LA RÉSURRECTION
(KE Corinthiens 15 : 35-50.)
ment, dans cette ville d’Ephèse d’où il écrivait, il s’était vu comme au milieu de bêtes sauvages, et cela par un effet même de sa foi et de sa prédication. Mais si les morts ne doivent pas se relever, quelle folie et quelle absurdité de gagner la mort par une telle vie! Les hommes les plus raisonnables ne sont-ils pas ceux qui ont pour toute pensée de se divertir, de jouir des biens de la vie et de n’avoir aucun souci de l'éternité? Prétendre qu'il n’y a pas de résurrection, c’est donc renverser toute morale, c’est au fond nier Dieu, c’est la suprême honte pour des gens qui se disent à Christ. On n’atteint cet excès d’égarement que par la fréquentation des mauvaises compagnies et par l’habitude du péché. Alors on entre dans une sorte d'ivresse, étourdi qu’on est par les passions, et ainsi, je le répète, tout s’explique. La foi en la résurrection est la part des saints : la négation ou l’oubli de cette vérité est le propre d’une âme non convertie.
4010. (35-50.) Une grande difficulté s’élève néanmoins, celle de savoir comment les morts se réveilleront et dans quels corps ils revivront. Le comment et le pourquoi des choses sont d’un grand attrait pour notre curiosité, et comme celle-ci ne saurait être toujours satisfaite, nous tournons notre ignorance en objection contre les faits. Eh bien, sur ce sujet, du moins, nous ne pouvons pas nous plaindre que la Bible nous laisse sans lumières. D'abord, elle nous dit que notre corps ressuscité ne sera pas identiquement le même corps que notre corps actuel. Celui-ci n’est que la semence de ce qui est à venir (Jean 12 : 24). Les fidèles ressuscités posséderont bien réellement un corps; mais il ne s’ensuit pas que ce sera un corps exactement de même nature; car, actuellement déjà, tous les corps ne se ressemblent pas. Semé en corruption, en déshonneur, en faiblesse, le corps du racheté de Jésus-Christ se relèvera incorruptible, plein de gloire et de puissance. Habitation d’une âme en qui PEsprit habite maintenant à côté du péché, il deviendra l’habitation de Esprit sans partage. Car il y a deux Adam : l’un créé en âme vivante; autre, Esprit faisant vivre; celui-là ayant ici-bas précédé celui-ci. Terre, poussière, par le premier Adam, ceux qui croient sont célestes, grâce à PAdam venu du ciel. Toujours est-il que «la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite point de Fincorruptibilité.» L'économie du siècle à venir étant tout autre que celle du siècle actuel, il faut nécessairement que notre être subisse une complète transformation; et déjà PApôtre l’avait donné à entendre dans un autre endroit de sa lettre (6 : 13).
LA COLLECTE. PROJETS DE L'APÔTRE. 107 (E Corinthiens 15 : 51-57; 58. 16 : 1-11.)
4011. (45 : 51-57.) Selon la doctrine exposée précédemment dans l’épître aux Thessaloniciens [3841, 38581, et en adoptant la même forme, lApôtre continue à révéler le mystère des derniers jours. Les fidèles ne mourront pas tous. Ceux qui seront sur la terre à la venue du Seigneur seront changés, transmués. Ce qui ne veut pas dire qu’ils précéderont les fidèles morts auparavant. À la dernière trompette, les morts se réveilleront incorruptibles; après quoi les vivants seront changés ; parce qu’il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que notre être mortel revête l’immortalité. Alors s’accomplira lune des plus belles prédictions d’Esaïe (Es. 25 : 8); la mort sera vaincue, et les rachetés de Jésus entonneront hymne de la victoire, cet hymne auquel leur foi prélude en leur faisant dire avec FApôtre : « Où est, à mort, ton aïiguillon ? où est, séjour des morts, ta vic- LOirÉ 7... grâces à Dieu. qui nous donne la victoire par le moyen de notre Seigneur Jésus-Christ. » Ce qui rend la mort redoutable, c’est le péché; et ce qui nous rend le péché mortel, c’est qu’il est la transgression de la loi. Mais Dieu nous ayant délivrés par Jésus-Christ de la peine et de l’empire du péché, nous n’avons plus rien à craindre ni de là mort, ni du sépulcre; car Jésus a subi la mort pour nous, .et il est sorti glorieusement de la tombe. Voilà comment tout l’espoir du fidèle est fondé sur la résurrection de Jésus-Christ.
4012. (58.) La foi en la résurrection a pour effet d'imprimer à nos convictions, comme à nos espérances et à notre vie spirituelle, une grande fermeté; elle nous rend inébranlables contre les objections et les tentations de Satan ; elle est enfin le pivot dé notre activité morale tout entière. Oh ! combien je plains ceux qui se tourmentent pour ce qui n’est que vanité! (Eccl. 4 : 1.) Heureux, au contraire, qui « travaille, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui est permanente en vie éternelle! » Heureux, en particulier, ce Paui qui abondait en zèle et en dévouement, à mesure qu'il approchait du terme de sa carrière terrestre! Maïs pourquoi heureux? si ce n’est parce que Jésus-Christ est ressuscité et que sa résurrection nous garantit la nôtre. . 4013. (46 : 1-11.) Paul ayant achevé sa longue lettre, recommande aux Corinthiens une collecte générale pour les saints de la Judée, objet qui lui avait été si chaudement recommandé à lui-même par les apôtres de Jérusalem (Gal. 2 : 40). fl les invite à recueillir leurs offrandes le premier jour de chaque semaine, dans les assemblées sans doute qui se tenaient ce jour même en souvenir de la résurrection du Seigneur, prêt à les porter lui-même à Jérusalem, si on le jugeait
(X Corinthiens 16 : 12: 13, 14.)
