LA FOI, LA LUMIÈRE ET LA FORCE
(Hi Corinthiens Æ : 16-18. & : 1-10.)
horreur pour toute voie détournée, de son scrupuleux attachement à la vérité, de la confiance enfin qu’il mettait en elle. De là venait qu’il ne se lassait pas de prêcher la bonne nouvelle du salut, sans s’étonner de la voir rejetée par ceux dont Satan, le dieu de ce siècle, aveuglait les yeux pour qu’ils se perdissent. C’est encore par cette raison que, loin de se prêcher lui-même et de songer à s’élever (1 Cor. 8 : 5), il:se mettait à la pleine disposition de tous, pour l'amour de Celui qu’il préchait et de qui procède la lumière. Nul ne savait mieux que Paul combien les ministres de l'Evangile sont personnellement audessous de leur tâche. La doctrine du salut, la connaissance de la gloire de Dieu en la personne de Jésus-Christ, est un trésor inappréciable ; mais ceux qui le présentent au monde sont de pauvres vases de terre. Cependant, la foi leur donne la force et l'éclat du diamant, afin qu’on voie à n’en pouvoir douter que ce qu'ils offrent vient de Dieu. En somme donc, et Paul et tous ses vrais successeurs ont pu dire avec le Psalmiste : « J'ai cru, c’est pourquoi j'ai parlé » (Ps. 446 : 10). Et que croyaient-ils? — Que Celui qui a réveillé Jésus d’entre les morts les réveillerait aussi par le moyen de Jésus et les présenterait vivants devant lui, au jour de sa venue, avec tous ceux qui auraient reçu leur parole; car enfin, ce ministère si excellent et la foi de ceux qui le remplissent, tout est en vue des élus et pour que la gloire de Dieu soit magnifiée par leurs actions de grâces.
4043. Reprenons dans ce morceau deux passages sur lesquels nous n’aurions pu nous arrêter sans interrompre le fil de cette analyse. Le premier est celui qui, après avoir rappelé indirectement notre profonde misère, compare l’état naturel de notre cœur à l’état du globe terrestre lorsqu'il était tout enveloppé de ténèbres, et qui nous montre Dieu faisant luire sa lumière au dedans de nous par sa Parole, afin que nous puissions contempler la gloire de Jésus-Christ (6). C’est donc une vérité certaine, que toute lumière procède du Seigneur.
4044. Le second passage est celui où l’Apôtre décrit avec une vraie et sublime éloquence le contraste qu’offre si souvent l’enfant de Dieu pressé par la tribulation, en perplexité, persécuté, abattu, mourant tous les jours, et cependant tellement plein de la vie de Dieu et de sa paix, et de sa force, que rien ne peut l’écraser, ni réellement Pébranler (8-12). Vous donc qui cédez si facilement aux impressions du dehors, n’en accusez que la faiblesse de votre foi et votre peu de communion avec Jésus-Christ!
4045. (46-18 ; 5 : 1-10.) En conséquence, voici les sentiments d’un
LES DEUX CHEZ-NOUS. 1923 (EX Corinthiens 4 : 16-18. & : 1-10.)
