LES ESCLAVES
(KE Himothée 5 : 24. 6 : 1,2.)
le Saint-Esprit ayant dit ailleurs que ni les anciens (3 : 3), ni les diacres (3 : 8), ni personne (Gal. 5 : 21), ne doit s’adonner à la boisson, il a voulu montrer qu'il est cependant des austérités exagérées ; et, sous ce rapport comme sous tant d’autres, combien la morale de l'Evangile est admirable, quand on la compare à celle de toutes les religions fausses ou au christianisme falsifié de certaines sectes! Enfin, le Saint-Esprit savait qu’il viendrait des incrédules qui soulèveraient force objections contre l’authenticité des Ecritures; or le passage qui nous occupe est un de ces mots pleins de naturel, auquel nul imposteur n’eût jamais songé.
3942. (24.) Les paroles qui suivent portent aussi un cachet frappant de vérité, mais par une autre raison, C’est ce qu’elles ont d’obseur quiles rend naturelles, car on ne saurait feindre l’obscurité. Qu'est-ce qu’il faut entendre par ces « péchés qui, chez quelques-uns sont manifestes, précédant pour le jugement, » péchés à distinguer de ceux qui, «chez quelques autres, suivent? » Puis, que signifient ces « bonnes œuvres qui sont manifestes » et celles qui, « étant autrement, ne peuvent être cachées, » traduction littérale ? Les uns, liant ceci aux paroles immédiatement antécédentes, pensent qu’il y est fait allusion aux péchés de Timothée, car «il n’y a personne qui ne pèche, » a dit Salomon. D’autres croient que Paul, après s’être interrompu pour donner à Timothée deux conseils, l’un relatif à la pureté intérieure (fin du verset 22), le second relatif à la santé (23), retourne au sujet principal dé sa pensée, ét qu'il faut entendre ses paroles -omme suit : «Il est quelquefois très facile de savoir si le candidat à une charge d’ancien est qualifié ou non; car les péchés de quelquesuns sont notoires, avant toute enquête du presbytère. Mais il peut arriver qu’on impose les mains à un homme qui n’avait rien contre lui et dont les dispositions vicieuses se manifestent plus tard ; auquel cas sans doute ceux qui l’ont consacré ne sont pas responsables. De même, les bonnes œuvres d’un candidat sont généralement assez connues pour déterminer l'opinion de ses examinateurs, et si elles ne le sont pas suffisamment, une enquête bien faite ne peut manquer de les mettre au Jour. »
3943. (6 : 1, 2.) Au moment où l'Evangile fut porté dans le monde par les apôtres, la société civile était constituée de telle sorte qu’il y avait partout, sauf chez les Juifs, beaucoup plus d’esclaves que d'hommes libres. C'était un régime que la foi chrétienne devait abolir insensiblement; mais il ne pouvait entrer dans les vues du Sei-
LES MERCENAIRES. LE CONTENTEMENT. 69 (4 Rimothée G: 3-5; 6-10.)
gneur qu'il cessât tout à coup, car il eùt fallu pour cela des révolutions politiques, des bouleversements, des luttes sanglantes qui sont incompatibles avec la foi. En conséquence, loin d’exciter Les esclaves à secouer violemment le joug, la parole évangélique dut les exhorter à honorer leurs maîtres en toutes choses, leur représentant combien l'honneur même de Dieu et de la saine doctrine y était intéressé. Que si des esclaves avaient le bonheur d’appartenir à des maîtres membres de l'Eglise comme eux, au lieu de les traiter d’égal à égal parce qu'ils étaient frères et de méconnaître leur autorité, ils devaient les servir avec une soumission d'autant plus grande. Or, quoique la domesticité de maintenant ne ressemble point à l’antique esclavage, les domestiques chrétiens et ceux qui sont de quelque manière sous l’autorité d’autrui, trouvent ici la règle parfaite de la conduite qu'ils sont appelés à tenir envers leurs maîtres et leurs supérieurs.
3944. (3-5.) Toutes ces instructions sont de saines paroles, des paroles du Seigneur Jésus-Christ s'exprimant par la bouche de son apôtre; ce sont des doctrines morales en accord avec la piété, et l’orgueil humain, source si fréquente d’ignorance, peut seul tenir un autre langage. Souvent aussi ce qui éloigne de ces saintes maximes, c’est la maladie des contestations et des disputes de mots, semences de désordres pour l'Eglise. La plupart du temps, ces contestations elles-mêmes viennent d'hommes qui, corrompus d’entendement, pleins de sophismes et étrangers au vrai, font de la piété ou de ce que nous appelons la religion, un moyen de gagner de l’argent; docteurs mercenaires qui cesseraient de s'occuper des choses de Dieu s’ils n’étaient pas payés, et qui, par cela même, ne s’en occupent pas comme il convient. Ce sont les disputes de mots qui Les font vivre, comme Démétrius vivait de ses petits temples de Diane, et ils ont intérêt à les perpétuer. Paul dit à Timothée, et 1l nous dit à nous-mêmes : « Retire-toi de ceux qui sont tels. »
3945. (6-10.) Souvent un mot fait naître une idée. L’Apôtre ayant parlé de ceux qui voient dans la piété une source de gain, revient làdessus pour exprimer qu’en effet la piété est une bonne fortune, mais non pas comme l’entendent les amis de l’argent. La vraie piété est inséparable du contentement d’esprit. Regardant à l'éternité, le chrétien sait que nous n’emporterons avec nous aucun des biens d’ici-bas. Riche de ceux de la grâce, il lui suflit, quant aux autres, de posséder la nourriture et le vêtement; or celui-là est opulent, à qui rien ne manque de ce qu’il désire. Mais ceux qui, à toute force, veulent s’en-