LA SÉPARATION D’AVEC LE MONDE
(IX Corinthiens 6 : 11-18. © : 1.)
pleinement en sa véracité; on le connaît très bien et l’on fait comme si on ne le connaissait pas; il est tenu pour mort, et pourtant il vit; triste et toutefois joyeux, pauvre et enrichissant beaucoup de gens, n'ayant rien et possédant tout, car il a Christ pour lui.
4049. (41-18 ; 7 : 1.) Après un chaleureux appel aux affections de ses chers disciples de Corinthe, qu'il invite à l’aimer et à s’aimer les uns les autres comme il les aimait lui-même, lApôtre insiste avec une grande force sur le devoir imposé aux fidèles de ne former aucune relation intime avec les hommes non convertis. En effet, d’un côté sont la justice, la lumière, le Christ, la foi, le temple de Dieu (4 Cor. 3 : 16, 17); de l’autre, l’iniquité, les ténèbres, Bélial, l’incrédulité, les idoles! Quelle union réelle peut-il exister entre des choses si opposées? Paul s’appuie d’ailleurs sur des promesses et sur des recommandations de la Parole de Dieu auxquelles nous devons nousmêmes prêter une oreille attentive. D’abord, une promesse faite à ancien peuple, type du peuple de la nouvelle alliance (Lévit. 26 : 49); puis, une invitation prophétique au nouveau peuple, à l’effet de l’arracher des impuretés du monde (Esaïe 52 : 11); enfin, la promesse formelle que ceux qui formeraient ce peuple seraient les fils et les filles du Tout-Puissant (Jér. 31 : 4, 9). De là résulte pour nous, si nous appartenons à l'Eglise des rachetés, l'obligation positive de « nous purifier de toute souillure de la chair et de l’esprit, achevant notre sainteté dans la crainte de Dieu, » ce que nous ne pouvons faire en vivant au milieu du monde, avec le monde, comme le monde. Nous voyons, du reste, dans cette magnifique exhortation, qu'il y a des souillures de lesprit, comme il y en a de la chair, et que celles-là, connues de Dieu seul, ne sont pas les moins criminelles; qu’il y a chez tous ceux qui croient une sainteté commencée et que cette sainteté doit se perfectionner; qu'il existe une crainte du Seigneur parfaitement compatible avec le sentiment de notre adoption, et que si nous devons achever notre sainteté dans la crainte de Dieu, c’est par la for en ses promesses que nous nous y encourageons et que nous y réussissons. |
CCCII. — Les deux tristesses; l'aumône; apologie de Paul; exhortations. — Un mot sur les sept premières épiîtres de Paul.
4050. Si l’on voulait diviser en deux la lettre que nous étudions, c’est ici que commencerait la seconde partie. Déjà dans la première,
LA TRISTESSE SELON DIEU. 497 (EX Corinthiens ? : 2-16.)
l’Apôtre a touché quelque chose du sujet qu’il avait particulièrement en vue; mais c’est surtout à partir d’ici qu’il le prend pour ne plus le quitter. Ce sujet, c’est l'effet produit à Corinthe par sa précédente lettre, effet qu'il pouvait connaître jusqu’à un certain point par Timothée, mais dont il ne fut pleinement informé que par l’arrivée de Tite. Il se pourrait même que sa lettre fût déjà commencée lorsque Tite le rejoignit en Macédoine, et nous aurions ici les lignes qu'il ajouta dès lors:
4051. (7: 2-16.) Il est clair que la première lettre de Paul n’avait pu contenter tout le monde, et c’est à cela que l’Apôtre fait allusion, lorsqu'il sollicite la bienveillance des Corinthiens, lui qui ne leur avait jamais causé de dommage, qui n’avait rien exigé d’eux, qui les aimait, comme on dit , à la vie et à la mort, et qui ne cessait de mettre en eux une grande confiance. L'arrivée de Tite n’avait fait que le confirmer dans ces sentiments. Ce qu’il venait d’apprendre à leur sujet, le remplissait d’une grande joie et le consolait de son afiliction précédente. Bien que sa lettre les eût affligés, ils goûtaient, eux aussi, la plus pure des jouissances, puisqu’ils avaient retrouvé les consolations divines, en rentrant dans la bonne voie par le repentir. Tite lui-même était revenu de chez eux, plein d’amour pour leur Eglise et tout édifié des choses dont il y avait été témoin. Telle est en abrégé cette portion de la lettre, où je ne m’arrêterai pas à vous faire observer de nouveau la profonde sensibilité de Paul et la délicatesse de ses sentiments. Mais remarquons ce qu'il dit de la tristesse selon Dieu, par opposition à la tristesse du monde. Celle-ci, soit qu’on entende par là les ennuis, les fatigues, les peines , les déceptions, les souffrances de la vie; soit qu’il faille y voir les remords et les agitations de la conscience, les reproches dont le pécheur, même non converti, ne peut se défendre quand il contemple les suites de ses péchés; cette tristesse du monde ne va qu’à la mort : les exemples les plus frappants sont ceux de Saül, d’Ahitophel, de Judas. Mais la tristesse selon Dieu, celle qu’avaient éprouvée les Corinthiens, la vraie et profonde douleur d’avoir offensé le Seigneur, la tristesse d’un David repris par le prophète de l'Eternel , ou d’un Pierre atteint par le regard de la miséricorde céleste ; cette tristesse produit une conversion à salut dont on ne se repent jamais. La connaissez-vous, cette tristesse, mes chers lecteurs? Si vous n’étiez pas pécheurs, vous pourriez recevoir la paix de Dieu sans passer par la tristesse; mais, dans votre condition réelle, vous ne le pouvez pas. Et si vous demandez : Que faut-il donc faire