APOLOGIE DE PAUL
(EX Corinthiens 11 : 1-5; 12-21.)
4056. (11 : 1-5.) Cependant , puisqu’il y avait des gens assez aveuglés ou assez pervertis, pour s’obstiner à dénigrer Paul et son ministère, il fallait bien qu'il se justifiât, au risque (et voilà l’imprudence), au risque de paraître se vanter, et même de se laisser aller involontairement à quelque mouvement d’orgueil. Mais s’il se décide à le faire , c’est par intérêt pour la gloire du Christ et pour le salut des âmes. Oui, il était jaloux de l’affection et de la confiance des Corinthiens, non pour lui, l’ami de P'Epoux [2768], mais pour l’Epoux luimême. Les Corinthiens ne pouvaient se détacher de Paul sans se détacher du Seigneur, et peu à peu ils devaient en venir à rejeter l'Evangile, pour s'attacher aux faux docteurs. Voici donc ce qu’il doit encore dire, afin de rétablir son autorité, contestée au détriment de celle du Seigneur. C’est, d’abord, qu’il n’a été inférieur en rien aux douze premiers apôtrés, auxquels il donne cependant le nom d’Envoyés ou d’Apôtres par excellence ; c’est que, s’il ne parle pas le langage des lettrés, il n’en a pas moins reçu plus qu’eux, la connaissance des mystères célestes; c’est enfin qu'il a prêché l'Evangile aux Corinthiens , sans recevoir d’eux aucun émolument. Il avait vu d’entrée à quelle espèce de gens il avait affaire. En cette ville universellement adonnée au commerce, il fallait, plus que nulle part, éviter l’apparence de vues intéressées, tout comme 1l importait de ne pas se mettre sous l’orgueilleuse dépendance du petit nombre de riches qui y recevraient l'Evangile. Mais , ici même, remarquez quelle délicatesse de sentiment. Quand nous aimons quelqu'un, nous ne craignons pas de lui être redevable ; aussi Paul se hâte-t-il de dire : «Si je n’ai rien voulu recevoir de vous, est-ce peut-être que je ne vous aime pas? » — « Dieu le sait : » telle est sa réponse.
4057. (19-921.) À défaut de justes griefs contre les serviteurs de Dieu, les adversaires de la vérité cherchent des prétextes. Or, ces prétextes mêmes, il faut, par charité, les leur enlever s’il est possible. Mais, parmi les adversaires de la vérité, les plus dangereux sont ceux qui la combattent en se rangeant sous ses étendards; qui, au nom de la vérité, renversent la vérité; qui se donnent l’apparence de vouloir, eux aussi, fonder tout leur système sur la Bible et se donnent pour ministres de Jésus-Christ : ouvriers trompeurs, dit lApôtre, Satan se transformant en ange de lumière, ministres du mal, dont la fin sera selon leurs œuvres! Or, à supposer que Paul fût un imprudent, il y avait plus d’imprudence encore à écouter des hommes qui, n’ayant pour eux que leur arrogance, travaillaient à la perte des âmes,