‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 52 sur 286 · LES FEMMES. LA CÈNE · texte numérisé non relu

LES FEMMES. LA CÈNE

(EX Corinthiens 11 : 17-22.)

naît, avec éloge, qu’en général on y était demeuré fidèle aux institutions qu'il leur avait transmises, et dont plusieurs, en ce qui tenait, par exemple, à l’ordre des assemblées, étaient empruntées aux usages de la synagogue. Là, comme je lai dit précédemment [2801], les femmes occupaient une place d’où elles ne pouvaient être aperçues par les hommes, si ce n’est peut-être par les anciens ou évêques, appelés aussi les serviteurs et les anges de la congrégation [3774]. Pour maintenir cette décence dans l’assemblée des frères, il était exigé que les femmes ne s’y rendissent que couvertes d’un voile; en sorte que, de leurs places, elles ne pussent être vues, pas même des anges ou anciens, assis sur l’estrade. Or, tout en admettant que la grande amélioration survenue dans les mœurs publiques dès cette époque, permet à cet égard des usages qui n’eussent pas été convenables alors, il demeure vrai que la femme, toujours appelée à se parer de modestie, doit éviter tout ce qui, dans les assemblées de l'Eglise et ailleurs, peut attirer sur elle les regards (1 Tim. 2 : 9). Il demeure également vrai que, par la volonté de Dieu, il y a de l’homme à la femme une hiérarchie, comme de Dieu au Christ, le Fils issu du Père, mais abaissé pour un temps. Cette infériorité de la femme quant à l’homme, n’est également que momentanée. Abolie en Christ (Gal. 3: 28), elle ne subsistera que jusqu’à ce qu’il revienne dans sa gloire. Quant aux raisonnements sur lesquels Paul appuie ces directions, il ne se dissimule pas qu’on pouvait y objecter bien des choses et qu’on ne manquerait pas de le faire; c’est pour cela qu'iltermine en disant: « Si quelqu'un se plaît à contester, nous n’avons pas une telle coutume, ni les assemblées de Dieu non plus. »

3989. (17-29.) Mais voici un grand scandale dont l'Eglise de Corinthe offrait le douloureux spectacle. Outre les divisions qui y régnaient et qui devaient tôt ou tard aboutir à des sectes, afin qu’on vit une fois de quel côté étaient les vrais frères, il se commettait dans la célébration de la Cène, des péchés qu’on aurait peine à croire si la Parole de Dieu, toujours vraie, ne les rapportait expressément. Il arrivait souvent, en ce siècle de l’Eglise, que les disciples, confondant leur repas du soir en un repas commun, qu’on appelait une agape ou repas d’amour fraternel, rompaient alors le pain et distribuaient la coupe en mémoire de leur Sauveur. À ces agapes, le pauvre n’apportait rien, mais le riche apportait d'autant plus, et, dans la règle, une fois les parts réunies, il ne devait plus y avoir de différence entre les convives. Or, par le même esprit d’orgueil qui était la grande plaie

LA CÈNE. 97 (E Corinthiens 11 : 23-29.

des Corinthiens, les riches, laissant les pauvres avoir faim, se gorgeaient, s’enivraient, déshonoraient ainsi l’assemblée de Dieu et méprisaient les pauvres. De la sorte, ils se réunissaient, non pour devenir meilleurs, mais pour empirer. « En cela, dit l'Apôtre, pourrai-je vous louer? Non, je ne vous loue point; » censure qui, dans sa simplicité et dans sa gravité, me paraît plus forte que s’il se fût livré à de violentes apostrophes; car il y a des péchés si odieux que toute parole demeure au-dessous de celles qu'il faudrait pour les qualifier. Or, combien n’est-il pas de gens, aujourd’hui même, qui se rendent aux assemblées des chrétiens, qui y prennent régulièrement la Cène, et qui, par les dispositions qu'ils y apportent, n’y vont pas « pour le mieux, mais pour le pis.» Ah! certes, ce n’est pas une chose à louer.

3990. (23-29.) Pour faire sentir aux coupables leur indignité, Paul se borne à leur rappeler l'institution de la Cène, telle qu’il lavait apprise directement du Seigneur par le moyen d’une révélation; car 1l n’était pas entre les disciples dans cette nuit solennelle où Jésus fut livré au Conseil des Juifs. Sans revenir sur ce que j’ai dit à cette occasion, voyez seulement ce que le Saint-Esprit ajoute ici, par la bouche de Paul, au récit contenu dans les Evangiles. Ceux qui célèbrent la Cène du Seigneur, « annoncent, » publient, prêchent ainsi « la mort de Jésus-Christ, jusqu’à ce qu’il vienne. » Il y a donc à la fois dans cette cérémonie la proclamation de deux grandes vérités, dont la seconde n’est que trop souvent oubliée : l’une que Jésus mourut, qu’il mourut pour nos péchés et pour nous délivrer de la condamnation; l’autre, qu’il doit revenir, afin d’achever l’œuvre de notre rédemption par le relèvement de nos corps et par notre admission définitive à sa gloire éternelle. Comme il est sûr que nous voyons ce pain et ce vin, il est sûr également, et que le sang a coulé du corps de Jésus, brisé par la douleur, et que nous le verrons revenir à nous dans ce même corps. Le pain et le vin sont donc là, tenant lieu de Jésus-Christ luimême; c’est pourquoi, si quelqu'un y participe sans repentance, sans foi, sans reconnaissance, sans un vrai désir de sainteté, il s'approche de Jésus comme le firent ceux qui le rejetèrent et avec eux il le crucifie. Par cet acte indigne, il mange et boit sa propre condamnation. S'il croyait en Christ, il le verrait lui-même sous ces symboles et il les traiterait tout autrement. Or, ne croyant pas, il est condamné; et, tandis que la Cène est pour les fidèles le sceau de leur délivrance, elle ne peut être pour lui que le sceau de la perdition. Conclusion : « Que chacun s’éprouve, se sonde, s’examine soi-même. » Mais, vous qui

Page 1