nécessaire. Nous avons vu d’ailleurs que cela entrait dans le plan de voyage que lui avait suggéré le Saint-Esprit et je n’y reviendrai pas [3875]. Sans repéter non plus ce que j’ai dit sur la mission que Paul avait donnée à son cher Timothée [3950], voyez avec quelle chaleur il le recommande aux frères de Corinthe, et remarquez comme il les exhorte à ne pas le mépriser à cause de sa jeunesse (4 Tim. 4 : 12). Quand le Saint-Esprit dictait à l’'Apôtre cette recommandation, il savait que de très jeunes hommes iraient souvent de sa part annoncer la bonne nouvelle du salut, et il voulait prémunir l’'Eglise de tous les temps contre les préventions défavorables qui pouvaient s'attacher à leur inexpérience. Or, il est certain que la foi en la Parole de Dieu donne de la maturité aux plus jeunes, et ceux qui prêchent fidèlement l'Evangile ont droit au respect, n'importe leur âge.
4014. (16 : 12.) Le désir qu’avait eu Paul de voir Apollos repartir pour Corinthe me confirme dans l’opinion que le docteur alexan- Fe drin n’y était devenu, ni volontairement, ni involontairement, le chef Ed un des partis qui divisaient cette Eglise [3953]. Il y avait sans doute
exercé une grande influence, mais une bonne influence; et notre Apôtre, chez lequel vous ne verrez jamais la moindre ondes aurait voulu qu’Apollos allât appuyer de son autorité les réprimandes et les directions que contient cette épître.
4015. (13, 14.) Ces deux versets nous rappellent les exhortations par lesquelles Paul avait terminé sa première lettre aux Thessaloniciens. Celles-ci sont infiniment plus courtes; mais que de choses en ce peu de mots. Au lieu de vous abandonner au sommeil, comme on le fait après une journée laborieuse, « veillez.» « Demeurez fermes dansla foi, » sans vous laisser ébranler par les doutes du dedans et par les attaques du dehors. «Soyez hommes, » car dans les choses de Dieu il ne s’agit pas d’être mou, faible, lâche, efféminé (Matth. 41 : 49); et, comme en Christ il n’y a ni homme, ni femme (Gal. 3 : 28), on peut dire aussi que les personnes du sexe, même les plus jeunes, acquièrent par la foi quelque chose de viril, de résolu, de courageux dans tout ce qui tient au salut. «Fortifiez-vous » par la prière, par la lecture de la Parole, par l'exercice des grâces de Dieu. Enfin, « que tout ce que vous faites se fasse dans l’amour, » mot qui complète celui du chapitre 40, verset 31; car si nous voulons que notre activité tout entière soit à la gloire de Dieu, il faut qu’elle tire ses inspirations de la charité.
DONNÉES HISTORIQUES. 109 (EH Corinthiens 16 : 15-24. Mite 1 : 4.)
4016. (15-24.) Après avoir recommandé particulièrement aux Corinthiens leurs propres députés, ces chers frères dont la visite avait été un baume pour son âme, toujours si remplie de sollicitude envers les assemblées des saints; après leur avoir transmis les exhortations des Eglises d'Asie, notamment de celle qui s’assemblaïit chez Aquilas, Paul écrit de sa propre main la dernière ligne d’une lettre qu’il avait donc dictée jusque-là. C’étaient probablement sa signature et ses vœux ordinaires qu’il se proposait uniquement de tracer; mais il ne peut se décider à poser la plume sans avoir écrit encore quelques mots, et ces mots sont bien sérieux pour nous, comme ils durent l'être pour les Corinthiens. Hélas ! d’où venaient tant de désordres au sein de l'Eglise de Corinthe, si ce n’est de ce que le Seigneur Jésus n’y était pas aimé comme il mérite de l’être; de ce qu’on parlait et vivait comme s’il n’eût jamais dû revenir? C’est pourquoi le Saint- Esprit déclare par la bouche de l’Apôtre que celui qui n’aime pas le Seigneur Jésus est anathème, ou exécration; ou, en d’autres termes encore, qu’il n’a pas cessé d’être au nombre des maudits (Matth. 25 : M). Puis il ajoute un mot en langue syriaque, mot sans doute bien connu des Corinthiens, pour l'avoir souvent entendu prononcer à Paul : Maranatha, « le Seigneur vient. » Maranatha! Ne pensez-vous pas, mes chers lecteurs, que si ce mot et l’idée qu’il exprime étaient plus habituellement présents à notre pensée, nous serions gardés de bien des tristesses et de bien des péchés? Ce dernier avertissement de l'Apôtre était donc le fruit de l’amour qu'il portait aux Corinthiens. I finit en le leur assurant expressément : «Mon amour est avec vous tous dans le Christ Jésus. Amen. »