L’AVARICE. EXHORTATIONS. LE COMMANDEMENT
(E É'imothée G : 11-16.)
richir, hélas! qu’ils sont à plaindre! Que de tentations, que de piégés, que de désirs insensés et pernicieux, et au bout, quelle ruine! L’amour de l’argent est la racine de tous les maux, car amour de largent est le contre-pied de Pamour de Dieu [3246]. Qui s’en laisse posséder, s’égare de la foi et se transperce soi-même d’une foule de douleurs. Ah ! les douleurs de l’avare ! elles sont d’autant plus cruelles que son Dieu est sans entrailles. Et que sera-ce encore si cet avare a oui parler des richesses de la miséricorde de Dieu, s’il se sent quelquefois porté vers les trésors de la grâce et s’il est constamment tiraillé des deux côtés, ne trouvant pas le bonheur dans l’abondance de ses biens, et ne pouvant se décider à le chercher en Jésus- Christ? |
3946. (11-16.) Mais toi, à homme de Dieu (le même titre qui est donné à Moïse, Ps. 90 : 1), fuis ces choses; car l'amour de l'argent est incompatible avec la mission sacrée d’un évangéliste, avec la qualité non moins sainte d'enfant de Dieu. Nous donc, au lieu de poursuivre la fortune, poursuivons la justice, soit la justice de Dieu qui est par la foi, soit la vertu qui nous fait rendre à chacun ce qui lui est dü; poursuivons la piété, c’est-à-dire le commerce habituel avec Dieu, en prières et en actions de grâce; lPamour, cet amour même dont lApôtre parlait au commencement de son épître; la patience dans les maux et dans les difficultés de la vie; la douceur enfin, le plus bel apanage des disciples de Celui qui fut doux et humble de cœur. N'oublions pas d’ailleurs que la foi nous appelle au combat (4 : 18; 1 Thess. 2 : 2), et ne reculons jamais devant l'ennemi. Il voudrait nous arracher la vie éternelle, raison pour nous de la saisir avec force, de nous cramponner aux promesses de notre céleste vocation. Timothée avait fait, devant beaucoup de témoins, une belle confession de ses espérances en Christ; c’est ce que Paul lui rappelle, pour l’encourager : mais ce qu’il lui rappelle surtout, c’est la belle confession que Jésus-Christ fit devant Ponce Pilate lorsqu'il se déclara vraiment Roï, roi par la vérité. C’est de ce Roi que nous devons garder le éommandement, jusqu’à son apparition. Mais que faut-il entendre par ce.çcommandement? Peut-être celui que l’Apôtre avait signalé tout d’abord en:disant : «La fin du précepte, c’est l'amour » (4 : 5; Jean 43: 345 45 : 49); yut-être le commandement qu’il vient d’exprimer en trois mots : « Saisis la vie éternelle ; » à moins qu'il ne veuille dire simplement que plus on s'attache aux promesses de Dieu, plus on est attentif à faire ce qu’il commande. Quant à l'apparition de notre Sei-
LE COMMANDEMENT. LES RICHES. LE BON DÉPÔT. 71 (EX 'H'imothée G : 17-19; 20, 21.)
gneur Jésus-Christ, c’est lé grand événement vers lequel, depuis lascension de leur Maître (Actes 1 : 11), les disciples dirigeaient sans cesse leurs pensées, comme vers l’époque où devaient se réaliser pleinement leurs espérances. Alors en effet sera manifesté Celui qui est le Dieu bienheureux, le seul Souverain, le Roi des rois et le Seïgneur des seigneurs, le seul qui possède par essence l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible et qu'aucun homme pécheur ne vit ni ne peut voir : à lui appartiennent lhonneur et le pouvoir éternellement!
3947. (17-19.) Après ce sublime élan de foi etd’adoration, l'Apôtre veut compléter ses avertissements au sujet des richesses. Il a dit Les maux auxquels s’exposent ceux qui courent après les biens de la fortune; mais il est des gens qui sont riches sans lavoir cherché, soit par un effet du travail ou de l’avarice de leurs pères, soit parce que Dieu a jugé bon de bénir leurs propres entreprises au delà peut-être de ce qu'ils demandaient. Or, parmi les riches, Dieu fait aussi des miracles de conversion, et voici ce qu’il leur recommande par la bouche de l’Apôtre. D'abord, de ne pas s’enorgueillir de cet or et de cet argent qui n’ajoutent quoi que ce soit à leur valeur personnelle; puis de ne pas mettre leurs espérances en des richesses si incertaines et de se souvenir que le plus opulent même doit à Dieu, jour par jour, de pouvoir se nourrir de son pain quotidien; en troisième lieu, de faire du bien, car c’est à cette seule condition que la fortune est un avantage; de ne pas donner chichement, mais richement; de ne pas donner à contre-cœur, mais avec joie : en un mot, de ne point envisager ce qu'ils ont comme étant à eux, et par conséquent de le répartir entre tous ceux pour lesquels Dieu leur en a confié l’administration; enfin, d’avoir leur principal trésor dans le ciel et de saisir des deux mains la vie éternelle, ce qui ne peut se faire quand on les a pleines de biens terrestres qu’on ne veut pas abandonner. Ah! si tous les riches de ce monde étaient au nombre des croyants, où seulement, si tous les riches qui croient agissaient d’une manière conséquente avec leur foi, les richesses du petit nombre n’exciteraient pas tant de mécontentement et d'envie. En ce point, comme en bien d’autres, les maux de la société viennent, hélas! du mépris qu’on fait de la Parole de Dieu.
3948. (20, 214.) L’Apôtre termine sa lettre par un avertissement que les ministres et les fidèles de nos temps ne sauraient traiter avec trop de sérieux. Un dépôt sacré leur est confié : celui de la saine doctrine,