CERTITUDE DU SALUT. LES DEUX ADAM
(Romains 5 : 9-11; 12-19.) est grand d’ailleurs l’amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ et qui est la source de notre réconciliation avec lui ! Par nature, nous sommes sans force, des impies, des pécheurs; faibles, éloignés de Dieu, coupables à mille titres : eh! bien, c’est pour de tels êtres que le Christ mourut. Quel amour incompréhensible !
4117, (9-11.) De tout ceci résulte une conséquence vraiment admirable. Non-seulement, il est clair qu’étant justifiés par notre foi en l’expiation de Jésus-Christ, nous serons sauvés par lui de la colère à venir; mais encore, il est vrai de dire que nous avons pour notre délivrance finale, des garanties plus fortes que pour notre réconciliation avec Dieu. Celle-ci est le fruit de la mort de Jésus-Christ, celle-là est le fruit de sa vie ; la première de ces grâces nous a été faite quand nous étions en guerre avec Dieu, la seconde nous est promise après réconciliation. Comprenons bien ce raisonnement de la sagesse de Dieu. Il revient à ceci : Lorsque vous n’aimiez pas Dieu, il vous a aimés ; lorsque vous étiez des pécheurs, il vous a donné son Fils, il vous a pardonné, 1l vous a convertis et justifiés; et maintenant que, par sa grâce, Vous croyez, Que VOUS espérez, QUE VOUS aimez, en Un mot, que vous êtes réconciliés, serait-il possible que vous tombassiez jamais sous les coups de sa colère?
AS. (12.) Pour jeter un nouveau jour sur la doctrine de la justification et sur ses fruits, le Saint-Esprit rapproche cette grâce de la condamnation qui fut la conséquence du péché. Après avoir posé le premier terme du parallèle, et rappelé que, non-seulement depuis la publication de la loi, mais déjà depuis Adam, tous les hommes moururent, soit à cause du péché d'Adam, soit par un effet de leurs propres péchés, 1} conclut qu'Adam fut, à certains égards, le type de Jésus-Christ (13, 14). Cependant, il n’y a pas analogie complète, bien s’en faut. L’Apôtre fait ressortir, tout à l'avantage de Jésus-Christ et de son œuvre, les dissemblances entre Adam etlui, même en ce qu’ils ont de semblable (15-17). Son raisonnement se résume à ceci : La grâce est une merveille plus grande que l’offense ; la justification, une merveille plus grande que la condamnation; et si la mort a régné par un effet du péché d’un seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et de la justice, régneront-ils dans la vie par le moyen de Jésus-Christ. Cela fait, il reprend et conclut son parallèle, où tout revient à dire que les hommes sont condamnés par le péché d’un seul, et que, par la justice d’un seul, les croyants sont justifiés (18, 19). Maïs, ainsi que Paul la dit ailleurs, le premier homme,
RICHESSES DE LA GRACE. 165 (Romains 5 : 20, 21. 6 : 1-11.)
fait en âme vivante, est terrestre; tandis que le second, Esprit vivifiant, est céleste (1 Cor. 15 : 45); d’où il résulte que les fruits de sa justice font plus que contre-balancer ceux de la désobéissance.
4119, (20, 21.) Quelque grave qu’ait été la désobéissance d’Adam, elle fut dépassée par ses descendants, même par ceux qui reçurent la loi; car on vit le péché se multiplier, à mesure que croissaient les connaissances morales. Mais voici la grande merveille de l’amour de Dieu : c’est que, là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. Lorsque tout semblait perdu, que le monde entier s’était plongé dans l’idolâtrie, que les enfants d'Israël eux-mêmes se partageaient entre limpiété du sadducéisme et le formalisme hypocrite des pharisiens, Jésus-Christ, le Seigneur, est venu établir un règne de justice, de paix et de vie, sur les ruines du péché et de la mort. Si bien qu’il y a en Jésus-Christ surabondance des grâces que l’homme perdit en péchant, et nous retrouvons en lui, par la foi, plus que nous ne perdimes en Adam ; car l'innocence d'Adam ne le garda pas comme nous garde la foi (Jean 10 : 28, 29). £
4190. (6 : 1-14. .) Mais si la grâce de Dieu se plaît à abonder avec le ;
péché, est-il bon de demeurer dans le péché, afin que la grâce se mul-
tiplie? — Peut-être mes lecteurs ont-ils entendu plus d’une fois émettre l'opinion que la doctrine du salut par pure g grâce est une doctrine dangereuse et immorale. Sans doute qu’on en peut abuser, car de quoi l’homme pécheur n’abuse-t-il pas? Toujours est-il que, loin d’être immorale, il n’est pas de doctrine plus sainte, ou plutôt c’est la seule qui sanctifie. Pour le sentir, suivez le raisonnement de l’Apôtre : il est profond, mais non pas subtil.
4191. Tout repose sur le verset 5, où nous voyons que la foi qui justifie, par conséquent la vraie foi, unit à Jésus-Christ aussi étroitement qu’une ente est unie à l’arbre qu’on a greffé. De là suit que les fidèles moururent avec Christ sur la croix, que leur vieil homme y fut crucifié avec lui; que, de même, Jésus-Christ ne ressuscita pas seul, mais qu’avec lui ressuscitèrent tous ceux pour lesquels il mourut. Geci n’est pas une image; c’est une réalité. L'image se trouve dans le baptême, tel qu’il s’administrait généralement autrefois, si ce n’est universellement. L’acte par lequel le néophyte était plongé dans l’eau représentait sa sépulture avec Christ, et l’acte par lequel il ressortait du DERIètRe, représentait son relèvement d’entre les morts. Cest ainsi qu’on était baptisé dans le Christ, c’est-à-dire comme ne faisant qu’un avec lui; ou pour le Christ, c’est-à- -dire comme devant