ARRIVÉE A JÉRUSALEM
(Actes 21 : 15, 16.)
sa vie s’il le fallait, il se sentait, non pas ébranlé, mais déchiré par tant de sollicitude. Ses amis le comprirent enfin, et, calmés par son propre calme : «Que la volonté de Dieu soit faite, » dirent-ils, tous d’une voix. Ils sont nombreux, dans l’histoire de l'Eglise, les moments où les serviteurs de Dieu ne purent accomplir leur tâche qu’au prix de grands déchirements ; or le temps des sacrifices n’est pas fini, et ceux qui aiment leurs frères doivent veiller sur eux-mêmes etssur leurs propres impressions, pour ne pas rendre, par des sollicitations inopportunes, l’immolation toujours plus douloureuse.
4082. (15, 16.) Enfin donc, Paul s’achemine du côté de cette ville de Jérusalem, où il allait rentrer pour la cinquième et dernière fois depuis sa conversion et d’où il ne devait sortir que lié de chaînes comme un malfaiteur. Il y monte escorté, non-seulement par les compagnons de son long voyage, mais encore par plusieurs disciples de Césarée. Ce n’était pas pour le protéger contre ses ennemis, ni par curiosité de ce qui allait arriver; mais il leur était doux de lassister de leur présence et de leurs prières. Ils conduisirent Paul, Luc et les autres chez un Cyprien, nommé Mnason. C’était un ancien disciple, converti peut-être au Seigneur dans le premier voyage missionnaire de Paul. Heureux Mnason ! d’avoir pu exercer l’hospitalité envers ce grand et fidèle serviteur de Dieu! Ce devait être l’an 58 de l’ère chrétienne. — Je n’entrerai pas dans l’exposition des données historiques qui servent à déterminer cette date; mais 1l ne sera pas sans intérêt pour mes lecteurs d’entrevoir du moins par quels calculs astronomiques on a pu se diriger. Nous avons vu, dans celte Etude même [4072], que Paul partit de Troas un lundi, après y avoir passé sept jours, et qu’il en avait mis cinq pour se rendre de Philippes à Troas. Il suit de là qu’il avait quitté Philippes un mercredi, savoir douze jours avant son départ de Troas. Mais on voit, d’un autre côté (Actes 20 : 6), qu’il était parti de Philippes à l'expiration de la semaine dite des pains sans levain , et comme cette semaine suivait immédiatement la Pâque, il est facile de calculer que, cette année, la Pâque, ou le 45 Nisan, tomba sur un mardi, et par conséquent aussi le 4er de Nisan. Là-dessus, on s’est posé ce problème : En quelle année de cette période, la lune de l’'équinoxe du printemps se renouvela-t-elle un mardi? Par des tables astronomiques qu’il est possible de rétablir, on s’est convaineu que ce dut être en l’année 54 ou en l’année 58; mais que ce ne peut avoir été aucune des années intermédiaires ou immédiatement subséquentes. Or, après avoir pesé le pour et le contre, il me paraît que l’an 58 est