LES ÉPÎTRES DE PAUL
admirable bénédiction de la part du Dieu trois fois saint : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, et l’amour de Dieu et la communication du Saint-Esprit soient avec vous tous, » amen! [926.]
4067. Avant de retourner au livre des Actes, jetons un dernier coup d’œil sur les épitres que nous avons étudiées jusqu'ici : deux aux Thessaloniciens, une aux Galates, une à Timothée, une à Tite et deux aux Corinthiens. Ce sont toutes des lettres de circonstance, ou, comme nous dirions, des lettres d’affaires. Affaires, non de ce siècle, mais du royaume des cieux; toujours est-il que si Paul écrivit aux Thessaloniciens, ce ne fut pas pour leur prêcher l'Evangile, mais pour les consoler dans leurs peines ; aux Galates, pour les retenir sur le bord de l’abime où ils couraient; à Timothée, pour lui donner les directions qu’exigeait son isolement momentané; à Tite, pour lui mettre sous les yeux tous les détails du mandat qui lui était confié; aux Corinthiens, enfin, vous venez de le voir, Paul écrit pour ramener l’ordre au milieu de leurs Eglises, déchirées par l’orgueil et l’esprit de parti. Il en résulte que le fond de ces épitres est essentiellement pratique. Elles ne sont, ni les unes ni les autres, destinées à exposer le système évangélique, pas plus au point de vue de l'Eglise qu’au point de vue du dogme et de la morale. Vous aurez pu remarquer cependant combien les enseignements de cette nature y abondent. Mais ce que vous n'aurez pas observé peut-être, c’est la forme générale dont le Saint- Esprit y revêt les pensées de l’Apôtre, forme qui rend évidente l’intention du Seigneur que cette Parole fit autorité dans tous les temps et qu’elle s’étendit à d’autres hommes qu’à ceux qui la reçurent les premiers; c’est ce que vous voyez, par exemple, dans l'affaire de la collecte [4053]. L’observation de ce fait est encore plus frappante en ce qui concerne l'exercice des dons miraculeux [39991 et des viandes consacrées aux idoles [3981], par la raison que ceci est tout à fait en dehors de nos circonstances actuelles. De cette manière, les instructions apostoliques sont, à la fois, tout ce qu’on peut de plus spécial et de plus général : c’est, ensemble, le concret et l’abstrait.
2068. L'esprit de Paul, conduit par l'Esprit de Dieu, se porte donc successivement, comme Dieu lui-même, des petites choses aux grandes. Gela se voit surtout dans l’élévation des motifs sur lesquels Paul fonde lPaccomplissement du devoir et la profondeur des principes qui servent de base à son argumentation, quel qu’en soit l’objet.
138 ACHÈVEMENT DU TROISIÈME VOYAGE DE PAUL, (Actes 20 : 1-3.)
Rappelez-vous, par exemple, à l’occasion de quoi vient cette magnifique parole : « Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus- Christ; c’est qu'étant riche, 1l a vécu en pauvre à cause de vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis » (2 Cor. 8 : 9); et cette autre : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint- Esprit, qui est en vous, lequel vous avez de Dieu, et que vous n’êtes point à vous-mêmes ; car vous avez été achetés à prix; c’est pourquoi glorifiez Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu » (1 Cor. 6 : 19, 20). Je pourrais multiplier les exemples; mais ceux-ci suffisent pour me faire comprendre et pour attirer l’attention de mes lecteurs sur ce trait, qui est comme le cachet, non pas de Paul assurément, mais de l'Esprit qui parlait en lui.
ACTES DES APOTRES
(Suite)
CCCIIT. — Paul achève son troisième voyage missionnaire en traversant la Macédoine et la Grèce; retour par Troas, Milet, Tyr et Césarée. Cinquième et dernier voyage à Jérusalem.
