‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 78 sur 286 · CCCIV. — Introduction. — La misère de l'homme · texte numérisé non relu

CCCIV. — Introduction. — La misère de l'homme

4083. Il me tardait d'arriver à cette épître, une des plus importantes portions de la Parole de Dieu, celle qu’on a appelée la Clef d’or des Ecritures. Toutes les lettres de Paul sont pleines de doctrine; partout la lumière divine y éclate ; à propos de tout, on y retrouve les grands dogmes du salut, indiqués , rappelés , si ce n’est toujours exposés et développés; cependant, celles que nous avons lues jusqu'ici sont plutôt, comme je l’ai dit, des lettres de circonstances, ou si l’on veut des lettres d’affaires, en entendant ce mot dans le même sens que notre Seigneur (Luc 2 : 49). Ici, au contraire, nous avons une lettre entièrement dogmatique, un vrai traité de théologie, complet et divin, comme jamais aucun n’a pu l'être. On a dit quelquefois que la Bible n’est pas un système de religion, et l’on a dit vrai dans un sens. On ne saurait nier cependant qu’elle ne pose certains principes fondamentaux, auxquels les écrivains sacrés rattachent de nombreuses conséquences, principes elles-mêmes de nouvelles déductions ; or,

ce bel ensemble de doctrines forme bien certainement un système. Non-seulement cela, mais encore Dieu n’a pas voulu nous laisser le soin de recueillir çà et Ià dans le saint livre les vérités fondamentales et leurs principaux corrollaires ; il les a lui-même résumés en quelques pages, afin que d’un coup d’œil on puisse savoir tout ce qu’il faut et par là s’expliquer tout le reste. Ces quelques pages, c’est l’Epître aux Romains; et veuille le Saint-Esprit, qui l’a dictée, nous l'expliquer lui-même, pour notre salut et la gloire de Dieu!

4084. (4: 13, 15, 292; 45 : 95.) Il ne peut y avoir qu’un avis sur l’époque où cette lettre fut écrite. Paul n’avait pas encore vu Rome, et 1l allait à Jérusalem, porteur de la collecte qui s'était faite en Grèce pour les saints de la Judée. Cela, joint à d’autres détails que nous verrons à la fin de l’épître, conduit à penser qu’elle fut écrite au moment de quitter Corinthe, lan 58 [4070, 4082]. Avant de partir d’'Ephèse, Paul avait eu déjà lintention de pousser jusqu’à Rome (Actes 19 : 21). Contrarié dans son plan, il ne veut pas tourner le dos à l’Occident sans avoir satisfait, en partie, le vœu de son cœur; ou plutôt, c’est le Saint-Esprit qui l’incite à adresser aux fidèles de Rome cette lettre qui, dès lors, a éclairé, converti, consolé et sanctifié tant et tant de milliers de pécheurs.

4085. (4 : 1.) Sans répéter ce qui a été dit précédemment sur la manière dont Paul commençait ses lettres, remarquez cependant, encore une fois, comme il a soin de rappeler sa qualité d’eselave de Jésus-Christ où de Dieu , en même temps que sa vocation et sa mission. Il ajoute qu’il a été mis à part, non pour prêcher une autre doctrine que ses collègues, mais pour accomplir une tâche spéciale. Quant à la doctrine, en voici déjà, bien qu’occasionnellement, un parfait résumé. Il y a une bonne nouvelle qui vient de Dieu, selon la promesse (2), c’est la nouvelle du salut annoncé par les prophètes, point central de la Révélation tout entière. Cette bonne nouvelle, c’est que les promesses se sont accomplies en Jésus-Christ, à la fois Fils de l’homme et Fils de Dieu, né de David selon la chair et de Dieu par le Saint-Esprit, puis déclaré Fils de Dieu par sa résurrection, ce qui sous-entend qu’il a été mort (3, 4)...

4086. (5.) Cest de ce Jésus et de sa grâce que Paul avait reçu la mission d’amener les nations à la foi, et, par la foi, à l’obéissance ; ou, si l’on veut, de les amener à la foi en Jésus-Christ par l’obéissance à la Parole de Dieu; cela peut s’entendre de ces deux manières. Et comme l'Eglise de Rome sortait essentiellement du milieu des nations

et non des Juifs (6), Paul se sentait auprès d’elle un mandat particulier. Il donne à ceux qui la composaient les titres de bien-aimés de Dieu d’appelés, et de saints (7), parce que ceux que Dieu a convertis ne peuvent pas douter que Dieu ne les aime; puis, c’est en vertu même de cet amour qu’il les a appelés à lui et qu’il les sanctifie : à eux donc, « grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus- Christ ! »

4087. (8-15.) Celui qui aime a de grandes douleurs, mais aussi de grandes joies. Qu'est-ce que les Eglises de Galatie et d’Achaïe n’avaient pas fait souffrir à notre Apôtre, et que de supplications, mêlées de larmes, m’avait-il pas élevées devant le Seigneur à leur occasion ! Celle de Rome, pour autant qu’il la connaissait, ne lui procurait que de la joie, et sa joie s’exprimait par des actions de grâces. Cependant, cette Eglise n’avait pas encore été enrichie des dons spirituels dont la distribution se rattachait au ministère des apôtres. Elle s'était formée sans qu'aucun d’eux y eût coopéré directement. Rome, capitale de l'empire, voyait affluer dans son sein des hommes de tous les pays et de toutes les croyances. Sans parler des Juifs de Rome qui s'étaient trouvés à Jérusalem le jour de la première Pentecôte (Actes 2 : 10), bien des individus , juifs ou païens, convertis à l'Evangile, avaient pu y jeter les semences de la foi et y devenir le noyau de plusieurs congrégations. L’œuvre prospérait donc, sous la bénédiction divine; toutefois 1l entrait dans les vues du Seigneur qu’un de ses apôtres y allât, un jour, sanctionner de sa part tout ce qui s’était fait. Paul, en particulier, s’y estimait appelé. Il se faisait d’ailleurs une joie de retremper sa foi dans le contact d’hommes auxquels ni lui, ni aucun apôtre n'avaient prêché l'Evangile, et qui néanmoins entretenaient les mêmes espérances qu'eux. Il avait déjà plus d’une fois projeté ce voyage, et c'était comme une dette dont il lui tardait de s’acquitter.

408$. (16.) Il semble que l’Apôtre, se transportant par la pensée dans la capitale de l’empire romain, se voie déjà comme entouré d’une foule avide de Pentendre. Mais de quelle parole fera-t-il retentir les places de cette grande ville, et ses amphithéâtres et ses écoles ? Oserat-il annoncer aux maîtres du monde la croix de Jésus-Christ, cette grande folie, au dire des sages de la terre ? Oui ; car c’est, après tout, une bonne nouvelle. Cette bonne nouvelle est le moyen par lequel la puissance de Dieu sauve ceux qui croient, comme il Pavait dit aux Corinthiens (1 Cor. 4 : 22-95), et si elle avait dû être prêchée d’abord aux juifs, ce n’était pas à l’exclusion des gentils,

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