LES DONS SPIRITUELS
(X Corinthiens LA : 30-34. 12-14, 12 : 1-3.) vous éloigneriez de la Gène à cause de votre indignité, dites-vous bien cependant que cette prudence-là ne saurait vous sauver. Malheur à ceux qui célèbrent la Cène indignement! mais malheur aussi à quiconque ne se met pas en état de prendre la Cène avec un cœur purifié par la foi! | | |
3994. (30-34.) Au scandale donné par les Corinthiens, le Saint-Esprit rattache, comme punition justement méritée, les infirmités, les maladies et la mort même de plusieurs d’entre eux; à moins qu’on n’entende ces expressions dans un sens spirituel. Alors, cela signifierait que, par un juste jugement de Dieu. ceux qui profanent la Cène du Seigneur ne peuvent que décliner dans la vie chrétienne, jusqu’à redescendre au rang des morts, bien qu'ils paraissent vivants. [ls se croient chrétiens, et 1ls ne laissent pas de se conduire comme ceux qui ne le sont pas. Cest dire, dans tous les cas, qu’il n’est rien dont Pabus soit plus funeste, ni rien de plus déplorable que certaines institutions moitié politiques et moitié religieuses qui multiplient à l’infini les communions indignes. Si la Cène n’est pas pour notre âme un aliment, elle est, par notre faute, un poison. Quelle folie donc, et quel danger que de ne pas se juger soi-même sérieusement avant d’y participer. Assurément, il ne s’agit pas d'attendre qu’on soit sans péché, sans faiblesse, sans ignorance; mais du moins il faut se reconnaître pécheur et regarder du cœur, avec repentance et avec joie, à notre bienheureux et puissant Rédempteur.
3992. (42-14.) Les trois chapitres où nous entrons maintenant, traitent d’un même sujet : les dons du Saint-Esprit et l’exercice de ces dons. Ils présentent des difficultés résultant de ce que les directions qu’on y trouve, supposent un ordre de choses qui n’existe plus. Cela même atteste l’authenticité de l’épitre et la vérité des faits. Il s’ensuit d’un autre côté, qu’on risque fort de se méprendre, quand on essaye d'appliquer toutes ces directions aux chrétiens de nos jours. Plusieurs d’entre elles cependant, n’ont rien perdu de leur valeur, et c’est à celles-ci que je m’arrêterai de préférence.
3993. (42 : 1-3.) La première grâce que le Saint-Esprit fait à une âme, celle qui rend manifeste sa conversion, c’est la connaissance de Jésus comme Dieu et Seigneur : voilà ce qui se trouve chez tout vrai membre de l'Eglise. Mais il y a dans PEglise, et par l’action du même Esprit, diversité de dons et d’opérations, comme il y a diversité de services ou de ministères. Sagesse, connaissance, foi, don de guérir, miracles, prophétie, discernement des esprits, langues, interpréta-
L'AMOUR. 99 (HE Corinthiens 12 : 12-26; 27-31, 13: 1-3.) tions : toutes ces grâces viennent du Saint-Esprit, qui les distribue comme il lui plaît, parce qu’il est Dieu dans lunité avec le Père et le Fils, et il les distribue pour Putilité commune.
3994. (12-26.) La volonté de Dieu est, en effet, que les fidèles, pour nombreux qu’ils soient, ne forment entre eux qu’un seul corps, comme le corps humain est un, malgré la diversité des membres dont il se compose : c’est par cetle raison que tous reçoivent un même baptême et sont abreuvés d’un même Esprit. Mais il n’est pas moins important de remarquer dans cette unité du corps de Christ, la diversité des parties qui le constituent, diversité qui provient de la variété des grâces du Saint-Esprit, encore plus que de celle des caractères. Nul ne reçoit toutes ces grâces, comme aussi nul d’entre les fidèles n’en est entièrement privé, et si quelqu'un semblait en être dépourvu, ce serait une raison pour avoir de lui un soin tout particulier. Dans le corps de l'Eglise, aussi bien que dans le corps humain, c’est cette variété qui, non-seulement fait la beauté de l’ensemble, mais encore qui détermine l'utilité de chacun des membres, les rend nécessaires les uns aux autres, établit entre eux une communauté d’action et une sympathie qui fait que le bien ou le mal survenu à l’un d’eux, est ressenti par tous. |
3993. (27-31.) Voici donc, en résumé, ce qui constitue la perfection de l'Eglise par l’action du Saint-Esprit, c’est que, l’ensemble de ceux qui croient formant le corps de Christ ici-bas, chacun d’eux est, pour sa part, membre de ce corps, par la foi. Celle-ci, semblable au sang dans le corps humain, se retrouve chez tous les membres de l'Eglise : c’est par là qu'ils sont égaux. Mais, dans l'Eglise, ainsi formée et bénie, Dieu avait placé, au temps des apôtres, d’abord et en tête, les apôtres eux-mêmes ou les envoyés spéciaux du Seigneur; puis des prophètes, des docteurs; ensuite, des puissances, des dons de guérison, des services, des directions, des langues diverses. Ces grâces, quelque chose qu’il faille entendre par certaines d’entre elles, ces gràces n’appartenaient pas à tous ; elles n’étaient pas toutes de valeur égale pour l’utilité commune, et, bien qu’excellentes assurément, comme tout ce qui vient de Dieu, il y en avait et il en existe encore de plus excellentes. Qu'est-ce done qu’il peut y avoir de plus grand et de meilleur que d’être fait participant de la puissance de Dieu? Cest ce que l’Apôtre ou plutôt le Saint-Esprit, auteur de ces grâces, va nous dire dans une des pages les plus sublimes de la sainte Ecriture.
3996. (13 : 1-3.) Aimer Dieu et nos frères; aimer Dieu dans notre