4069. (Actes 20 : 1-3.) Reprenant l’histoire de Paul où nous l’avons laissée [3878], et complétant le récit du livre des Actes par les renseignements que nous ont fournis les épitres de cette époque, nous devons redire ce que le grand apôtre devint quand il eut quitté Ephèse, et le suivre jusqu’à son dernier voyage à Jérusalem. Au lieu de se rendre directement à Corinthe, comme il en avait eu un moment la pensée (2 Cor. 1 : 15, 16), Paul prit le chemin de la Macédoine, où nous l’avons vu écrivant sa seconde lettre aux Corinthiens. Mais, auparavant, il avait passé quelque temps à Troas, attendant Tite, que, dans l'intérêt de la collecte et sans doute aussi pour qu’il püt l’informer de l’état des choses à Corinthe, 1l avait invité par Tychique et Trophime à passer en Achaïe [4031]. Tite n’arrivant pas, Paul était parti pour la Macédoine, où 1l trouva Timothée, revenu récemment de Corinthe, si toutefois il y avait été [3950, 4013], et quelque temps après il vit enfin arriver Tite avec des nouvelles de plus en plus satisfaisantes. Quant à la manière dont Paul occupa son temps, soit à Troas, soit en Macédoine, il n’est pas trop difhcile de le
PAUL EN MACÉDOINE ET EN GRÈCE. 139 (Actes 20 : 4,5.)
conjecturer. Nous savons qu'il y avait des Eglises en ces lieux déjà visités par Paul; nous connaissons, d’un'autre côté, le zèle avec lequel il prêchait PEvangile à ceux qui ne l’avaient pas encore entendu.
4070. L’historien sacré ne nous dit pas combien de temps Paul séjourna en Macédoine avant de diriger ses pas vers la Grèce, mais il nous apprend qu’il ne demeura que trois mois dans ce dernier pays, et qu’au moment de s’embarquer pour la Syrie, il fut décidé qu'il retournerait plutôt par la Macédoine. Or on sait qu’à cette époque les voyages sur mer ne se pratiquaient pas avant le mois de mars. Ge seraient donc décembre, janvier et février qu’ilaurait passés en Grèce, et comme il était parti d’Ephèse vers la Pentecôte, son séjour de Troas et de Macédoine comprendrait environ six mois. Quant à ces trois mois d'hiver passés en Grèce, est-ce que ce fut à Corinthe ou à Nicopolis? Il est probable que Paul partagea son temps entre ces deux villes. Je dirais même qu’il le donna tout entier à Corinthe, si l’épître aux Romains (que nous lirons bientôt) ne nous montrait notre infatigable missionnaire annonçant l'Evangile en none c’est-à-dire non loin de Nicopolis.
4071. (4, 5.) Ainsi donc, après avoir vu pour la quatrième fois [3790, 3915, 40311 ses chères Eglises de Macédoine, Paul reprit le chemin de l’Asie, accompagné d’un de ses amis de Bérée, nommé Sopater; de trois Thessaloniciens, Aristarque, Second et Gaïus; de Timothée, de Derbe (notre Timothée); puis de Tychique et de Trophime, dbré frères d'Ephèse ou du voisinage, rejoints, selon toute apparence, à Corinthe [4052]. Qu'il est intéressant de voir tous ces hommes ainsi groupés autour de PApôtre, et formant comme la couronne de son ministère! D’abord, un de ces Béréens qui s'étaient montrés si zélés à confronter avec les Ecritures ce que Paul leur disait; puis, trois frères de Thessalonique, de ceux auxquels il avait écrit : « Quant à amour fraternel, vous n’avez pas besoin qu’on vous en instruise; » ensuite Timothée, son véritable enfant dans la foi; deux membres enfin de l'Eglise d’Ephèse, à laquelle Paul avait consacré tant de soins au milieu de tant de peines, tous, ses disciples; quelques-uns, convertis par lui dès ses premiers voyages, d’autres, peut-être, fruits plus récents de son noble travail et les prémices de la grande moisson des âmes en Europe et en Asie. Ils prirent les devants, nous ést-1l dit. Arrivés à Troas, ils y attendirent Paul et ses autres compagnons de route, au nombre desquels se retrouve Luc, l’auteur même du livre des Actes, comme on le voit par l’emploi