‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 54 sur 286 · L'AMOUR. LES AUTRES GRACES · texte numérisé non relu

L'AMOUR. LES AUTRES GRACES

(1 Corinthiens 13 : 4-8; 8-13.) prochain, et aimer notre prochain en Dieu : la charité, cet amour qui vient d’un cœur pur, et d’une bonne conscience et d’une foi non feinte (4 Tim. 4 : 5), voilà ce qui est plus que de parler les langues des hommes et des anges, plus que de prophétiser, plus que de connaître tous les mystères et tout ce qui se peut connaître, plus que de transporter les montagnes (Matth. 21 : 21), plus que de distribuer tout son bien aux pauvres et que de livrer son corps aux flammes pour la cause de la vérité, si tout cela se fait sans amour, ce qui s’entend de soi-même. Par le moyen de ces grâces éclatantes, je puis devenir l'instrument de grandes choses dans l'Eglise; mais si je n’ai pas la foi qui déploie son efficace par l’amour (Gal. 5 : 6), je suis comme l’airain sonnant qui appelle au combat et célèbre la victoire; c’està-dire qu’au fond je ne suis rien, et que ce déploiement de la puissance divine, ne m'est, à moi, d’aucune utilité.

3997. (4-8.) L’amour donc, cet amour qui, seul, fait qu’on est quelque chose devant Dieu, et, seul, sert à celui qui le possède; cet amour est tout à la fois le principe et l’accomplissement de nos devoirs envers le prochain. Pour vous en convaincre, voyez le tableau qu’en trace un apôtre qui parla mieux que personne de la charité, parce que le Saint-Esprit en avait rempli son cœur et qu’il guidait sa plume. La patience et la bonté; l'absence de jalousie, de vanité, d’orgueil, de malhonnêteté, d’égoïsme, de rancune, de méfiance ; éprouver de la tristesse à la vue des péchés d'autrui, aimer la vérité, supporter, se confier, espérer, endurer : il y a là une telle abondance d'idées, que je renonce à les développer, laissant à mes lecteurs le soin d’en faire le sujet de leurs méditations. Tel est donc, tel est l’amour dans le cœur des vrais disciples de Jésus-Christ. Il est cela chez tous, bien qu’à différents degrés selon la vivacité et la profondeur de la foi. Or, cet amour ne périt jamais. Se perfectionnant dans l’âme du fidèle à mesure que la vie de Dieu s’y développe, il deviendra parfait en lui, lors de sa réunion avec le Seigneur, et il demeurera l’essence de son être moral durant toute l'éternité, comme il constitue déjà l’essence même de Dieu [124].

3998. (8-13.) Mais si, par sa nature, la charité est d’une durée éternelle, il n’en est pas ainsi des autres grâces, bien qu’elles aient une plus grande apparence. L’Apôtre en prend trois pour exemple : le don de prophétie, celui des langues et celui de la connaissance. Qu’on entende par le premier, ou la faculté de prédire, ou celle de prêcher, il est clair que, lorsque tout sera fini, 1l n’y aura plus rien à prédire,

LA FOI, L'ESPÉRANCE ET L'AMOUR. 401 (E Corinthiens 14: 1-40.)

et que, lorsque nous verrons le Seigneur, il n’y aura plus à le prècher. Les langues cesseront aussi, et nul ne saurait dire quel sera, dans le siècle à venir, le moyen de communication entre les héritiers de la vie éternelle et leur Dieu. Quant à la connaissance, elle deviendra inutile, comme la lune et sa clarté le deviennent, lorsque au matin le soleil se lève, la lune étant encore sur l’horizon. Notre connaissance de Dieu, pour avancée qu’elle soit, est ici-bas la connaissance d’un petit enfant, et l’homme fait ne saurait plus se servir des vêtements de son enfance. Ainsi, toutes les grâces dont les Corinthiens tiraient vanité et que tant de gens voudraient voir reparaître dans PEglise avec l'éclat des temps passés, toutes ces grâces, reparaissant, ne seraient que temporaires, en comparaison de la foi, principe de tout, de lespérance, fille et sœur de la foi, de l’amour enfin, qui procède de l’une et de lautre [38291. Celles-ci sont le patrimoine de l'Eglise d’âge en âge. Encore est-il à observer que la foi sera changée en vue; que les biens éternels, possédés, ne seront plus espérés; en sorte que, sous le point de vue de la permanence, l’amour est, de toutes les grâces, la plus excellente, sans exception : elle l’est encore comme le fruit est plus excellent que larbre, comme la fin vaut mieux que le commencement.

3999. (44 : 1-40.) La conséquence de ce principe n’est pas qu’il faille tenir pour rien les autres dons de l'Esprit, mais qu’on doit, avant toutes choses, s’étudier à la charité, et ne rechercher qu’en seconde ligne ce que l’Apôtre appelle les dons spirituels par opposition à ceux qu’on appelle les dons moraux, Savoir LA FOI, L'ESPÉRANCE et L'AMOUR. Puis, parmi les dons spirituels, il n’en est pas qui soit plus digne de considération que le don de prophétiser. L’Apôtre déclare que cette grâce est de beaucoup préférable au don des langues, et il se trouve précisément qu’elle subsiste seule dans l'Eglise d’une certaine manière ; car si quelqu'un prêche l'Evangile, expose la Parole de Dieu, exhorte, console, persuade par cette Parole, sous la direction du Saint-Esprit, il est vrai de dire, après l’Apôtre, qu'il a quelque part au don de prophétie. Il me paraît, néanmoins, que, dans les premiers temps de l'Eglise, ce don différait, non-seulement en degré, mais en nature, d’avec ce que nous appelons maintenant les dons du prédicateur. Il suit de là, pour le redire, que cette portion de l’Ecriture s’applique difficilement aux temps actuels; par où je n’entends pas qu’elle soit pour nous sans utilité.

4000. Je ferai d’abord une observation que je crois importante.

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