‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 81 sur 286 · LE JUIF · texte numérisé non relu

LE JUIF

(Romains 2 : 13-16; 17-29.)

égard à l’apparence des personnes, dit-il; tous ceux qui auront péché périront, soit qu’ils aient péché contre une loi écrite, comme les Juifs, soit qu’ils aient péché contre la loi de leur conscience, ne possédant pas de loi révélée, ce qui est le cas des païens. Or, les païens ayant tous été déclarés pécheurs et inexcusables, il en résulte que tous périront. Parole foudroyante, mes chers lecteurs, mais qui ne peut pas ne pas être vraie; car autrement ce serait dire qu’on hérite de la vie éternelle par l’idolâtrie et par le péché. Parole foudroyante, je le répète, et qui nous prèêche bien clairement nos devoirs envers les pauvres païens.

4096. (13-16.) Mais les Juifs, régis par la sainte loi de Dieu, n’ontils pas une condition meilleure? Les Juifs! a dit lPApôtre (49), ils seront jugés d’après leur loi {Jean 5 . 45). Or, dans le jour où Dieu jugera les choses secrètes des hommes (leurs pensées aussi bien que leurs œuvres, leurs actions les moins connues aussi bien que les actes de leur vie publique), qui seront ceux qu’il pourra reconnaître comme justes? Suflira-t-il d’avoir possédé la loi et d’en avoir entendu la publication? Ne faudra-t-il pas l’avoir observée? C’est tellement cela, que si les païens obéissaient toujours à leur conscience (14, 45), comme ils le font parfois, ils seraient plus près de la justice que ne l'est un Juif, qui, connaissant très bien la loi de Dieu, ne la met pas en pratique. C’est le sens de cette parenthèse; elle rentre d’ailleurs tout à fait dans l’argumentation de lApôtre.

4097. (17-29.) Pour que le Juif soit juste selon la loi, il ne sufiit donc pas qu’il la connaisse. Par elle, sans doute, il a acquis une supériorité marquée sur le païen de naissance. Possédant la forme de la connaissance du vrai et du bon, il a pu être une lumière parmi les nations, et il l’est effectivement devenu [2565]; mais à quoi cela peut-il lui servir, s’il transgresse la loi dont il se glorifie ; si, adorant des lèvres le vrai Dieu, il est en scandale aux peuples de la terre par ses péchés (Es. 29 : 13); s'il entraîne les païens à blasphémer le nom de l'Eternel? Ne sera-t-il pas finalement plus criminel que ceux sur lesquels il paraissait d’abord avoir une incontestable supériorité? Quelles que fussent donc les prérogatives qui se rattachaïient à la circoncision, ce signe caractéristique du peuple régi par la loi révélée, il demeure certain que le circoncis qui violait la loi n’avait pas plus de droit à la vie éternelle que lincirconcis; et, d’un autre côté, que lincirconcis qui aurait observé la loi eût été héritier de la vie éternelle, bien qu’étranger au peuple juif (25-29.) Enfin, et ceci doit faire réfléchir ceux qui ne sont chrétiens que par leur baptême, le vrai

OBJECTIONS RÉFUTÉES. 455 (Romains 3 : 1-4; 5-8; 9-10.) Juif est celui qui a reçu la circoncision du cœur dont parlait déjà Moïse (Deut. 40 : 16; 30 : 6); celle qui est l’œuvre du Saint-Esprit et non le simple accomplissement de la lettre, c’est-à-dire du commandement donné à Abraham. Ce Juif-là est celui que Dieu approuve, quoi que puissent en penser les hommes.

4098. (3 : 1-4.) Il n’en est pas moins vrai que de grands avantages se rattachaient à la qualité d’enfant d'Israël, avantages qui résultaient tous de ce que les Juifs avaient en dépôt «les oracles sacrés, » savoir les livres de l’Ancien Testament. Toutefois ce dépôt ne pouvait leur donner la vie éternelle que s’ils en profitaient pour eux-mêmes. C’est ainsi qu’on peut achever la pensée de l’Apôtre, dont l'extrême concision rend cet endroit assez difficile à comprendre. Mais que les hommes croient ou non la Parole de Dieu, celle-ci n’en doit pas moins se réaliser, parce que Dieu est fidèle et vrai, tandis que l’homme est universellement incrédule et menteur. Aussi, le jour du jugement, jour qui couvrira de confusion les inconvertis, sera le glorieux triomphe de la justice victorieuse du Seigneur.