vrai disciple. Jamais il ne se décourage. Il voit de jour en jour, comme Paul, son homme extérieur dépérir; l’âge et les infirmités dévorent lentement son corps; mais de jour en jour aussi son homme intérieur se renouvelle par l’action constante du Saint-Eprit. Il a des tribulations dans le monde; mais elles lui paraissent légères en comparaison de celles que ses péchés méritent, légères au prix de celles du Sauveur, légères surtout s’il les met en regard de la gloire souverainement excellente à laquelle ces tribulations mêmes le préparent. Remarquez toutefois qu’il s’agit du vrai disciple, de celui qui, racheté de Jésus, regarde non aux choses visibles et passagères, mais aux invisibles, qui sont éternelles. Cette dernière pensée est développée tout au long. Notre état ici-bas est semblable à une maison ou à une habitation temporaire; mais nous qui croyons, nous savons (et non pas seulement nous espérons, nous aimons à penser), nous savons, dis-je, que Dieu a construit dans le ciel un édifice qui n’est pas fait de main d’homme, un état permanent que rien ne saurait abolir. Or celui qui a bâti cette maison céleste prépare aussi les âmes qu'il destine à y habiter, les faisant être, dès ici-bas, les temples du Saint- Esprit. Si donc nous sommes de ceux qui ont reçu les vêtements du salut, la robe de noces [3358], arrhes de l’héritage, il nous arrivera de gémir quelquefois au fond du cœur et de soupirer après notre domicile à venir, non pour être dépouillés, mais pour être revêtus; c’est-à-dire, non pour être délivrés des maux de la vie, mais pour nous voir parés du manteau royal de la sainteté ; non pour mourir, la seule chose que voient les mondains malheureux, mais pour vivre. En résumé, il y a deux « chez-nous ; » l’un que nous voyons, lPautre que nous croyons. Dans ce corps mortel, nous sommes chez nous, mais c’est un chez-nous qui nous tient loin du Seigneur et comme en voyage. Puis, nous avons un chez-nous auprès du Seigneur. Si nous le croyons réellement, nous marcherons avec confiance dans le chemin qui conduit à ce chez-nous, qui est le véritable. Enfin, «soit que nous soyons chez nous, soit que nous soyons hors de chez nous,» nous nous efforcerons d’être agréables au Seigneur, sachant qu’à notre délogement nous devrons tous comparaître devant le tribunal de Christ, et qu’alors nos œuvres montreront si nous avons cru en lui ou non. — Tout ceci, pour le dire en passant, établit clairement, comme au reste la seconde épître aux Thessaloniciens tout entière, que Paul ne nourrissait point l'erreur qu’on lui impute quelquefois sur l’époque du retour de Jésus-Christ. Il comptait réellement mourir.
124 RÉGÉNÉRATION. RÉCONCILIATION. SUBSTITUTION. (HE Corinthiens 5 : 11-21.)
Quant à sa réunion avec le Seigneur, il ne l’attendait que pour le grand jour du jugement universel. Mais l’intervalle qui sépare ces deux moments ne devant avoir de durée sensible que celle d’un clin d'œil, d’un éclair, il en résultait pour Paul, comme pour nous, que sortir de ce monde, c’est aller vers Jésus.
4046. (11-21.) C’est la pensée du jugement à venir, jointe à son ardent amour pour ses frères, qui rendait Paul si pressant dans ses exhortations et si désireux de persuader ceux auxquels il prêchait. Quelquefois il en était comme hors de sens, et alors c’était entre Dieu et lui que tout se passait; mais quand il retrouvait le calme, c'était pour reprendre avec un nouveau zèle l’œuvre qui lui était confiée auprès des âmes. Cet amour si vif et ce zèle si persévérant proviennent, d’un côté, de ce que les fidèles ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour le Seigneur, leur homme naturel étant mort avec lui sur la croix; d’un autre côté, de ce qu'ils sont devenus des êtres spirituels, préférant même leurs relations invisibles avec Christ à celles qu'ils pouvaient avoir eues avec lui durant les jours de sa vie terrestre. Sur ce dernier point, l’Apôtre dit «nous, » selon son habitude (4 Cor. 45 : 51; 4 Thess. 4 : 15), bien qu’il ne puisse s’agir de lui personnellement. Mais ces dispositions mêmes découlent de la considération de l'amour de Christ et sont l’effet d’une nouvelle création; car pour nous qui croyons en Jésus-Christ et qui, par-la foi, sommes un avec lui, toutes choses sont devenues nouvélles. Oui, toutes choses : le ciel, la terre, nos relations de famille, nos rapports avec les autres hommes, nos désirs, nos craintes, nos espérances; tout à pris un nouvel aspect, un nouveau sens, une nouvelle direction par la régénération de notre cœur, et cette régénération même vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Jésus-Christ. En effet, si le Seigneur ne se füt donné pour les pécheurs, nul de nous n’eût pu recevoir le Saint-Esprit, par lequel se produit la nouvelle naissance. L’Evangile n’a donc pas de vérité plus fondamentale que celle-ci : « Dieu était dans le Christ, réconciliant le monde avec soi, ne leur imputant point leurs offenses; » et toute la prédication de l’Evangile se résume dans cette simple, mais sublime pârole : « Soyez réconciliés avec Dieu; car celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait être péché pour nous, afin que nous, nous devinssions justice de Dieu en lui. » Ces paroles nous prêchent clairement la doctrine de la substitution, par où l’on entend que Jésus-Christ ayant, à notre place, été traité comme un pécheur, et même comme s’il eüt été le péché en personne, nous sommes