!

3936. (5 : 1, 2.) Bien que considérable, l'autorité d’un serviteur de Jésus-Christ ne va pas jusqu’à le dispenser des égards que réclament l’âge et le rang. À égalité même de conditions, cette autorité doit toujours être tempérée par les saintes affections de amour chrétien. Il faut donc que le ministre du Seigneur exhorte un ancien comme il exhorterait un père, une femme âgée comme une mère, les jeunes hommes comme des frères, et les jeunes femmes comme des sœurs. Dans ce dernier cas, 1l sera particulièrement sur ses gardes pour éviter tout rapport contraire à la plus entière pureté. Quelles directions admirables, et qui dira de combien de manières elles ont été et sont encore journellement méconnues, surtout dans l'Eglise qui se vante le plus de sa prétendue apostolicité!

3937. (3-16.) Il à été dit précédemment d’où vient que l'Eglise des premiers temps paraît avoir compté des veuves en grand nom-

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