4099. (5-8.) Là-dessus, Paul se fait une objection qu’il avait probablement entendue de la bouche de quelque disputeur de ce siècle. « Dieu est injuste en punissant notre injustice, puisque notre injustice tourne finalement à la gloire de sa justice. » Sophisme misérable, auquel il n’y a qu’une réponse : « Et pourtant, il faut que Dieu juge le monde! »—Voici la même objection, sous une autre forme : « Tu dis que tout homme est menteur, et que Dieu est vrai. Mais si Dieu se montre vrai en nous accusant de mensonge, et si de la sorte nos mensonges tournent à sa gloire, pourquoi nous traite-t-il en pécheurs, nous qui le glorifions par nos mensonges mêmes?» (7, 8.) À ce nouveau sophisme, lPApôtre fait une réponse qui revient à ceci : « Dites tout d’un temps que notre devoir est de faire, non pas ce que nous devons, mais ce que nous ne devons pas, dans lespoir qu’il en arrivera du bien. Il paraît que plusieurs attribuaient cette doctrine aux apôtres, parce qu’ils prêchaient que Dieu met sa gloire à nous pardonner nos péchés; mais Paul déclare que la condamnation de tels hommes sera juste, attendu qu’ils parlent évidemment contre la vérité et contre leur conscience.

4100. (9-19.) Après s’être débarrassé de ces objections, l'Apôtre reprend son raisonnement où il l’avait laissé, savoir que, malgré les avantages dont les Juifs jouissaient par-dessus les peuples étrangers à l’alliance, ils n’avaient, personnellement et par nature, pas plus de

156 LE PÉGHÉ ET LA CONDAMNATION, RÉCGAPITULATION. (FBomains 3 : 20. 4 : 18-3 : 20.) titres qu’eux à la vie éternelle, et que de la sorte, tous sont « sous le péché. » Quelle expression pleine d'énergie ! Comme le bœuf qui ne peut se débarrasser du joug, quelle que soit la force de son cou; comme un homme qui est retenu contre terre par le poids d’un fardeau sous lequel il a succombé; ainsi est l’homme naturel relativement au péché, que cet homme s’appelle Juif ou Grec. Les Juifs Paccordaient sans peine pour ce qui concernait les nations. À leurs yeux, paien et pécheur étaient synonymes [2933]; c’est pourquoi l’Apôtre se met à justifier sa doctrine par des citations de l'Ancien Testament, faisant remarquer que ces citations ne pouvaient avoir pour objet que ceux auxquels la loi était adressée. De qui, en effet, David et Esaïe entendaient-ils parler, lorsqu'ils disaient : «Il n’y a point de juste... personne qui ait de lintelligence..…. ils se sont tous égarés..…. leur bouche est pleine de malédiction... leurs pieds sont agiles pour répandre le sang... la crainte de Dieu n’est point devant leurs yeux ?...» (Ps: 44 : 4-85 5 : 9; 440 : 3: 40 : 7; 36 : 15 Es. 59: 7,8.) De qui, si ce n’est des Israélites non convertis de leur temps, semblables, hélas! aux hommes non convertis de tous les siècles el de tous les lieux? Voilà donc de quoi fermer la bouche à tout lé monde, dit le Saint-Esprit; et tous étant « sous le péché, » tous sont aussi « sous la condamnation devant Dieu;» car la condamnation suit le péché, comme la récolte suit les semailles, et comme la destruction de l'olivier suit une forte gelée.

4101. (20.) Voici maintenant la conséquence de toute largumentation : c’est que « nulle chair ne sera justifiée devant Dieu par des œuvres de loi. » Quelle que soit la loi qui serve de base au jugement de Dieu : loi révélée, loi de la conscience, loi qu’on se serait faite à soi-même (Luc 48 : 22) ; nul homme quelconque ne saurait être juste et traité comme juste, si on compare avec la loi ce qu'il a fait et ce qu’il est. Tout ce que la loi peut, c’est de lui donner la connaissance du péché, et elle ne le peut sans mettre ses péchés au grand jour; quant à le justifier, impossible (Gal. 2 : 16).

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