CORRUPTION DES PAÏENS
(Somaïins 2 : 1-6.)
gubre et fidèle peinture du monde païen. Il n’est pas de péchés, de vices et de crimes dont il ne fût souillé. Cependant, de même que c’est en fermant les yeux à l'évidence qu’on abandonne Dieu pour les idoles, c’est en étouffant la voix de la conscience qu’on en vient à cet excès de méchanceté, non-seulement de faire le mal sans remords, mais encore d'approuver ceux qui le commettent : ceci est la pire des iniquités.
4093. Ce tableau de la corruption païenne au temps de la prédication des apôtres, demeure d’une effrayante vérité quant à cette vaste partie du globe qui est encore plongée dans les ténèbres de lidolàtrie, et il ne dépeint que trop bien aussi les mœurs mêmes des contrées soi-disant chrétiennes. Les désordres de l’impureté n’y sont pas aussi horribles sans doute, ni aussi publies qu’ils Pétaient jadis à Rome et dans la Grèce, ou qu’ils le sont de nos jours en certains pays idolâtres et mahométans. Mais, bien qu’on voulût pouvoir se persuader le contraire, de toutes les horreurs qui souillèrent ouvertement le sol païen, il n’en est aucune dont il n’y ait des restes secrets au milieu de nous. Certains actes de libertinage y sont d’ailleurs si communs qu'ils ne privent point un homme des honneurs et de l’estime du monde. Celui-ci flétrit le vol de sa réprobation; mais sauf en quelques circonstances particulièrement aggravantes, il n’a guère d’objections contre la légèreté des mœurs. Quant à l’injustice, à la méchanceté, à l’avarice, à l’envie, au meurtre, aux disputes, à la fraude et à tous les autres péchés qui entrent dans l’énumération de l’Apôtre, il n’en est pas un seul dont on puisse dire qu'il soit Inouï ou même rare parmi nous. Bien plus, si chacun s’examine, il se sentira repris par sa conscience sur la plupart de ces points, peut-être sur tous. C’est pourquoi, en décrivant ici l’état moral du monde païen, le Saint-Esprit a décrit celui de notre cœur naturel. Tout pécheur inconverti porte en lui un cœur païen; non pas un Cœur sans connaissance de Dieu, mais un cœur qui ne lui rend pas gloire; non pas un cœur sans aucun sentiment du juste et de l’injuste, mais un cœur plein de souillures, un cœur qui fait et approuve le mal, nonobstant les réclamations de la conscience.
4094. (2 : 1-6.) Inexcusable de ne pas connaître Dieu, homme l’est aussi de se livrer au péché; car il sait fort bien voir et condamner chez les autres les turpitudes dont 1l se rend coupable. Il se trompe quelquefois dans ses appréciations, appelant mal ce qui est bien, comme il appelle bien ce qui est mal. Toutefois, en ce qu’il se con-
PAÏENS ET JUIFS CONDAMNÉS. 153 (Homaïns 2: 7-12.)
stitue juge du bien et du mal, il proclame qu’il y aura un jugement suprême. Mais, tandis que nos jugements ne sont pas toujours justes, ce jugement-là sera selon la vérité; et comment y échapperons-nous, s’il se trouve que nous commettons fréquemment, sous une forme ou sous une autre, les péchés que nous condamnons chez autrui? Il est vrai que tout ici-bas nous parle de la bonté, du support, de la longanimité de Dieu, et non pas seulement de sa colère. En conséquence, il semblerait permis de penser qu’un Dieu si bon et si patient ne traitera pas l’homme à la rigueur; mais si la bonté de Dieu nattire que vos mépris; si, loin de vous pousser à la conversion, elle est pour vous un oreiller de sécurité, un encouragement au mal, cette richesse de miséricorde doit nécessairement se changer en trésor de colère, pour le jour de la colère et de la révélation du juste jugement de Dieu. Alors, chacun sera jugé selon ses œuvres, et voici à quoi se résumeront les vôtres. Bien que connaissant Dieu, vous ne l’avez pas adoré et servi; bien que condamnant le mal, vous lavez pratiqué ; bien qu’invités à la conversion par l'amour divin, vous êtes demeurés étrangers à sa grâce! Comment, après cela, pourriez-vous échapper
au jugement de Dieu? | 4095. (7-12.) Voici d’ailleurs la règle souveraine de ce jugement pour tout homme qui songe à s’y présenter avec ses œuvres, sans avoir dans le Seigneur Jésus un sauveur ou un avocat. S'il a toujours fait tout ce qui est bon devant Dieu, s’il a toujours, et sans varier, cherché la vraie gloire et les biens incorruptibles, l’Apôtre ne dit pas qu’il sera sauvé, parce qu'il n’en aura pas besoin; mais il dit qu’il aura la vie éternelle [3168]. Si, au contraire, il a été de ces hommes qui, fiers de leur raison, disputent sans cesse avec Dieu, refusent de soumettre leur âme à la vérité parce qu’ils se plaisent dans linjustice, il n’a pas autre chose à attendre que le courroux du Tout-Puissant, car c’est toujours à cela qu’il faut en revenir : le mal à qui fait le mal, et le bien à qui fait le bien, Juif ou Grec. Le Juif ayant reçu le plus de grâces, c’est aussi lui qui tiendra le premier rang, ou parmi les condamnés, ou parmi les héritiers de la vie éternelle... Mais, n'est-ce pas par pure supposition que l’Apôtre parle de Juifs et de Grecs qui recueilleront la gloire, l'honneur et la paix, en échange du bien qu’ils auront fait? C’est ce qui me paraît hors de doute, quant aux paiens du moins, lorsque je considère leur état moral d’après le tableau qu'il vient de tracer, et encore plus lorsque je dirige mon atention sur les déclarations solennelles qu’il fait suivre. Dieu n’a point