LA FRATERNITÉ, LE TRAVAIL
(E WMhessaloniciens Æ: 9, 10; 11, 12.)
disent que trop quelles en doivent être les conséquences finales au jugement de Dieu. Oh! je supplie instamment et sérieusement mes lecteurs , jeunes et vieux, de considérer leur conduite et leurs habitudes à cet égard ; c’est une puissance terrible que celle qu’exercent sur nous les passions charnelles, et cette puissance ne va à rien de moins qu'à la ruine de l’âme.
3838. (9, 10.) Quant à la fraternité, c’est-à-dire quant à l’amour, aux égards, aux bons procédés que des frères en Christ se doivent les uns aux autres, il ne devrait jamais être nécessaire d’y exhorter : c'est un sentiment. si naturel, une fois qu’on à reçu du Saint-Esprit un nouveau cœur! Telle n’est pas cependant la raison qui porte PApôtre à n’en toucher qu’un mot en passant. Celle qu’il en donne est que, sous ce rapport et grâce à l’enseignement de Dieu, les fidèles de Thessalonique ne laissaient rien à désirer. Quel beau témoignage il leur rend! Combien il serait à souhaiter qu’on en püt dire de même anjourd’hui, si ce n’est de tous ceux qui portent le nom de chrétiens (hélas! le nom ne fait pas la chose), de tous ceux du moins dont le cœur appartient à Jésus-Christ? Mais encore que cela füt, toujours devrait-on les exhorter, avec l’Apôtre, à y faire des progrès. Quel que soit notre amour pour nos frères, il est susceptible d’accroissement, et toute affection qui ne s’accroît pas est un feu qui s’éteint.
3839. (11, 12.) La vraie fraternité n’est pas plus connue et pratiquée par le monde que ne l’est la vraie pureté ; ce que le monde ne connaît guère mieux, c’est le devoir de mener une vie laborieuse. On travaille, et même beaucoup, en certains pays agricoles et en certaines villes manufacturières; mais c’est généralement parce qu'il le
faut, bien plus que par devoir; c’est pressé par la faim ou par. l’avarice; c’est dans l’espoir de pouvoir un jour demeurer sans rien faire; c’est en vue des jouissances que la fortune procure. Si l’homme non converti pouvait se dispenser de tout travail, il le ferait dans la plupart des cas; or, c’est précisément ce à quoi les citoyens des républiques de la Grèce et de Rome étaient parvenus en tous lieux. La plus grande partie de la population subissait les dures lois de lesclavage; soumise à la minorité riche et armée, la population esclave faisait tous les travaux pénibles, et les autres vivaient sans rien faire, J’entends sans toucher à aucun des travaux qui exigent l'emploi de la force physique. Les arts mécaniques, les occupations manuelles semblaient indignes de l’homme, parce que l’homme s’y fatigue, quelquefois s’y épuise, et que nous sommes naturellement paresseux,
LA PROCHAINE VENUE DE JÉSUS. 43 (E Mhessaloniciens Æ: 13-18. & : 1, 2.)
nonchalants, ennemis de la peine, des sueurs, de la souffrance, suite et gages du péché. Il n’y avait d'exception à ce désordre universel que chez les Juifs, grâce aux lumières qu'ils avaient reçues de Dieu (Gen. 2 : 15; Ex. 20 : 9). Aïnsi Joseph, l’époux de Marie, fut charpentier; Pierre et ses collègues, pêcheurs ; Paul, faiseur de tentes. Il y avait donc à lutter, dans les Eglises d'Europe, contre des habitudes invétérées d’oisiveté, il y avait à réhabiliter les travaux manuels. Les motifs que l’Apôtre met en avant, c’est que, par une occupation régulière et assidue, on entre dans un genre de vie calme, paisible, régulier, tel qu’il convient à des disciples du Christ; c’est ensuite que, par cette voie, on évite des relations peu convenables avec le monde, relations si souvent le fruit de l’oisiveté ; c’est enfin que, par le travail, on se procure ce genre d'indépendance qui consiste à n’avoir besoin de personne. Car si le chrétien riche doit être toujours prêt à donner, le chrétien pauvre doit éviter autant que possible de demander.
3840. (13-18; 5 : 4, 2.) Cependant, l’Apôtre ne saurait oublier les consolations qu’attendaient ses amis de Thessalonique, car c’était pour cela même que le Saint-Esprit l’avait poussé à leur écrire. Il Les avait laissés sous le coup de la persécution, et ils avaient déjà plus d’un frère à pleurer, soit qu'ils fussent morts de mort naturelle, soit qu’ils eussent été victimes de la violence des adversaires. D'abord, il les console en leur parlant de la mort comme d’un sommeil, dont les rachetés de Jésus se réveilleront, de la même manière que le Sauveur s’en est relevé après avoir été couché dans le sépulcre. Ensuite, PApôtre dit que ce réveil général de tous ceux qui dorment en Jésus doit coïncider avec son retour ; qu’alors les trépassés entendront le commandement du Seigneur, acompagné d’une voix d’archange et d’une trompette de Dieu (Jean 5 : 25); que le moment de son retour est proche, et que ceux qu'il recueillera dans son sein demeureront toujours avec lui. Voici même ce qui arrivera et ce qui est propre à remplir de joie, c’est que les fidèles morts antérieurement au retour du Seigneur se réveilleront de leur sommeil avant que les fidèles alors vivants soient transportés auprès de lui. En sorte que, à nous supposer, nous, sur la terre, au moment où Jésus paraîtra, nous le verrons venir, escorté des fidèles et des saints de tous les temps, depuis Abel jusqu’à ceux qui auront rendu le dernier soupir quelques instants avant sa manifestation, et nous ne précéderons dans la nouvelle vie aucun de ceux qui seront morts avant nous. C’est là ce que lApôtre présente aux