‹ Études élémentaires et progressives de la parole de Dieu Nouveau TestamentChapitre 82 sur 286 · CCCV. — La justification par la foi · texte numérisé non relu

CCCV. — La justification par la foi

4102. Avant de poursuivre, récapitulons. Il s'agissait de prouver que tous les hommes sont « sous le péché» et « sous la condamnation.» Saint Paul nous les montre donc méconnaissant Dieu jusqu’à le remplacer par des idoles muettes, ouvrages de leurs mains. De là,

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le renversement universel des bonnes mœurs et un si grand obscurcissement des lumières de la raison, que homme en vient à approuver le mal. Il n’a pu cependant répudier toute notion de la justice divine, ou confondre absolument le mal et le bien. Il sait, à l’occasion, juger son semblable et se juger lui-même; en sorte qu’il peut fort bien être soumis au jugement de Dieu, et il le sera. Cependant, il existe au milieu des hommes un peuple qui jouit, dès les temps anciens, d’une révélation céleste! Oui; mais ce peuple, qui connaît la oi, qui s’en glorifie, qui la propose aux autres peuples, il la viole, lui, le premier et, en la violant, il se rend plus coupable que personne, car il est cause que les nations ajoutent à leur idolâtrie des blasphèmes contre le vrai Dieu. Le sceau extérieur de l'alliance de l'Eternel ne saurait diminuer la responsabilité qui pèse sur ce peuple, et les sophismes de ses scribes ne font que démontrer toujours mieux la justice de la condamnation que prononcent contre lui les oracles de Dieu dont il est dépositaire.

4103. Au moment où l’Apôtre écrivait sa lettre, il n’y avait dans le - monde entier que des païens et des Juifs; maintenant, on y compte en outre des sectateurs de Mahomet par centaines de millions, et par millions aussi des êtres qui portent le nom de chrétiens. Mais comme toute son argumentation tend à montrer ce qu'est l’homme naturel, l’homme doué d’âme seulement et non de Saint- Esprit [3960], les changements qu’ont subis les circonstances du monde religieux la laissent subsister dans toute sa force. Le mahométan, bien qu’hostile à toute idolâtrie, est, quant à ses mœurs, au niveau des païens d'autrefois; et le chrétien de nom ne saurait être mieux placé devant Dieu que ne l’étaient les Juifs d’alors. Le baptême d’eau n’efface pas mieux les péchés que ne pouvait le faire la circoncision; et, aussi longtemps qu’une âme n’est pas convertie, la Bible tout entière, le Nouveau Testament compris, n’est qu’une loi, et une loi que nul n’accomplit en tous ses points avec persévérance. D’où il suit que nous devons nous rendre sérieusement attentifs à cette solennelle déclaration du Saint-Esprit: « Tout le monde est sous la condamnation devant Dieu. C’est pourquoi, par des œuvres de loi, nulle chair ne sera justifiée devant lui. »

4104. (8 : 21, 22.) Il est donc évident que s’il est possible à Phomme d’être juste, ce ne saurait être au moyen d’une loi, ni par une justice tirée de son propre fonds. Mais voici une justice indépendante à la fois de l’homme et de toute loi, une justice que Dieu donne aux pé-

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(Eomains 8: 22-26.)

cheurs, afin qu'ils soient justes devant lui, nonobstant leurs péchés; justice qui dépasse toute autre justice (Matth. 5 : 203 6 : 33), car elle est divine et non humaine, comme le serait celle que nous voudrions baser sur notre repentance et même sur nos meilleures œuvrés. Son excellence, sa perfection absolue résulte de ce qu'elle a pour principe la foi en Jésus-Christ. Ce qui ne veut pas dire que la foi expie les péchés, ni qu’elle soit une œuvre méritoire, ni, encore moins, qu’elle dispense d’obéir; mais c’est par le moyen de la foi que notre âme s’unit à Christ et qu’elle participe à sa justice parfaite, en participant à sa vie. Du reste, la loi et les prophètes rendent témoignage à cette vérité, comme l’Apôtre le montrera plus tard et comme il l’a fait pressentir, quand il prenait pour texte la parole d’Habacue : @ LE JUSTE vIVRA pAR LA For.» Ici done l’argumentation est parvenue à son terme. Nul n’est juste par ses œuvres, ou par la loi : on le devient par Jésus-Christ, ou par la foi. Ce qui suit n’est qu’un développement et quelques corollaires.

