LA VIGILANCE. L'IDOLATRIE
(K Corinthiens 10 : 1-14; 15-22.)
craindre est le chemin du danger, et que le plus sûr préservatif contre les terreurs de l'enfer, c’est d'entretenir la crainte salutaire de se voir privé de la grâce de Dieu. Plus nous sommes sûrs de notre salut, plus nous tremblons à la seule pensée de ce que nous deviendrions si Dieu ne nous avait pas pris à lui.
3985, (10 : 1-14.) Pour que ses lecteurs s’appliquassent cet enseignement, l’Apôtre leur rappelle ce qui était arrivé aux Israélites dans le désert. Il dit : « Nos pères ; » soit parce qu’il était lui-même Israélite et qu’il y avait plusieurs chrétiens juifs à Corinthe, soit parce que tous les fidèles sont, spirituellement, fils d'Israël. Il leur rappelle donc les grâces dont leurs pères avaient été comblés au désert, l’ingratitude avec laquelle ils y répondirent et les justes jugements sous lesquels ils succombèrent enfin, ehoses dont j’ai suffisamment parlé dans le premier volume de ces Etudes. Remarquez toutefois, en passant, ce qui est dit ici du Rocher. Il était le Christ; ce qu’il faut entendre spirituellement, comme le pain de la Cène est son corps : c’est évidemment une figure. Or, dit l'Apôtre, toutes ces choses leur arrivaient en types, et elles furent écrites pour notre instruction, nous enseignant à nous tenir en garde contre les tentations ; à ne pas nous reposer sur ce que nous faisons extérieurement partie du peuple de Dieu, sur ce que nous sommes tout enveloppés de ses grâces, sur ce que nous avons été baptisés pour suivre le Christ comme ils avaient été pour suivre Moïse, et sur ce que nous possédons Jésus dans la Cène comme ils le possédaient dans l’eau du rocher. « Que celui qui pense être debout prenne garde qu’il ne tombe. » Les tentations auxquelles les Corinthiens s’étaient vus exposés jusque-là, n’étaient autres que celles qui se rencontrent sur le chemin de tout homme : la chair, le monde, Satan; ils ne connaissaient pas les terribles persécutions qui avaient sévi ailleurs, et ’Apôtre leur dit : Prenez garde! (Matth. 48 : 21.) Mais il ajoute pour leur encouragement, que Dieu tient avec fidélité ses promesses (4 Thess. 5 : 24), que jamais il n’envoie aux siens des tentations irrésistibles, qu’il donne à ceux qui le prient la force et la délivrance du Saint-Esprit. Par-dessus tout, fuyons lidotrie, quelque forme qu’elle revête et quel qu’en soit Pobjet; car l'idolâtrie est le chef-d'œuvre du Tentateur. Il sait bien qu’en détournant notre cœur de Dieu, il nous désarme absolument et : toute tentation peut alors devenir mortelle.
3986. (45-22.) Que l’idolâtrie soit l’œuvre par excellence de Satan; bien plus, que ce soit Satan lui-même qui se fasse adorer dans la per-
LA CONDESGENDANCE, 95 (HE Corinthiens LO : 23-32. LA : 1; 2-16.)
sonne des faux dieux, c’est ce que le Saint-Esprit établit ici nettement, en opposant le culte évangélique au culte idolâtre. Dans l’un et dans l’autre, il y avait une coupe et du pain : là une coupe de bénédiction, par laquelle, aussi bien que par le pain, les fidèles se mettaient en relation avec Jésus-Christ, pour n’être qu’un seul corps avec lui; ici, une coupe destinée à faire des libations aux idoles et du pain que les païens mangeaient avec la viande offerte sur l'autel. C'était ainsi que les idolâtres proclamaient leurs rapports avec les faux dieux, ou, pour mieux dire, avec les démons, nom qu'ils donnaient euxmêmes à leurs divinités secondaires. De ce rapprochement d'idées, il résultait évidemment que les rachetés de Jésus-Christ ne pouvaient d’aucune façon participer au culte des idoles.
3987. (23-39; 41 : 4.) Ceci ramène naturellement l’écrivain sacré vers une idée qu’il reprend dans les mêmes termes : « Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; » sauf qu’il explique ce qu'il entend par «avantageuses : » c’est ce qui édifie (4 Thess. 5 : 11). En tout ce que la conscience nous permet, consultons aussi la conscience de nos frères ; car si elle allait être scandalisée par Pusage que nous faisons de notre liberté, le devoir serait de nous abstenir. IL peut en être ainsi de certaine manière de passer son temps le dimanche, de certaines habitudes de toilette, de certaines jouissances de la bouche ou des yeux; comme à Corinthe, des viandes qui se vendaient au marché et de celles qui paraissaient sur une table à laquelle on avait été invité. « Soit donc que nous mangions, soit que nous buvions, soit que nous fassions quelque autre chose, » nous pouvons et devons « faire tout pour la gloire de Dieu. » Ces devoirs de la charité nous sont imposés, non-seulement à l’égard de nos frères en la foi, ou de l’assemblée de Dieu, mais à l'égard de tous les hommes, Juifs et Grecs. Nous nous en acquitteons, non pour nous faire supporter ou louer, ce qui serait encore chercher notre propre avantage, mais dans lintérêt même des autres et afin de les amener d’autant plus sûrement au Dieu de leur salut. Or, comme Paul avait la certitude qu’en se conduisant ainsi, il n’avait fait que suivre l'exemple de Jésus-Christ, 1l ne craint pas de terminer en répétantàses disciples de Corinthe : « Soyez mes imitateurs comme je le suis moi-même de Christ » (5 : 16).
3988. (2-16.) Cependant, si l’'Apôtre avait contre les Corinthiens de graves sujets de plainte, il ne faudrait pas en conclure que cette Eglise füt tombée dans le désordre à tous égards. Au contraire, Paul recon-