4105. (22-26.) Au moyen d’une parenthèse, FApôtre ramène l’attention sur l’importante vérité qu’il avait formulée en ces termes : «Tous sont sous le péché et sous la condamnation.» Mais cette fois, œ est pour notre encouragement. S'il est vrai que, malgré bien des différences accessoires ou accidentelles, tous sont de grands pécheurs devant Dieu et indignes de voir sa face, il en résulte qu’il. - n’est aucun homme qui soit plus perdu que le reste des hommes, | nul homme donc que ses péchés excluent personnellement du salué, bien qu’ils le privent de fout droit à la vie éternelle. Puis, par cela Se 1ême que la justice qui sauve vient de Dieu, elle est d’une richesse inépuisable. Quelle qu’ait été la conduite antérieure d’un pécheur, dès qu’il croit, Jésus est pour lui, Jésus est sur lui : e*est pour luique le sang de Christ coula sur la croix, c’est sur lui que vient, qu'est déjà venu l'Esprit de Christ, le Saint-Esprit. Cela résulte aussi de la gratuité du salut. Ceux qui croient sont justifiés gratuitement; c’est-à-dire sans qu’ils aient à payer, en aucune manière, le prix de leur délivrance, ni avant d’avoir cru, ni après. Ils le sont par la grâce de Dieu; c’està-dire par son amour non mérité autant qu’infini, et en vertu du rachat et de la rédemption opérée par le Christ, l’oint de l'Eternel, Jésus notre Sauveur. Avant la création du monde, il fut résolu dans le conseil de Dieu qu’il se ferait une expiation par son sang, et que cette expiation serait au bénéfice des croyants. Ainsi s’explique comment ont pu être justifiés, sans que Dieu cessât d’être juste, des pécheurs

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tels qu’Abraham, Moïse, David et tant d’autres, pendant les longs siècles du support et de la patience de Dieu; c’est même ce qui explique cette patience étonnante : le Christ était promis, et ceux qui crurent à la promesse obünrent la justice qui découle de son sang expiatoire, sang par lequel le pécheur trouve grâce, en même temps que la justice de Dieu est satisfaite.

4106. (27, 28.) De là résulte que la justification du fidèle a son fondement en dehors de lui. Elle a sa source dans l’amour de Dieu; sa cause, dans le sacrifice de Jésus-Christ : la foi n’est que le moyen par lequel nous nous mettons en rapport avec la sainte victime. S'il en est ainsi, l’homme ne peut s’attribuer en aucune manière, ni dans aueune mesure, la gloire de son salut; nouvelle preuve en faveur du dogme de la justification par la foi, car le salut doit consister dans le relèvement total de l’homme pécheur. Or, ce qui fait le fond de notre misère depuis la chute, c’est l’orgueil. Toute doctrine donc qui ne va pas à l’anéantissement de l’orgueil humain, ne saurait être la doctrine du salut. Mais (et c'est là ce qui explique l’opposition qu’elle rencontre), la doctrine de la justification par la foi ôte à l’homme tout sujet de se glorifier, tandis que la doctrine inverse est en même temps fille et mère de l’orgueil. Il s’ensuit que la doctrine de la justification par la foi est bien réellement la doctrine du salut. En voici maintenant la dernière formule, telle que PApôtre nous la présente : « L'HOMME BST JUSTIFIÉ PAR LA FOI, SANS ŒUVRES DE LOI. » Ni les œuvres que la loi morale commande, ni celles que prescrivait la loi cérémonielle, ni aucune des œuvres de mortification qu'on s’imposerait à soi-même, ne peuvent rendre juste devant Dieu l’âme qui a péché : ; c’est la foi seule qui le peut (Gal. 2 : 16).

07. (29-31.) Remarquez d’ailleurs combien cette Lu, est plus digne de Dieu que celle qui attribuerait le salut aux seuls observateurs de la loi, à supposer qu’il y en eût de tels. Les Juifs possédaient la loi, à l'exclusion des païens; mais Dieu a voulu se montrer le Dieu des païens aussi bien que celui des Juifs. Pour cet effet, il a mis le salut à la portée des uns comme des autres. Donnons à la pensée du Saint-Esprit toute l'extension dont elle est susceptible. Dieu a voulu que les plus grands pécheurs pussent être sauvés : 1] y met sa gloire; mais il fallait pour cela que le salut fût par la foi et non par les œuvres. Que serait devenu le brigand converti s’il avait dû se sauver par des œuvres qui lui étaient matériellement impossibles? Ne pensez pas cependant que cette doctrine ait pour effet de renverser la

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